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ÉDITORIAL

Entreprises, se former au bonheur
par Paul Vinel
CAP Liberté de Conscience - octobre 2011

 

 

L’Université Paris Descartes va-t-elle devoir changer de nom ? C’est logiquement ce qu’elle devrait faire au vu de son projet de formation : un « diplôme universitaire sur l’Emprise sectaire, processus de vulnérabilité et enjeux éthiques ». René Descartes, célèbre philosophe du 17e siècle, avait déclaré : « La raison est la seule chose qui nous rend hommes ». Mais aujourd’hui le philosophe, mathématicien et physicien, mort depuis plus de trois siècles, doit se retourner frénétiquement dans sa tombe car le projet de l’université qui porte son nom, est en totale contradiction avec toute notion de raison ou de bon sens. Le mot « sectaire » a été dévoyé de son sens premier et plus personne ne sait quelle signification lui donner. Les explications quant à la notion d’ « emprise sectaire » sont un charabia incompréhensible, et tous les sociologues spécialistes des mouvements religieux et spirituels sont unanimes à dénoncer comme ridicule le tohu-bohu orchestré autour d’un pseudo « danger sectaire ».

Mais pourquoi un projet de formation aussi ridicule ? Pour comprendre, il suffit de constater que l’Université Paris Descartes œuvre dans le domaine de la formation continue. Et ce domaine est depuis des années l’objet de toutes les attentions paranoïaques des groupements antisectes. Le 22 septembre dernier, Mme Nadine Moreno, ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, déclarait : « Des contrôles effectués par les services de l’État ont permis de déceler ce que l’on peut qualifier de dérives sectaires dans le système de formation continue. Sur 3 000 organismes contrôlés, 1 800 proposaient des formations de type comportemental laissant apparaître une approche relevant d’une dérive sectaire. » En 2007 la Miviludes qui n’a décidément pas peur du ridicule, dans son manuel « l'entreprise face au risque sectaire », avait dressé une liste de mots-clés pour détecter les entreprises de formation « sectaires ». En voici quelques exemples savoureux : « accomplissement de soi ; enthousiasme ; bien-être ; capital savoir ; confiance ; désintéressement ; dévouement ; épanouissement ; estime de soi ; évitement des conflits ; évolution sociale ; gestion de la vie relationnelle ; maîtrise émotionnelle ; management des situations professionnelles ; partage des informations ; sens du partage ; résolutions de problèmes. » Selon la Miviludes donc, être enthousiaste et confiant, gérer la vie relationnelle et éviter les conflits, partager les informations, et surtout être désintéressé et dévoué, ce serait « sectaire ». Alors vive les « sectaires » en entreprises !

Déjà en 2003, l’Unadfi, faux-nez du lobby antisecte présent dans tous les cercles de pouvoir, avait écrit : « L'entreprise est une cible privilégiée des mouvements sectaires. Elle possède en effet tous les ingrédients, de l'argent, du pouvoir et des hommes pour être courtisée. Et, c'est par le biais d'organismes de formation, de conseil et de recrutement que les sectes démarchent les entreprises d'autant plus que les sommes en cause sont considérables (environ 40 milliards). Grâce aux entreprises, les sectes peuvent détenir un pouvoir économique, exercer un contrôle sur le fonctionnement d'organismes, influencer conquérir des esprits subtils et brillants qui leur permettront d'acquérir la reconnaissance et le brevet d'honorabilité qu'elles convoitent. » Et cette même Unadfi, avait pourtant écrit dans le même article : « Aujourd'hui, dans la vie des entreprises, les cours de croissance personnelle occupent une place primordiale. C'est grâce aux travaux de Maslow qui a montré que le succès des dirigeants dépendait en grande partie de leur capacité de "self-réalisation", que la motivation du personnel est devenue une des grandes préoccupations des entreprises. » Il suffisait alors de faire confiance aux responsables de formation et d’entreprise. Cela aurait amélioré le bien-être des employés et favorisé les performances industrielles de la France. Tel ne fut pas le cas, et ce sont la peur et la paranoïa antisecte qui furent mises en oeuvre.

Il y a cependant une autre constatation plus optimiste à faire : « Sur 3 000 organismes contrôlés, 1 800 proposaient des formations de type comportemental laissant apparaître une approche relevant d’une dérive sectaire. » avait dit Mme Moreno. Cela fait au moins 1 800 organismes de formation qui proposent une formation au développement personnel en entreprise : la démonstration qu’un tel besoin existe et a été pris en compte par les responsables. Parce que les employés ne sont pas des machines mais des êtres humains, et parce que les entreprises vendent leurs services à d’autres être humains. Et tous ces humains, travailleurs et consommateurs, sont à la recherche du véritable bonheur durable. La formation continue en entreprise se devait de prendre en compte cette réalité incontournable !

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