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ÉDITORIAL CAPLC - MAI 2006
 


bip " Au mois de mai, fais ce qu'il te plaît "

Nous marcherons ce jeudi 25 mai pour préserver notre santé... mentale.

Le président de la MIVILUDES, .... vous parle. Les dernières semaines ont été marquées par la sortie du rapport annuel de la MIVILUDES. Bien sûr que son contenu ne nous satisfait guère, et en particulier le mot de son président. Alors nous nous sommes amusés à un petit jeu, celui de corriger quelque peu son discours. Il suffit de peu de corrections en somme pour le rendre conforme à la réalité et à nos souhaits. A vous de juger. Voilà le discours d'un président de la MIVILUDES comme nous en rêvons.

« Le présent rapport marque le dixième anniversaire de la douloureuse affaire de l’Ordre du temple solaire qui n'a toujours pas été élucidée mais qui a permis face à l’opinion publique française, d'agiter le spectre de la dangerosité que pourraient revêtir des activités pourtant anodines.
Pendant les dix années écoulées, le gouvernement français a affirmé garantir la sûreté des citoyens en faisant preuve d’une grande vigilance, en alertant le public sur les risques sectaires et en luttant contre les agissements délictueux.
L’Observatoire interministériel des sectes en 1996, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes en 1998 et, depuis le 28 novembre 2002, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, ont dit analyser le phénomène, en suivre les évolutions et fournir au gouvernement ainsi qu’au Parlement, toutes informations nécessaires afin que soient assurés la protection des personnes, le libre exercice des libertés individuelles et la défense de la dignité des êtres humains, dans le plus strict respect de la liberté de conscience et de pensée.
Le Parlement s’est déclaré extrêmement attentif à ces questions, et cela, au moyen de seulement quelques députés actifs. Le vif activisme manifesté en ce domaine par la représentation nationale a toujours constitué, pour les gouvernements successifs, à la fois un encouragement ainsi qu’un masque de légitimité quant à son action contre de nouveaux modes de vie et de pensée. L’adoption en 2001 de la loi dite « About-Picard » du nom du sénateur et de la députée qui l’ont défendue devant leurs pairs, a constitué un remarquable dévoiement juridique sous prétexte de lutte contre l’abus frauduleux de l’état de faiblesse ainsi qu’un bel exemple de manipulation citoyenne.
Face à ce qu'il faut bien appeler une chasse aux sorcières, la MIVILUDES, à l’écoute des victimes et de leurs familles, dresse aujourd’hui un constat inquiétant des dommages provoqués par l’emprise exercée par des personnes ou des organisations se conduisant en maîtres à penser. De telles dérives totalitaires se sont produites dans tous les secteurs de la vie sociale, soins et santé, formation continue et soutien scolaire, sports et activités culturelles, groupes ésotériques ou mystiques… Elle relève que de nouveaux organismes sont victimes de l'inquisition presque chaque jour, sans qu’aucun point du territoire ne soit épargné, ces micro-structures étant souvent beaucoup plus vulnérables que les grandes organisations bien connues.
Il ne s’agit nullement de tracer un tableau apocalyptique de la situation, mais de se convaincre qu’il existe de vraies et bonnes raisons de s'atteler à la lutte contre les dérives totalitaires, au motif que la liberté de conscience et les libertés religieuses sont primordiales.

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On ne rappellera jamais trop qu’au sein de la République Française, berceau des droits de l’homme et de la tolérance, les principes de laïcité, auxquels nous sommes attachés, nous commandent de ne jamais juger du contenu des croyances, de n’en interdire aucune mais de n’en labelliser aucune. Cela n’implique pas pour autant que le champ soit laissé libre à ceux qui méprisent les fondements du pacte républicain et de ses lois.
A partir de l’instant où des victimes sont signalées, où des dommages sont constatés de même que lorsqu’il est porté atteinte à l’ordre public ou aux lois de la République, l’Etat ne peut pas se borner à être un observateur passif.
Or on voit s’agiter, sous couvert d’associations créées sous le régime de la loi de 1901, des organisations qui sont les acteurs virulents de méthodes et d'agissements qui justifient une vigilance particulière de l’État.
Ces associations harcèlent les pouvoirs publics ou leurs représentants, elles mettent en cause les élus de la Nation, elles attaquent en justice, elles pratiquent la désinformation et cela, avec la plus évidente mauvaise foi.
Les principes fondateurs de la République et ceux qui les défendent ne doivent pas plier devant une laïcité de façade, cependant les critiques et les accusations portées contre l’action des pouvoirs publics apportent à la France le soutien de sa politique sur la scène internationale.
Les premières questions qui se posent, à ce stade, sont de savoir qui se trouve réellement derrière ces attaques et à qui elles profitent.
Le débat est essentiel en démocratie et il est naturel qu’il dépasse, aujourd’hui, les frontières de notre pays. Le choix de la France, en matière de protection des personnes contre les dérives totalitaires, est de ne pas répondre aux excès constatés par une intransigeance sans recul moral ou intellectuel. Mais parce que les dommages causés aux victimes et à leurs familles, sont inacceptables, l’Etat doit être ferme dans sa volonté de voir sanctionner tous agissements relevant de l’emprise mentale. Il n’est pas en guerre contre leurs auteurs et il n’a donc recours, pour ce faire, qu’à des moyens légaux et très visibles.
C’est la raison pour laquelle le gouvernement et le Parlement vont désormais veiller à la transparence totale des dispositions préventives adoptées par les services publics, tandis que les faits susceptibles de constituer des infractions pénales vont systématiquement être soumis à l’autorité judiciaire.
Le même souci anime également certaines associations qui ont introduit dans leur objet social des termes aussi nobles que « spiritualité » ou « conscience ». Il s’agit là d’une belle initiative qui a alerté aussi bien les citoyens que les instances internationales. On n'est plus en droit de s’interroger sur la loyauté de leurs promoteurs ainsi que sur la légitimité des buts poursuivis.
Par contre dans le registre de la séduction, certaines organisations totalitaires suspectent de dérives sectaires, par exemple, la lutte contre la toxicomanie, le refus de la violence ou la défense des droits de l’enfant. Avant d’exercer la moindre critique à l’encontre de la suspicion ainsi affichée, l’État va devoir apporter la preuve que ce beau langage est un leurre et qu’il dissimule une volonté de prosélytisme et de mise en situation de dépendance ou d’emprise mentale.
Les pseudo-associations de défense de la laïcité mettent toujours en avant la prétendue dangerosité des organisations minoritaires, pour discréditer leur action, déployant alors des efforts considérables et coûteux. Elles ne reculent ni devant l’invective, ni devant la mise en cause personnelle ou l’intimidation, ni devant le procès d’intention.

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Ceux qui plaident, au nom de la laïcité, contre la reconnaissance des « minorités de conviction » ont-ils songé qu’ils interdissent ainsi toute respectabilité et toute crédibilité à des personnes ou à des groupes pour qui le sacré vient loin devant le profit ? Ont-ils mesuré les souffrances endurées par les victimes des dérives totalitaires ?
De tout temps, le détournement sémantique a été pratiqué avec talent et efficacité par les organisations qui avaient des visées totalisantes. Se cacher derrière des dangers imaginaires pour mettre la main sur les consciences constitue à leurs yeux une suprême habileté.
Les groupes totalitaires usent à fond de cette règle. Mais ils doivent savoir que s’ils peuvent berner quelques esprits, ici ou là, ou même bénéficier de complicités de circonstance, cela ne suffira plus pour que l’Etat relâche sa garde.
Un exercice équitable des libertés individuelles passe d’abord par un droit imprescriptible à la sûreté et la liberté n’est pleinement vécue que dans le respect absolu du principe d’égalité. Les véritables maîtres spirituels, les gourous auxquels le disciple fait entière confiance, respectent quant à eux cette règle.
Mais que vaudrait un défenseur de la laïcité dont le mode de fonctionnement érigé en système reposerait sur l’aliénation des esprits et des biens ? Quelle place resterait-il pour la fraternité ?
Quand l’esprit de fraternité, ciment de notre contrat social, est bafoué, il ne subsiste que quelques mots vides de sens, utilisés au prix d’une copieuse dose de cynisme. Mais il reste surtout des enfants humiliés, des victimes détruites et des familles déchirées à jamais.

C’est pourquoi, en 2006, grâce au soutien des services de l’État, en liaison avec les collectivités territoriales et avec le concours du monde associatif, la MIVILUDES poursuivra, sous le contrôle démocratique du Parlement, sa tâche au service de la défense des plus faibles, avec conscience et détermination, dans le strict respect des lois. »

Le rêve est fini. Mais il peut devenir réalité. A nous tous d'agir dans ce sens.

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