Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience
Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience
line
CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction
 
actualites
enquetes
revue de presse
vos droits
Aidez-nous
futur
publications
Point de vue
liens / links
telechargements
contacts
english version
CAP LC 2006
www.coordiap.com
 
 
 
 
shim  
 
Commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des mineurs
 


Sommaire des actualités

Retour aux auditions

Mardi 5 septembre 2006 à 14 h 30

Audition de Chantal Lebatard, responsable du département " Sociologie, psychologie et droit de la famille " de l'Union nationale des Associations familiales (UNAF)

Extraits

Extraits essentiels

Intervention compléte

 

 

 

[…]

 

Lebatard 

… il convient de noter ou de souligner davantage l’émergence de nouvelles formes de religiosités ; des religiosités extrêmes qui se développent dans le cadre ou à la périphérie des grandes religions existantes. Des nouvelles communautés d’appartenance plutôt culturelles ou ethniques aussi qui expriment des formes de religiosité traditionnelle ailleurs mais nouvelles et déconcertantes ici.

[…]

Enfin, dans ce paysage modifié, je note aussi quand même, que la spécificité de la position de la France pose aussi un certain nombre de problèmes, elle peut gêner ou elle peut être difficile puisque nous avons, nous continuons à dénoncer un certain nombre de mouvements qui sont reconnus comme religion parfaitement légale ailleurs et nous avons vu dans une affaire récente de drame familiale, de difficultés et de conflit familial, combien ces différentes appréciations sont absolument aigues lorsque se greffe là-dessus un conflit d’autorité parentale ou un conflit conjugal.

 

[…]

 

Et finalement, quelle est la marge entre l’éducation transmission et l’endoctrinement, où se situe le moment où l’on dérape, ça devient particulièrement difficile et il est bien certain que les moyens pédagogiques et les parcours qui sont proposés ont certes pour objectifs de former des croyants mais, j’arrive au bout de mon exposé, ils doivent laisser assez d’espace à l’appropriation personnelle au risque même du rejet. Et je crois que c’est toute la difficulté de cela et donc il faut veiller peut-être en prévention, à la mise en garde des parents, sur cette liberté.

 

Enfin, et j’ai juste un dernier point, notre pays aborde trop souvent la question religieuse à partir des grandes religions classiques acculturées, je dirais, à nos modes de pensée et dans un contexte particulier de laïcité et nous avons un certain nombre de normes qui découlent de cela.

 

Or, il existe aujourd’hui des expressions de sentiments religieux qui nous posent problèmes, des communautés qui pratiquent des formes de religiosités traditionnelles ailleurs et culturellement différentes mais qui nous déroutent. Des rassemblements importants d’adultes avec enfants et du coup d’entraînement des enfants dans cette mouvance, nous posent un certain nombre de problèmes autour d’un chef de communauté plus ou moins charismatique, plus ou moins fort, plus ou moins dominant et il est bien certain que cela gène à la fois notre individualisme du sentiment religieux, notre conception du privé et de l’intime, face à des manifestations collectives et publiques et notre intégration républicaine puisque nous avons une espèce de répulsion au communautarisme.

 

L’appréhension alors des conséquences de ces pratiques sur les enfants devient alors délicate et les travailleurs sociaux sont souvent très gênés et ne disposent pas toujours des outils qui leur permettraient de comprendre ce qui se passe à l’intérieur de ces communautés et de savoir discerner où il y a dérapage ou non. 

 

[…]

…dans un certain nombre de départements, nous avons aussi des ADFI, donc des associations départementales ou des bureaux ou des cellules qui constituent un certain nombre de listes ou de points de référence et la vigilance qui a été amenée, amène des familles à interroger leur association locale ou leur association départementale sur un doute. Ce que nous voulons, nous, au niveau national, c’est simplement faire en sorte que les gens fassent attention et agissent avec discernement, donc nous voulons simplement leur dire, ne confiez pas vos enfants n’importe où, ou à n’importe qui. 

 

[…]

 

Mais autrement, il est bien certain que ce n’est pas tout à fait comme ça que nous fonctionnons, d’autant qu'en notre sein,  nous avons l’ADFI, et donc nous basculons dès qu’il y a quoi que ce soit, la logique veut que nous confions à ceux qui savent faire, les difficultés donc, n’attendez pas trop de moi, si vous voulez un détail, d’autres le font très bien, d’autant que,

et je me suis trouvée très gênée lorsque j’ai voulu effectivement construire cet exposé parce qu'appartenant au conseil d’orientation de la MIVILUDES, que pouvais-je vous dire de différent alors que je souscris au rapport annuel qui vient d’être diffusé, et que j’ai connaissance de toutes ces informations aussi par cette source là.

 

[…]

 

Alors je crois que la législation a déjà répondu sur ce point là et que les médecins ont  parfaitement le droit d’intervenir et que dans ces cas là, il n’y a pas, dans la protection de l’enfance il y a, je crois, suspension de l’autorité parentale le temps de l’intervention, enfin sous le soutien du juge.

 

C’est à peu près, je dirais, peut-être que mon analogie n’est pas exacte et je vous prie de m’en excuser si je me trompe, mais il me semble que c’est du même ordre que lorsqu'une jeune fille veut se faire, veut subir un avortement et qu'elle n'a pas l'autorisation parentale pour le faire. Il peut y avoir suspension, pour le temps de l’intervention, de l’autorité parentale dès lors que le juge a été saisi et je crois que tout ça c’est parfaitement organisé.

 

Donc, en ce qui concerne l’intervention pour les enfants, le cas est réglé. En ce qui concerne les adultes, je suis d’autant moins bien placée pour vous répondre que j’ai, j’appartiens au comité consultatif national d’éthique et que j’ai donc travaillé l’avis sur le refus de soin et que donc je me sens solidaire de l’expression que nous y avons portée et donc je suis un peu gênée pour pouvoir vous répondre librement d’autant que cette parole à ce moment n’engagerait pas l'institution puisque l’UNAF n’a pas à intervenir sur ces questions là, dès lors qu'elle concerne des adultes et non pas des questions de relations familiales. Donc je me dérobe.

 

[…]

 

Fenech

Peut-être pour apporter une précision d'ordre jurisprudentielle à notre collègue Jean-Pierre Brard, je rappelle que le Conseil d’État, dans une ordonnance de référé de 2002, a fait prévaloir la décision médicale sur le refus de transfusion sanguine par les parents. Une jurisprudence qui est..

 

Lebatard

Pour les enfants, c’est clair,

 

[…]

 

Mr Dehou

Oui. Madame vous avez évoqué longuement la formation de l’enfant au fait religieux, transmission par les parents, je voulais vous interroger sur ce que vous pensez de l’enseignement du fait religieux à l’école, du renforcement du fait religieux à l’école, est-ce que vous ne pensez pas que ce fait religieux enseigné d’une façon beaucoup plus fondamentale, serait un moyen de contrecarrer un certain nombre d'enseignements in vitro qui sont faits dans certaines familles, que pensez-vous pour être clair au lieu de montrer le chemin du fait religieux dans des familles, est-ce qu’il ne faut pas ouvrir toutes les voies comme on pourrait le faire à l’école ?

 

Fenech

Une phrase de Léo Lagrange ça.

 

Lebatard

Là, je dirais que c’est à la fois la mère de famille et l’enseignante qui va répondre plus que l’UNAF, mais j’avais envie de vous dire que l’enseignement du fait religieux à l’école, qui est indispensable, et qui est à mon avis, essentiel et nécessaire, non pas pour former les jeunes au fait religieux mais pour leur apprendre à respecter les autres dans l’expression de leur vie religieuse.

 

C'est-à-dire, c’est une des règles du vivre ensemble, comprendre comment les autres pensent ou parce qu'il ne touche pas vraiment la formation religieuse. Ce n’est pas le lieu de l’école et il ne faut pas mélanger les paramètres. Par contre, il est nécessaire pour éviter les haines, les incompréhensions, les malentendus et les communautarismes aussi ou les renfermements dans des hostilités, et accepter les différences de chacun et mieux comprendre aussi ce qui peut rapprocher les uns et les autres.

 

Je crois que c’est le point fondamental qui me paraît devoir être lié à ce fait religieux et qui explique que cet enseignement a sa place dans l'école républicaine. La formation au fait religieux et à la sensibilité religieuse ou aux fondamentaux d’une religion c’est bien en dehors de l’école parce que nous sommes dans une école républicaine et qui se veut laïque et qui n’a pas à intervenir dans ce domaine là.

 

Fenech

Très bien, je crois que c’était important d’avoir cette réponse mais je tiens quand même à rappeler ici, au sein de notre commission, que nous ne sommes pas sur le terrain religieux. Mais enfin il était important d’entendre cette réponse. Je voudrais passer la parole à Philippe Vittel.

 

 
CAPLC - CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction