Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience
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ACTUALITÉS - JUILLET 2002
 

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Pour une vraie laïcité

Nous voyons et entendons presque chaque jour en France des exemples de personnes inquiétées du fait de leurs croyances, pratiques ou choix de vie. Pendant ce temps, le gouvernement lui-même, par l'intermédiaire de la MILS, des Ministères de l'Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports, de la Justice ou de l'Intérieur a multiplié les initiatives pour remettre en question la relative tolérance qui prévalait jusqu'ici en France et a ainsi plongé une partie des citoyens français dans l'insécurité quant à leurs droits fondamentaux.

Ainsi, on a vu des agents de l'Etat déplacer des enseignants du seul fait de leur appartenance à un groupe qu'ils n'appréciaient pas. On voit de plus de plus de médecins ou thérapeutes sincères, désireux d'aider au mieux leur prochain, subir de véritables cabales destinées à saper la confiance que les gens pouvaient mettre en eux. Les Renseignements Généraux s'affichent de plus en plus ouvertement dans leur travail d'espionnage des communautés religieuses, jusque dans les lieux de cultes. Des établissements d'ensei-gnement indépendants sont systématiquement fermés, les uns après les autres, non sur des critères de résultats, mais sur des critères idéologiques. Ici, un hôpital n'hésite pas à faire interner une patiente simplement parce qu'elle appartient à un groupe religieux qui ne plaît pas aux autorités. Là, on bloque des projets novateurs parce que la MILS donne son avis sur la politique gouvernementale de santé !

Comme nous le mentionnons dans cette lettre, l'Etat subventionne largement des associations qui mettent en œuvre sur le terrain une véritable chasse aux sorcières.

Cependant on a dans le même temps entendu être longuement évoqué le principe de la laïcité, notamment avec la proposition d'introduire des éléments de culture religieuse dans le système éducatif. Qu'est-ce donc qu'une vraie laïcité ?

Telle qu'exprimée dans notre Constitution de 1958, elle se traduit par le fait que la République " respecte toutes les croyances " et " assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion ". Le préambule de la Constitution de 1946, qui faisait suite aux événements que l'on sait stipule que " nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. " La loi de 1905 affirme même que " la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes ". 'Assurer', 'Garantir', voilà qui est bien loin de l'indifférence ou du financement de campagnes aboutissant à des discriminations religieuses.

Pour la Cour Européenne des Droits de l'Homme (1994), la laïcité signifie même que la responsabilité de l'Etat est engagée dans le cas où sont mises en œuvre des méthodes particulières d'opposition à des croyances religieuses ou de dénégation de celles-ci, car cela peut aboutir " à dissuader ceux qui les ont d'exercer leur liberté de les avoir et de les exprimer ".

Afin de mieux garantir le respect de chacun au sein des démocraties européennes, une commission d'enquête parlementaire britannique recommandait récemment qu'un dialogue constructif prenne place entre le gouvernement, les minorités religieuses et les philosophes, dans une atmosphère qui favorise une discussion honnête et ouverte et le respect de la loi et des valeurs sociales existantes.

De même, dans le domaine des médias et de la vie politique, elle demandait que cessent les allégations vagues et les procès d'intention systématiques contre les groupes minoritaires et que la discrimination spirituelle soit assimilée à la discrimination raciale. Elle soulignait qu'aucune personnalité politique ne devrait chercher un avantage politique en se servant de la question des sectes, contribuant ainsi à une dramatisation accrue. Enfin, une commission devrait veiller au respect par les médias de l'équilibre concernant la couverture de ce sujet.

Dans ce même esprit, CAP a avancé un certain nombre de propositions, que nous vous rappelons ci-dessous, en ces temps d'effervescence électorale :

* Abrogation de toute loi d'exception visant à l'exclusion des minorités spirituelles et religieuses et de leurs membres.

* Suppression des subventions publiques accordées aux associations militant contre des mouvements spirituels ou religieux. Ces associations ont largement fait la preuve qu'elles désinformaient l'opinion, les pouvoirs publics et les élus par un discours réducteur et une propagande discriminatoire et qu'à ce titre elles ne méritaient pas les subventions qui leur étaient accordées.

* Dissolution de la "mission interministérielle de lutte contre les sectes" (MILS), car son objet même est un affront à la Constitution française qui garantit la neutralité religieuse de l'Etat et le principe de séparation des Eglises et de l'Etat.

* Création d'un observatoire des nouvelles formes de spiritualité et de religion, composé de spécialistes universitaires de ces questions, de sociologues des religions, de juristes, d'historiens et de personnalités religieuses. Son objectif serait d'informer le public et les autorités de façon objective et impartiale, dans un esprit d'ouverture et de tolérance. Cet observatoire mettrait à la disposition du public un centre de documentation sur les nouvelles formes de spiritualité et de religion. Il pourrait également servir d'instance de médiation en cas de conflit entre le membre d'un groupe et sa famille. Un tel organisme existe en Grande-Bretagne (INFORM) et au Canada (Centre d'Information sur les Nouvelles Religions).

Vous pouvez interroger votre député sur ces propositions.

Note : afin de mieux refléter l'ensemble des préoccupations de nos lecteurs et sympathisants, nous envisageons d'y inclure les questions de liberté thérapeutique, si attaquée en ce moment.

 

Subventions à la délation

Deux associations constituent depuis 25 ans le fer de lance d'une croisade contre les nouvelles spiritualités en France, l'ADFI (Association de défense de la Famille et de l'Individu) et le CCMM (Centre Contre les Manipulations Mentales). Censées rassembler des particuliers ayant eu maille à partir avec des mouvements spirituels, religieux, philosophiques ou thérapeutiques, ces associations n'ont cessé de solliciter l'argent public, à tel point que les cotisations de leurs adhérents représentent une partie ridicule de leurs revenus (moins de 1 % pour l'UNADFI qui fédère les ADFI). Elles exposent donc à la réprobation publique des centaines de milliers de citoyens français grâce à l'argent de leurs propres impôts. Utilisant les lois sur le libre accès aux documents administratifs, des membres de CAP ont reconstitué les sources de financement de ces deux groupes.

Ainsi, on constate que pour l'année 2000 l'UNADFI a bénéficié de subventions dont la totalité se monte à 2 721 600 F dont 1 700 000 F accordés par les différents ministères :

  • Affaires Sociales 750 000
  • Justice 200 000
  • Jeunesse et Sports 200 000
  • Education Nationale 350 000
  • Défense Nationale 25 000
  • Droits de l'Homme 150 000
  • Assemblée Nationale 150 000
  • Autres sources 900 000
  • Dont CNASEA* 257 110

    * CNASEA : organisme public d'Aide au développement rural ( ! ) qui gère entre autres des fonds de formation professionnelle.

Comme on le voit, l'UNADFI large du côté des fonds publics. Par contre, les cotisations des membres des ADFI ne rapportent que 19 884 F !

Les deux tiers des fonds collectés sont affectés à la paie des permanents.

Quant au CCMM (Centre contre les Manipulations Mentales), dirigé par Mme Castano, épouse de Monsieur Alain Vivien, il semble moins gourmand, si l'on exclut toutefois les subventions exceptionnelles comme les 4 500 000 F qui auraient été obtenus pour l'achat de nouveaux locaux. A part cela, on trouve quand même plus de 1 000 000 F de subventions, venant essentiellement des mêmes Ministères dont les Droits de l'Homme, de l'Assemblée Nationale, et un peu des régions et départements. Là encore, les cotisations des membres ne représentent que 5 % des rentrées.

Il faudrait bien sûr ajouter le budget de la MILS, près de 6 000 000 F alloués à cette véritable machine de guerre (déclarée) contre les modes de vie et de pensée non conformes.

Rappelons une des propositions de CAP qui est d'arrêter de subventionner ces groupes anticonstitutionnels qui font de la discrimination leur fonds de commerce. Ces groupes ne bénéficient d'aucun véritable soutien populaire et leur statut d'utilité publique devrait être sérieusement remis en question. A travers le financement de ces groupes par l'Etat, c'est la laïcité qui est mise à mal.

Il n'est que de remarquer la scandaleuse subvention du Ministère de la Justice, pourtant tenu à la neutralité !

 

Infusions Diaboliques

L'édition de Février 2002 de Presse Océan part en guerre contre les infusions, qui seraient l'un des chevaux de Troie des groupes 'sectaires '. Dans un article, une jeune Nantaise raconte qu'elle est allée voir un homéopathe sur les recommandations d'une amie, pour traiter un problème de poids. Comme on pouvait s'y attendre, ce médecin l'a orientée sur un certain nombre de remèdes naturels contre l'excès de poids, et a axé sa thérapie sur l'alimentation, ce qui semble tout à fait sensé. Entre autres, il a prescrit une tisane quotidienne anti-acide et a recommandé la lecture de deux livres, l'un sur le régime Crétois et l'autre sur les rapports entre l'alimentation et le cancer.

Et pourtant, l'article précise que pour le CCMM (Centre Contre les Manipulations Mentales), " ce cas est exemplaire, aux frontières de la dérive sectaire. Ces pratiques déviantes (sic) posent de plus en plus de problèmes." Il aurait été plutôt inquiétant qu'un homéopathe prescrive l'un de ces produits amaigrissants de synthèse dont certains ont défrayé la chronique judiciaire et médiatique pour leurs effets secondaires désastreux. Des tisanes subversives, il fallait y penser...

On croit rêver, mais on comprend mieux cette nouvelle croisade lorsque l'on lit l'article suivant.
Ainsi, l'ADFI (Association de Défense de la Famille et de l'Individu) avoue qu'elle ne reçoit quasiment plus de plaintes concernant les 'grands mouvements déviants' (Soka Gakaï, Krishna, etc.) et qu'elle s'intéresse maintenant plutôt aux " petits ", les médecins alternatifs, les psychothérapeutes, les petits praticiens libéraux, les foyers d'enfants, etc.

Le but de l'ADFI serait-il de justifier ses subventions qui ont bien augmenté au fil des années ?

 

Les effets pervers de la Loi About Picard

Une dépêche AFP du 11 Juin 2002 nous apprend qu'en visite officielle en Iran, le chef de la diplomatie belge, M. Michel, a évoqué avec son homologue iranien la situation des droits de l'homme et notamment celle de la minorité religieuse Baha'i, fortement persécutée.

Il lui a été rétorqué : " il s'agit d'une secte et les pays européens ont également une législation contre les sectes ".

Le seul pays européen à avoir adopté une législation spécifique contre les " sectes " étant la France, il apparaît donc que notre doux pays des droits de l'homme sert de faire valoir aux régimes les plus durs de la planète.
C'est un comble !
Cette réponse est d'ailleurs en droite ligne de la visite officielle en Chine effectuée par Monsieur Vivien, président de la mission interministérielle de lutte contre les sectes, à l'occasion d'un colloque sur les " sectes " tenu à Pékin en novembre 2000.

Si la loi About-Picard, qui permet de dissoudre des mouvements religieux minoritaires en France, sert de justification aux régimes les plus durs de la planète pour réprimer férocement leurs minorités, il n'y a plus qu'une issue : l'abroger !

 

Les médecines alternatives dans le collimateur

Parmi les mouvements " épinglés " pour dangerosité, on trouve l'anthroposophie, une philosophie qui cherche à réconcilier la matière et l'esprit, et à promouvoir un esprit de fraternité universelle. Cette " science spirituelle " qui considère l'homme comme un esprit incarné dans un corps a développé de nombreuses techniques appliquées, parmi lesquelles la médecine, la pédagogie (Ecoles Steiner), l'architecture, l'agriculture et l'art.

Bien que ses techniques soient utilisées dans le monde entier, l'anthroposophie a été dénoncée dans le rapport de la MILS 2000, suspectée et même publiquement mise en cause par le député Jacques Guyard sur un plateau de télévision. Le nouveau rapport 2001 de la MILS cite de nouveau l'anthroposophie parmi les mouvements devant susciter " l'abstention sans stigmatisation prématurée " (aveu très clair que d'autres mouvements sont " stigmatisés " par la MILS).
Le rapport explique le sens de cette abstention temporaire par le fait que l'on n'a pas encore " d'étude universitaire " sur le sujet, ou plutôt que les études existantes étant favorables ou équilibrées, elles ne peuvent être prises en compte. Façon indirecte d'avouer que la MILS n'enquête qu'à charge. Il y a là évidence que cet organisme " de lutte " (cela ne s'invente pas !) filtre toute information pour n'entendre que ce qu'il veut entendre, les mouvements étant de toute façon condamnés à l'avance.

Dans un article de " Votre Santé ", Robert Kempenich, Président de Mercure Fédéral, une fédération des associations médicales anthroposophiques, voit dans cette nouvelle mise à l'index la conséquence directe du procès en diffamation engagé par des anthroposophes contre la MILS. Selon lui, l'attitude de la MILS a, sans preuves, déshonoré des centaines de médecins et essayé de rompre la confiance des patients : " Les responsables de la MILS ont rédigé leur rapport sans aucunement respecter la procédure contradictoire, sur laquelle ils prétendent pourtant appuyer leurs enquêtes. "

Membres ou sympathisants de CAP, nous n'avons pas besoin des avis truqués de la MILS pour décider d'expérimenter ou de s'abstenir face à un choix de vie, suivant en cela notre conscience d'adultes.

 

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