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ÉDITORIAL CAPLC - FÉVRIER 2006
 


Notre pays a-t-il encore une âme ?

Pouvons-nous vivre sans âme ?

Un pays tel la France peut-il sans danger pour sa survie et son prestige, laisser se déliter les valeurs démocratiques qui sont également ses fondements ?

Ainsi de l'affaire d'Outreau. La Commission Parlementaire en charge d'enquêter sur cette malheureuse bavure, découvre avec effroi les énormes carences de la justice française :
droit de la défense ignorés, pressions multiples sur les accusés, enquêtes exclusivement à charge. Et des affaires Outreau, il y en aurait beaucoup d'autres, disent les avocats de la défense.

Si de nombreux accusés voient leur droit à la présomption d'innocence totalement ignoré, il est d'autres cas où des personnes mises en cause bénéficieraient d'une étonnante mansuétude. Ainsi cette surprenante affaire des "victimes du Karrek-Ven". Le 18 janvier 2006, le journal de 20h de l'A2 lui consacre un bref reportage : attouchements sexuels sur enfants mineurs, les responsables auraient reconnu les faits, la justice serait saisie mais curieusement rien n'avancerait. Si donc les faits étaient avérés, il s'agirait tout bonnement d'un cas typique de dérive sectaire, non pas dans le cadre d'une minorité religieuse ou spirituelle, mais bel et bien au sein d'un groupement laïque.

Y aurait-il une relation avec cet étonnant immobilisme? Quant à la Miviludes, Unadfi et autres, nous n'avons pas connaissance d'une quelconque réaction de leur part à ce sujet.

Et face à cette justice bien malade, comment donc réagit notre société ? JC. Guillebaud apporte sa réponse dans le TéléObs n°2151. Il y écrit "La communication fournirait-elle à l'époque son idéologie molle ?" Selon lui les médias, ou plutôt la médiatique s'engouffrerait dans l'espace laissé vacant par des institutions en déroute. Pour le meilleur parfois, mais aussi le pire. Voici ce qu'il écrit : "Pour désigner le phénomène, suggérons le mot avalement. Tout se passe comme si le médiatique, à son corps défendant, avait avalé l'une après l'autre les institutions en crise, les champs laissés en friche, les fonctions en déshérence : justice, enseignement, politique, culture, économie...
Sans l'avoir revendiqué, il s'est trouvé peu à peu gonflé d'une omnipotence malsaine, investi d'une mission impossible, chargé de responsabilités pour lesquelles il n'est ni préparé ni armé. L'empire des médias, en somme, comme celui de Rome jadis, a vu reculer ses frontières jusqu'à des confins qu'il se doit d'occuper mais sans vrais moyens, sans règles et sans logistique."

Un exemple récent d'un tel transfert de pouvoir a été fourni par l'émission Droit de Savoir du mardi 24/01/2006 : "Coachs, gourous, guérisseurs: enquête sur les nouveaux maîtres du bien-être". Nous y avons vu des reporters armés de leurs "caméras cachées", attention danger, faire oeuvre de police, puis de juge, en démasquant au public les gourous abuseurs de leurs victimes. On y montrait les "bons", entendez les courageux chasseurs de "sectes" qui savent tout sur tout, filmés dans des séquences soigneusement préparées. Et on y montrait aussi les "méchants", visages floutés, caméras soigneusement cachés, images de travers, afin que le téléspectateur sache bien qui il doit haïr.

Et qu'en était-il donc de la présomption d'innocence pour ces personnes ainsi mises en accusation ? A quels avocats ont-elles eu droit pour les défendre ?

Et rappelons ce passage inscrit dans la charte des journalistes : "(Le journaliste) s'interdit un titre ou une qualité imaginaires, d'user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque ; (il) ne confond pas son rôle avec celui du policier."

Une nouvelle médiatique "sans vrais moyens, sans règles et sans logistique" en remplacement d'une justice encombrée et bien malade ?

Et nous reprendrons à notre compte la question de JC. Guillebaud dans TéléObs : "La liberté des médias, qui fut longtemps le principe fondateur de la démocratie, serait-elle en train de devenir son principe destructeur ?"

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