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OTS et "Secret défense"

L'ombre du secret défense plane-t-elle sur l'affaire de l'Ordre du Temple Solaire ?

En ce moment se tient l'appel de l'un de ses anciens responsables, Michel Tabachnik, et l'on peut craindre que la vérité ne soit pas au rendez-vous. En effet, il n'y a guère, l'expert du juge, Jean-Marie Abgrall, déclarait à Nice-matin qu'il s'agissait d'une affaire d'Etat, qui dépassait la justice.

Comme le faisait remarquer Pascal Verdier dans une interview récente sur le sujet, au cours des trente dernières années, il y a eu une dizaine d'affaires d'Etat en France dont on n'aura jamais le mot de la fin. Récemment encore, le secret défense était invoqué dans l'affaire Clearstream.

D'ailleurs, les observateurs ne manqueront pas de constater que, pour une fois, on ne croule pas sous un déluge d'articles, dossiers et déclarations dans la presse, comme à chaque fois que s'annonce un grand procès mettant en cause un mouvement spirituel ou thérapeutique. Le fait est que, depuis le début de l'année, les commentaires de la presse sur l'affaire de l'OTS ont viré de bord et sont de plus en plus critiques : documentaire d'Yves Boisset sur France 2 développant la thèse du crime Politico-mafieux, livres de Maurice Fusier évoquant les liens entre cette affaire et le Ministère de l'Intérieur, ainsi que les réseaux d'argent sale, émission de radio, articles récents dans la presse nationale d'un ton tout à fait nouveau. On s'achemine vers un " OTSgate ", lentement mais sûrement.

Certes, l'Express y a bien été de son dossier sur " l'infiltration des sectes " - on se demande qui infiltre l'Express ! -, quelques députés ont bien créé une commission parlementaire en catastrophe, mais même cette initiative se retourne contre eux, avec les accusations de " trouble à l'ordre public " qui leur est renvoyée par le Bureau de Cultes et par la fédération Protestante.

Vers l'absurdité d'un non lieu programmé

Les spécialistes supposent que l'on s'achemine vers un non lieu dans cette affaire de l'OTS. Or certains, dont les familles de victimes, contestent les conclusions du juge pour qui il n'y aurait aucun coupable dans ces 74 morts, aucun responsable encore en vie ! Voici la longue liste des incohérences, dont certaines se situent à l'intérieur même du mémoire du juge.

1/ Dans toute cette affaire, il n'est jamais fait mention ni d'empreintes digitales (pouvant démontrer que des personnes extérieures ont pu organiser la mise en scène), ni de test d'ADN - démontrant de façon définitive que les responsables sont bien morts dans les incendies (fort opportuns).

2/ Deux policiers français membres de l'OTS sont vus dévalant la pente lors du massacre de Suisse. Seuls rescapés de ce massacre, ils sont interrogés mais restent en fonction, malgré les forts soupçons, et ... périssent un an plus tard dans le Vercors !

3/ Ces deux policiers, d'après les analyses des poumons révélées officiellement par le juge, sont morts avant l'embrasement du bûcher où les victimes se seraient allongées avant de mourir. Quelques lignes plus bas, dans le même jugement, il est affirmé que ce sont ces deux policiers qui auraient mis le feu au brasier avant de se suicider (bien alignés avec les autres, en cercle !)

4/ Une semaine avant que les corps ne soient découverts dans le Vercors (mais après la date de mort présumée), des individus se présentant comme des policiers se sont rendus avec les clés au domicile de certaines des victimes et ont emporté de grands sacs de pièces à conviction.

5/ Plusieurs corps de victimes du Vercors avaient les os brisés, signe caractéristique de cadavres transportés par la route. L'une d'entre elles avait le visage tuméfié, il est conclu qu'elle a eu un accident de la route en venant ! On n'en saura pas beaucoup plus, puisque les policiers ont fait sauter les véhicules en arrivant, détruisant ainsi les pièces à conviction (empreintes, etc.) qui auraient permis de déceler une intervention extérieure - et les traces du fameux accident.

6/ Dans chacun des massacres, les membres avaient été drogués, et certains portaient des traces de coups (bien que soi-disant consentants !).

7/ Le juge de l'affaire en Suisse a détruit lui aussi des pièces à conviction.

8/ L'un des policiers mort dans le Vercors, membre de l'OTS donc, faisait de fréquentes visites au Ministère de l'Intérieur, selon son chauffeur.

9/ Les pistes financières n'ont pas été suivies par le juge, alors que d'important transferts de fonds avaient lieu, notamment avec l'Australie.

10/ Un témoin visuel affirme avoir vu des véhicules descendre du lieu quasi désert où les corps ont été retrouvés, le jour même. Le juge conclut " qu'il a dû confondre les dates".

Fronde

Affaire d'Etat ? Cela ne réconfortera pas les familles qui attendent toujours des explications. Par contre, cela porte un coup à la crédibilité de la campagne officielle anti-sectes qui n'a cessé de rappeler le drame de l'OTS pour fonder sa légitimité, ce qui apparaît aujourd'hui comme un tissu de mensonges.

Les dizaines de milliers de citoyens français membres de groupements spirituels ou thérapeutiques qui, avec cynisme, ont été harcelés, vilipendés, au nom de cette manipulation médiatique, ceux-là aussi demandent des comptes. De plus en plus de voix se lèvent pour pointer du doigt les véritables " fauteurs de troubles publics " que sont les associations anti-sectes et leurs relais officiels.

Déjà, des contestations officielles demandent la rectification de données erronées, manifestement délibérées, dans les rapports annuels de la MIVILUDES, visant à diaboliser telle ou telle pratique. Les rapports des Renseignements Généraux sur lesquels s'étaient fondée en grande partie la trop célèbre " liste noire ", apparaissent vides ou sans intérêt, une fois le " secret défense " levé.

Plusieurs journalistes, pourtant favorables à la thèse du suicide au début de leur investigations, sont arrivés à la conclusion inévitable d'un assassinat programmé, pour cause de liens politico-mafieux.

Les simples citoyens pourraient aussi se demander pourquoi, en 2006, cela ne prend que 24 heures pour mettre sur pied en toute urgence une commission parlementaire sur " les enfants et les sectes ", alors que des problèmes sociaux gravissimes sont laissés à l'abandon. Qui ne peut voir ce détournement d'attention grossier ?

Christian Decoeur


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