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ÉDITORIAL

La patalaïcité à la française
par Paul Vinel
CAP Liberté de Conscience - avril 2012

 

Nous attendions les thèmes écologiques et financiers. Il n’en fut rien. C’est une sombre querelle d’abattage rituel, ponctuée par un tragique massacre à Toulouse et Montauban qui a monopolisé les média. Le thème religieux, surtout musulman, aura donc servi de fil rouge à la campagne présidentielle française. En effet la guerre des deux France officiellement close grâce à la loi de 1905, de fait perdure encore de nos jours. Et tant qu’elle ne sera pas totalement résorbée et exorcisée, une fracture invisible continuera à diviser les français et les partis politiques. Car si personne en France ne conteste le principe de la laïcité, ses partisans sont partagés : certains sont des modérés, mais d’autres de tradition jacobine espèrent éradiquer l’emprise des religions sur l’espace public et promeuvent une politique clairement anticléricale, voire antireligieuse. Ce sont les ultras laïques, prompts à dégainer le verbe assassin dès que quelqu’un, si peu que ce soit, remet en cause leur conception intransigeante de la laïcité. Très récemment M. François Hollande avait promit d’inclure la loi de 1905 dans la Constitution Française. Au vu de la polémique naissante il fit une prudente marche arrière. Avant lui, M. Sarkozy tout juste élu Président de la République en 2007 évoqua la notion de laïcité positive, rendit visite au Pape et fut nommé Chanoine de Latran. Les ultras laïques firent un tollé et crièrent au sacrilège. M. Sarkozy battit en retraite : la France n’était pas encore prête à se réconcilier avec elle-même ! Et quand à partir des années 70, de nouvelles minorités de conviction telles les Nouveaux Mouvements Religieux et les nouvelles spiritualités venues d’Orient, apparurent en France, elles furent violemment combattues comme « sectes dangereuses » par des associations mercenaires telles l’Unadfi et le Ccmm. Il est une réalité évidente : les ultras laïques tiennent fermement les leviers du pouvoir et ne veulent transiger en rien.

A cette situation déjà très compliquée est venue se rajouter l’immigration massive de musulmans en provenance des anciennes colonies françaises, Tunisie, Algérie et Maroc. L’islam est devenu la deuxième religion en France en nombre de fidèles. C’est un choc culturel car ces nouveaux arrivants sont originaires de pays en partie théocratiques dans lesquels l’islam est religion d’état et où les rois et princes sont aussi des chefs religieux. Le religieux et l’état y sont imbriqués. De plus certains radicaux musulmans prônent ouvertement le djihad islamiste pour convertir toutes les personnes à l’islam, par la force si nécessaire.


Un cocktail très explosif en somme ! Une situation où les ultras laïques font face aux ultras islamistes et se font mutuellement la courte échelle dans la surenchère verbale au risque de la surenchère dans les actes.


Et comment les ultras laïques introduits dans toutes les sphères du pouvoir ont-ils pour habitude de procéder ? L’exemple de leurs comportements vis-à-vis des minorités de conviction nous éclaire quant à leurs modes de fonctionnement.

En premier lieu ils se sont affranchis impunément du respect des lois. Ainsi des associations telles l’Unadfi et le Ccmm, connues pour discréditer les minorités religieuses, sont subventionnées à plus de 95% par l’Etat français : ceci est contraire au principe de séparation des Eglises et de l’Etat. Durant des années l’Etat français a réclamé 57 millions d’euros d’arriérés d’impôts aux Témoins de Jéhovah sous le prétexte que les dons des fidèles étaient taxables. Mais après des années de procédures juridiques, en 2011, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a tranché et a donné raison aux Témoins de Jéhovah : elle a estimé que le gouvernement français avait violé l'article 9 de la convention européenne sur la liberté religieuse. D’autres exemples de transgression des lois existent. Dès lors comment faire respecter les lois de la République laïque quand les responsables politiques et administratifs eux-mêmes, garants d’une saine laïcité, ne les respectent pas ?

Le deuxième point à prendre en compte est que les ultras laïques falsifient la réalité en permanence. Ainsi M. Fenech,actuel président de la Miviludes,président de la mission parlementaire « sectes et enfants » avait annoncé « 80 000 enfants en danger ». En réalité les auditions des spécialistes interrogés n’ont permis d’en répertorier que dix. L’Unadfi annonce de « très nombreuses victimes de sectes » mais ne fournit jamais de chiffres, et surtout elle considère comme victimes aussi bien les membres des groupes religieux, que les membres des familles et les amis. De tels mensonges permanents servent à manipuler l’opinion publique. Enfin les travaux des scientifiques et sociologues en charge d’étudier les réalités sociologiques sont tout simplement ignorés. Il est dès lors impossible pour quiconque de se faire sa propre opinion.

Alors à quoi peuvent aboutir de tels comportements des ultras laïques face à la problématique de l’islam en France ? Ces comportements sont stupides, et surtout contreproductifs. A tout moment ils peuvent aboutir à des dérapages sanglants. Car si l’immense majorité des musulmans est pacifique, l’expérience montre que certains n’hésitent pas à se radicaliser et à utiliser les armes. Dès lors quelles mesures mettre en place pour garantir la paix sociale et la sécurité des français ?
En tout premier lieu il importe de rétablir un état de droit par le respect strict des lois, en particulier de la loi de 1905. Ceci implique la suppression de la Miviludes, organisme d’état qui s’ingère dans les croyances religieuses. Ceci implique de supprimer les subventions aux associations militantes telles l’Unadfi et le Ccmm. L’Etat doit faire respecter la Liberté de Conscience par tous les moyens légaux à sa disposition. Ces mesures sont indispensables pour rétablir la confiance de tous dans l’Etat français.

Ensuite il s’agit de donner une parole libre à tous les scientifiques, sociologues et spécialistes des religions afin qu’ils dressent une image complète et fidèle des groupes sociaux et religieux en France. C’est la condition indispensable à des décisions justes.Les ultras laïques, adeptes de la Raison pure ignorent tout des croyances religieuses qu’ils qualifient de superstitions. Ils sont inaccessibles à l’expérience transcendante. Leurs seuls modes d’action sont des mesures répressives qui ne peuvent à elles seules tout résoudre. Alors et surtout, il est important de laisser s’exprimer tous les groupes pacifistes religieux et spirituels, les plus importants comme les plus petits. Tous ont quelque chose à apporter. Eux seuls sont capables de dialoguer avec des ultras religieux. Aucun acte policier ne peut s’opposer à une croyance religieuse erronée : seule une autre croyance plus juste peut rétablir la vérité.

La sécurité des français et une société pacifiée sont à ce prix.


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