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ÉDITORIAL

Iznogoud et les dérives sectaires
par Paul Vinel
CAP Liberté de Conscience - juin 2012

 

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.» Voilà ce que dit l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Par ailleurs la loi de 1905 a mis en place une stricte séparation entre les Eglises et l’Etat. De quoi tranquilliser tous les groupes religieux petits et grands, tous les croyants de toutes obédiences quant à leurs droits de pratiquer librement leurs convictions religieuses et spirituelles.

Mais dans la réalité qu’en est-il ? Que se passe-t-il dans le cas d’un enseignant spirituel ou religieux face à une assemblée de fidèles, de disciples ou simplement de sympathisants ? Selon qu’il s’agisse d’une religion officielle, ou d’une religion minoritaire, comment cette situation sera-t-elle gérée par les pouvoirs publics, comment sera-t-elle relayée par les médias et comment sera-t-elle perçue par l’opinion publique ?

De fait, la réponse à cette question simple est très variable. Pour les religions officielles, islam compris, le respect mutuel prévaut en général. Cependant des voix discordantes se font parfois entendre ici ou là : ainsi les polémiques qui ont accompagné les visites de M. Sarkozy, alors Président de la République, au Pape. C’est la preuve d’un vif ressentiment antireligieux en France d’une partie de l’opinion publique, ressentiment qui ne demande qu’à s’exprimer à la première opportunité. Tous les férus de bandes dessinées connaissent les aventures fameuses d’Iznogoud, ce Grand Vizir qui veut être Calife à la place du Calife. Or la France compte parmi ses responsables de nombreux Iznogoud qui voudraient bien diriger notre pays selon leurs propres dogmes et bouter tout signe religieux hors du pays. Et comme le héros Iznogoud de la bande dessinée, ces Iznogoud bien réels ne manquent pas de ténacité hargneuse et de ruses machiavéliques pour atteindre leur but.

Les religions officielles sont solidement installées en France et les Iznogoud français évitent généralement de s’y frotter. Par contre les petits groupes religieux sont des cibles beaucoup plus faciles : plus besoin de masque hypocrite, ils peuvent être critiqués sans retenu. Ainsi la Miviludes, un organisme très officiel sous la responsabilité directe du Premier ministre, concernant ces petits groupes ne parlera ni d’enseignant spirituel, ni de fidèles et ni de croyances, mais évoquera sans détour une « tentative d’abus de faiblesse envers des possibles victimes en vue de les mettre sous emprise sectaire par un gourou avide de pouvoir, d’argent et de sexe ». Un véritable appel à la haine ! La même situation, deux langages totalement différents : respect hypocrite des opinions religieuses pour les uns, tour de passe-passe sémantique, inquisition et procès en sorcellerie pour les autres. Les enseignants spirituels sont traités de « gourous », les fidèles de « victimes en état de faiblesse » dont les croyances seraient le résultat d’une « emprise sectaire ». Voici comment s’en prendre impunément aux croyances des minorités religieuses et spirituelles en France, et de leur dénier toute présomption d’innocence et tout droit à la défense.

Ainsi la liberté religieuse, dès lors qu’elle concerne des petits groupes marginaux, est bafouée, stigmatisée, insultée et présentée comme un acte criminel, avec la caution officielle du Premier ministre. De plus ces Iznogoud à la française, prompts à agiter le spectre de dérives sectaires imaginaires, restent étrangement silencieux quand se produisent des actes terroristes ou antisémites bien réels. Seraient-ils des complices objectifs de ces actes ignobles ?

M. Manuel Valls, tout nouveau ministre de l’Intérieur, a déclaré récemment : « l’esprit qui anime le président de la République et le premier ministre est celui de la confiance et de l’apaisement. Des croyances, des appartenances, des cultures, des origines même ont été renvoyées dos à dos. Ce n’est pas cela la République! Dans la République, tout le monde doit avoir sa place, aucune religion, aucune communauté, aucun groupe ne doit en être écarté ». En pleine campagne électorale, il avait aussi, devant la communauté juive réunie à Paris, résumé sa conception de la laïcité : «la laïcité n’est pas la négation du religieux, ce n’est pas la fermeture au sacré et au spirituel. La laïcité est un équilibre permanent et difficile entre la neutralité de l’Etat, la liberté de conscience et le pluralisme.» Selon lui, c’est un «principe avec lequel on ne transige pas».

C’est très exactement ce que nous demandons. Il est urgent de remettre au pas tous les Iznogoud à la française qui ont voulu devenir Calife à la place du Calife en voulant imposer leurs propres dogmes laïcistes. La paix sociale dans une France apaisée est à ce prix.


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