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ÉDITORIAL
CAPLC - août 2008

 


miviludes-big-brother

Elles sont partout, les dérives.

« Ce type d'émission affaiblit psychologiquement les participants en usant du même mécanisme de déstabilisation et d'asservissement utilisé par les sectes ». Voici les commentaires de M. Jean-Michel Roulet, actuel président de la Miviludes, au sujet de l’émission « Secret Story » version 2008. Le psy Serge Hefez fait quant à lui le commentaire suivant : « obéir à une voix qui n'a pas de visage, c'est la logique à la Big Brother. Et, il y a quelque chose de divin dans cette voix venue de nulle part. »

De quoi s’agit-il ? L’une des participantes, Nathalie, enfermée dans la « cristal room », une cage à lapin dans laquelle les habitants sont parfois consignés, avait fondu en larmes. Elle venait de se faire ordonner par « La Voix » de réciter l’un des Douze Commandements et avait échoué.

« Manifestation divine », « sectes », voilà bien là de quoi échauffer quelques esprits. Mais ce n’est certes pas cela qui risque de nous intéresser. Le voyeurisme éhonté de certaines émissions grand public n’est plus à démontrer. Ce qui nous paraît intéressant de noter, est la déclaration de M. Jean-Michel Roulet. C’est la première fois à notre connaissance qu’il s’en prend à un grand média public, la télévision, et pointe du doigt un comportement que nous pouvons qualifier de « dérive sectaire » bien que personne ne sache ce que ce terme signifie réellement. Sans doute a-t-il enfoncé une porte ouverte, mais il l’a enfoncée, et c’est à signaler.

Certes, ce n’est pas la première mise en cause du comportement télévisuel par une personnalité connue. Les médias ont rapporté les propos suivants tenus par M. Patrick le Lay, président directeur général de TF1, et connu pour son franc-parler. « Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective 'business', soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. […] Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. […] Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise… ». Ces propos ont donné lieu à polémique. Mais, en fait, ils sont d’une vérité criante. Et non seulement la télévision, mais toute l’activité économique et toute la vie sociale sont basées sur les mêmes principes : manipuler l’opinion publique pour lui faire croire ce qu’elle n’aurait pu seulement imaginer, pour lui faire acheter très cher des produits dont elle n’imaginait ni l’existence ni l’utilité. Propagande, discours politiques, informations commerciales, publicités, autant de moyens pour affaiblir psychologiquement les citoyens et les consommateurs, les déstabiliser et les asservir.

Mais s’en prendre à cette manipulation de l’opinion publique, une forme élaborée du mensonge, reviendrait à remettre en cause tous les équilibres politiques, et toute la vie économique. Que deviendraient en effet tous les régimes politiques si toutes les vérités étaient bonnes à dire ? Que deviendraient toutes les activités économiques si les consommateurs se mettaient à consommer utile et non plus futile ? Il s’agit là d’un problème redoutable : comment apporter plus d’éthique et plus de vérité dans nos sociétés sans risquer de les faire s’écrouler ? Et les groupements antisectes, en accusant à tort les minorités de conviction de pratiquer la déstabilisation mentale et l’asservissement, ont juste contribué à masquer un véritable problème, à retarder sa prise en compte et à lui trouver une solution. Ils illustrent à merveille la déclaration de Louis Pauwels : « ceux qui craignent avec tant de bonté qu'on lave le cerveau d'un quidam savent laver le cerveau d'une nation ».

Quant à la Miviludes, rien de plus facile pour elle de trouver des exemples de ce qu’elle appelle des «dérives sectaires» : à l’exemple de son président, il lui suffit de les chercher là où elles sont, c'est-à-dire partout, absolument partout.

 

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