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ÉDITORIAL
CAPLC - Février 2008

 

 

Comment tromper l’opinion publique.

C’était en 1992 au siège de l’Adfi lors d’une réunion pour éradiquer ces fameux groupements dits « sectes ». Le colonel Morin, spécialiste de la guerre psychologique, proposait de modifier la signification du terme « secte ».

Interviewée par la Télévision belge et dans un accès de franchise inattendue, Mme Picard initiatrice de la loi About-Picard et actuelle présidente de l’Unadfi, expliquait: «Et nous avons, en accord avec l’ensemble des parlementaires qui travaillons au niveau européen sur ce sujet, décidé de dire qu’il ne faut pas définir, parce que la définition du terme ‘secte’ qui en France n’est pas défini juridiquement, permettrait aux mouvements sectaires de sortir du cadre de la définition.»

Le 28 novembre 2002, un décret gouvernemental donnait naissance à la Miviludes, Mission Interministérielle de Vigilance et de LUttes contre les DErives Sectaires. Dans son rapport pour l’année 2006, les termes « secte » ou « sectes » sont utilisés 154 fois, et les termes « sectaire » ou « sectaires » 466 fois.

Mais quelle signification a véritablement le mot « secte » ? Et quel sens donner à « dérives sectaires » ?

La Miviludes officiellement en charge de cette question n’en dit rien et ne semble pas vouloir en dire quoi que ce soit.

Comment une telle carence, une telle incapacité à définir le sens des mots est-elle possible ? L’Etat français serait-il entièrement sous la coupe du colonel Morin ou de Mme Picard ? Ou de quelque autre personne ?

En fait, la seule explication à cette carence colossale est que la non-définition du terme « secte » sert les intérêts des antisectes, qu’elle est la clé de voûte de leur stratégie. Le colonel Morin aura alors démontré que des méthodes de guerre psychologique peuvent efficacement être utilisées pour tromper durablement l’opinion publique.

En fait le terme « secte » ne manque pas de signification, bien au contraire, en fait il en a plusieurs, au moins deux.

La première de ces significations est de nature historique, forgée par des siècles d’histoire de l’humanité. Elle désigne des minorités de pensée, de croyances religieuses et spirituelles, de doctrines philosophiques. Et l’histoire nous l’enseigne, ces minorités de conviction sont le véritable moteur de l’évolution de l’humanité. Toutes les grandes religions ont démarré leur existence en étant des sectes. Tous les grands courants de pensée, toutes les grandes découvertes et toutes les grandes inventions sont nés au sein de groupes restreints de personnes en rupture avec les croyances dominantes de leur époque.

Supprimez les sectes, minorités de conviction sources d’innovation, et c’est toute l’humanité qui s’arrêtera d’évoluer, momifiée dans un éternel figement.

La deuxième de ces significations par contre est plus récente et est bien sûr à mettre en relation avec la proposition du colonel Morin de modifier la signification du terme « secte ». Selon cette deuxième signification, « secte » désigne un groupe dangereux qui abuserait de la crédulité des personnes et porterait atteinte à leur intégrité physique ou psychique. C’est cette deuxième signification qui prévaut aujourd’hui dans l’opinion publique, suite à un énorme battage médiatique.

Deux significations totalement disjointes donc et qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, mais significations utilisées systématiquement ensemble dans des mêmes documents, ce qui est de nature à dérouter complètement le lecteur. Une analyse pour l’exemple des rapports de la Miviludes est de ce point de vue très édifiante.

Ainsi dans le rapport pour l’année 2006, pouvons-nous lire page 91 : « Les sectes sont désormais des organisations internationales puissantes… » Ici le mot « sectes » est utilisé dans la première de ses significations, celle de « minorités religieuses ».

Egalement à la page 281 de ce même rapport, nous trouvons : « [les techniques de médecine douces] participent d’un discours sur les médecines alternatives ou écologiques, qui rejoint celui de certaines sectes. » Là encore c’est la signification « minorités religieuses » qui est à prendre en compte. Et il est en effet totalement vrai que les minorités de conviction en général préconisent des modes de vie équilibrés et une alimentation saine comme moyens de prévention de la maladie.

Mais à de très nombreux autres endroits, c’est la signification « groupes dangereux » qui est à prendre en compte. Voici quelques exemples parmi d’autres très nombreux.

Ainsi page 39 : « L’isolement de l’adepte est pratiquement systématique lors de l’entrée dans un mouvement sectaire, car il permet une mainmise plus aisée sur le psychisme de l’adepte. » Il s’agit d’une affirmation totalement gratuite et basée sur aucun fait précis, mais qui a pour objectif de mettre le lecteur dans un état de colère afin de le rendre perméable à la suggestion psychique.

Et en page 208 : « Lorsqu’un drame survient, comme ceux du Guyana, de Waco ou de l’Ordre du temple solaire, tout un chacun prend conscience du risque sectaire. » Ces histoires horribles et jamais élucidées sont systématiquement évoquées. Elles permettent de mettre le lecteur dans un état d’angoisse et d’horreur pour rendre son cerveau plus malléable.

Et aussi en page 212 : « … de prévenir le risque de victimisation et d’aider les personnes sur lesquelles les mouvements sectaires ont déjà jeté leur dévolu ». « Jeté leur dévolu », encore une affirmation vague et sans fondement. L’auteur de cette phrase cherche à projeter ses propres fantasmes sur le lecteur.

Sujétion psychologique, suicides collectifs, manipulation mentale, voilà des affirmations entièrement gratuites qui génèrent un fort malaise auprès du lecteur. Colères, angoisses, peurs, voilà les sentiments qu’éprouve toute personne à la lecture de telles phrases répétées à longueur de pages. Alors quand le lecteur entend successivement :

Sectes = minorités religieuses et spirituelles,

puis répété à longueurs de pages jusqu’à provoquer la nausée :

Sectes = groupes dangereux,

sa conclusion est immédiate et automatique:

Minorités religieuses et spirituelles = sectes = groupes dangereux.

Voilà comment il est possible de diaboliser des groupes de personnes alors même qu’il n’existe aucun argument logique contre eux, et cela sans même enfreindre les lois existantes.

Chapeau bas à ceux qui ont mis cette stratégie en place. Mais cette situation n’a que trop duré et il est maintenant grand temps de dévoiler ces méthodes inavouables.

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