Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience
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CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction
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É  D  I  T  O  R  I  A  L  du  3 mai 2002

NON à la démagogie

Le Petit Robert définit la démagogie comme la " politique par laquelle on flatte, excite, exploite les passions des masses ".

Le démagogue est celui qui se sert de quelques faits isolés pour construire à son profit une fausse réalité contre laquelle il propose des solutions radicales en faisant appel à l'émotion plus qu'à la raison. Le discours d'un démagogue est toujours truffé de généralisations abusives, de formules choc.
Les solutions radicales consistent souvent en des mesures discriminatoires contre des minorités présentées comme étant la source de tous les maux. L'exemple du parfait démagogue est le sénateur MacCarthy, qui voyait partout la main de Moscou et qui, à coup de formules choc, était parvenu à monter une bonne partie de l'opinion publique américaine contre des citoyens parfaitement innocents.

Face à la montée de l'insécurité, il est facile de proposer des solutions démagogiques, de désigner comme coupable une certaine catégorie de citoyens et les résultats du premier tour de l'élection présidentielle montrent que dans les urnes une telle démagogie a rencontré un certain succès, ce qui est très inquiétant. Mais la démagogie, ce n'est pas uniquement la chasse aux immigrés.
Ceux qui, en prétextant la défense des droits de l'homme, montent l'opinion publique contre des minorités religieuses paisibles, ceux qui, à partir de quelques faits isolés, créent une vaste généralité parfaitement abusive, " les sectes " et font voter une loi liberticide permettant de dissoudre des religions minoritaires, sont de parfaits démagogues.

Les débats au sénat et à l'assemblée nationale précédant le vote de la loi About-Picard ont vu triompher la démagogie et ses ressorts, toujours identiques : la stigmatisation de boucs émissaires, l'utilisation de formules chocs pour créer un effet émotionnel court-circuitant tout raisonnement analytique. Le résultat est une loi que seules quelques anciennes dictatures nous envient, loi qui pourrait être utilisée contre n'importe quel groupe religieux.
A l'opposé de la démagogie il y a l'intelligence, la raison, l'examen des faits, les enquêtes sérieuses de terrain telles que les pratiquent les sociologues. Se dessine alors la réalité riche, diverse, des groupes religieux et spirituels, des différences culturelles, philosophiques et ethniques qu'une démocratie doit s'honorer de préserver.

Non à la démagogie, pour la diversité qui fait la richesse de la France.


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Les spiritualités Hors-la-Loi

Une loi d'exception extrêmement liberticide, qui limite la liberté de toutes les associations (son chapitre 2 s'applique à toutes les personnes morales), vient d'être votée définitivement dans l'indifférence quasi générale de nos élus. Un des articles de cette loi permet de rendre criminelle toute pratique intense basée sur la foi, qualifiable « d'état de sujétion ». Les représentants des grandes religions ne s'y sont pas trompés. Certes la presse française et internationale a mal accueilli ce vote mais elle a réagi un peu tard. Comment en est-on arrivé là? 
  
          Depuis une vingtaine d'années, quelques tenants d'une laïcité de combat visant à exclure du champ public tout ce qui peut de près ou de loin se rapporter à une religion, s'acharnent à détruire la réputation d'une multitude de groupes spirituels et religieux minoritaires, en les qualifiant abusivement de « sectes » après avoir cristallisé toutes les haines autour de cette notion par la technique bien connue de l'amalgame. S'attaquer aux grandes religions est encore politiquement incorrect. Ces véritables inquisiteurs s'acharnent donc d'abord sur des groupes plus petits. Une véritable machine de propagande a été créée: 

          Le résultat de cette campagne d'hystérie est qu'une véritable chasse aux sorcières s'est installée en France. Chaque jour, des citoyens accusés de faire partie d'un mouvement jugé sectaire perdent un emploi, un contrat, leur droit de garde des enfants dans une affaire de divorce, se voient refuser un prêt bancaire, deviennent en quelque sorte des sous-citoyens
  
 
          Les Renseignements Généraux fichent en toute impunité l'appartenance de nombreux citoyens à ces groupes considérés comme hors normes. Qui contrôle la circulation de ces fiches? Les associations anti-sectes se vantent de collaborer avec les Renseignements Généraux, devenus ainsi une nouvelle police de contrôle des déviances. 
  
          L'aboutissement logique de cette hystérie, et le but visé dès l'origine, est la création d'une loi d'exception, la loi About-Picard. 
  
          Cette loi permettra à la justice de dissoudre très facilement tout groupe qui aura une vague réputation de « groupe sectaire »

          Tout groupe pratiquant une forme intense du religieux ou de la spiritualité est en fait visé. Il suffira de deux délits mineurs commis au sein de ce groupe pour que le juge prononce sa dissolution après une procédure judiciaire accélérée. C'est exactement comme si on menaçait de la peine de mort toute personne qui aurait commis deux excès de vitesse, et en plus, suite à un procès expéditif! 
  
          Il y a eu quelques drames bien réels et loin de nous l'idée de les nier. Les dérives peuvent exister dans tous les groupes. Mais l'arsenal législatif existant permet de punir les responsables de ces dérives. 
  
          Aucune association, pour peu qu'elle soit dans le collimateur de la justice ne pourra résister à la loi About-Picard. Alors autant dire que ce sont la liberté d'association, la liberté de conscience et la liberté de religion que nos élus ont jetées à la poubelle le 30 mai dernier. 
  
          La loi mentionne explicitement que l'exercice illégal de la médecine et l'exercice illégal de la pharmacie pourront être pris en compte pour la dissolution. Ainsi, non seulement pourront être visés tous les groupes qui pratiquent une recherche religieuse ou spirituelle mais aussi tous les groupes qui prônent le recours aux médecines alternatives. 
  
          Sous la charge des inquisiteurs se profile la venue d'une société matérialiste, aseptisée, débarrassée de toute référence à la religion ou à la spiritualité et dans laquelle les seuls remèdes proposés au mal-être seront des remèdes chimiques.  
  
          Les minorités spirituelles se battent, parce qu'elles sont sur le front, au coeur de la bataille de la liberté individuelle qui commence par la liberté de croyance et d'opinion. Mais ce n'est pas seulement leur combat. C'est le vieux combat de la démocratie et de la liberté, une nouvelle fois menacée par une loi d'exception. 

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