Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience
line
CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction
ONG avec statut consultatif spécial auprès de l'ONU
 
actualites
enquetes
revue de presse
vos droits
Aidez-nous
futur
publications
Point de vue
liens / links
telechargements
contacts
english version

Ecrivez-nous : 117, rue de Charenton, 75012 Paris

contact@coordiap.com
 
 
shim  
 
ÉDITORIAL CAPLC - JANVIER 2005
 


Haro sur les bonnes solutions

Pour comprendre une situation, il faut parfois chercher les mots qui ne sont pas dits, ces mots qu'on escamote parce qu'ils dérangent. Ainsi en va-t-il de cette tragédie atroce survenue dans l'hôpital psychiatrique de Pau, une infirmière et une aide-soignante sauvagement assassinées. Le ministre de la santé a affirmé qu'il "fallait tout réorganiser" expliquant que si "aujourd'hui il y a beaucoup de psychiatres, ils s'occupent beaucoup de malades en psychothérapie et (quand) un malade a besoin de psychiatre il va aujourd'hui souvent chez le généraliste ou aux urgences". "Donc", a ajouté M. Douste-Blazy, "il faut revoir cela, peut-être avec les psychologues".

Mais des psychothérapeutes qui feraient de la psychothérapie, personne n'en dit mot. Motus et bouche cousue, mot tabou! L'explication à cette omerta, on peut la chercher du côté de l'Unadfi : les psychothérapeutes sont des portes d'entrée pour les sectes, explique cette association dite d'utilité publique.

C'est certainement convaincu de cette vérité profonde que M. Accoyer avait présenté son fameux amendement qui depuis est devenu loi. Depuis lors les psychiatres ont d'office droit au titre de psychothérapeute, sans n'avoir jamais été formés à ce métier bien particulier. C'est, comprenez-le, parce que les psychiatres ont été formés à reconnaître les troubles pathologiques. Ainsi quand un individu est admis en psychiatrie parce qu'il délire, parce qu'il est SDF, parce que sa femme l'a largué, parce qu'il boit, parce qu'il a été licencié, parce que son entreprise faisait de la compression de personnel pour diminuer les frais généraux, parce qu'il fallait faire grimper le titre à la Bourse, dans ce cas un psychiatre est mieux formé pour diagnostiquer de quelle pathologie souffre cet individu et pourra en toute connaissance lui prescrire le bon antidépresseur et l'enfermer dans une camisole chimique.

Imaginez ce qu'aurait fait un psychothérapeute dans cette même situation. Formé à l'écoute empathique, il aurait écouté cet individu ! Et celui-ci lui aurait expliqué que s'il délirait ainsi, c'est parce que sa femme l'a largué, parce qu'il buvait, parce qu'il avait été licencié, parce que son entreprise faisait de la compression de personnel pour diminuer les frais généraux ou parce qu'il fallait faire grimper le titre à la Bourse. La Révolution en perspective ! Plutôt la camisole chimique !

A propos de SDF, il y a le cas de Daniel. Cadre licencié, il avait été ému par ces SDF en perdition. Oubliant sa propre situation, il a créé une association, a érigé un chapiteau au milieu de la ville du Havre pour recueillir ces laissés pour compte. Mais tant de générosité, d'altruisme, c'était suspect. Alors quelqu'un a trouvé l'explication lumineuse. Si Daniel faisait tout cela, c'est certainement parce que Daniel appartenait à une secte. Il devait soit être manipulé lui-même, soit chercher à manipuler ces pauvres bougres. Daniel, lui, a préféré partir à l'autre bout de la France.Haut de page

Et que dire de l'association SEVA qui distribuait des repas gratuits aux sans-logis de Lille! Accusée d'être une secte ! Elle a cessé son activité.

Et les Témoins de Jéhovah qui voulaient secourir les personnes sinistrées par les inondations dans le Sud de la France. C'est interdit pour les sectes! Des fois qu'elles parleraient de charité chrétienne.

M. Raffarin a lui renouvelé ses subventions à l'Unadfi. Il lui a généreusement signé un chèque de 110 000 euros pour l'année 2004. Au fait, 110 000 euros, cela fait combien de fois les revenus d'un bon psychothérapeute à l'écoute de ses clients ? Combien d'infirmières, de lits en hôpital? Combien de repas chauds à des sans-logis ? Combien de verres d'eau à des vieillards assoiffés un jour de canicule ? Combien de vies qui ne seront pas sauvées ?

Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point, disait Pascal. Ce qui est sûr, c'est que la raison sans le cœur n'est vraiment pas raisonnable.

Mieux vaut appeler la Police à la rescousse quand l'hôpital psychiatrique va mal. Mais si les policiers à leur tour en venaient à déprimer de soigner tous les mots de la société ? Il s'agit également d'une profession sinistrée où le taux de suicide est parmi les plus élevés. Hé bien, si les policiers en venaient à déprimer, il suffira de les envoyer en hôpital psychiatrique ! Les policiers à l'asile, voilà bien la solution à tous les problèmes !

Mieux vaut donc continuer les subventions à l'Unadfi qui sait si bien faire la chasse aux " dérives sectaires ". Surtout, que ceux qui ont de la générosité à revendre et de vraies solutions à proposer ne puissent pas les mettre en œuvre !

Souhaitons que, cette année, la vérité et l'appel du cœur finissent par prendre le dessus sur les mentalités sclérosées

--------------------------------------Haut de page--------------------------------------

Les actualités de janvier 2005
Sommaire des actualités