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ÉDITORIAL - JUIN 2006
 

 

Fin de Règne

Fin de règne, voilà les termes souvent utilisés pour qualifier la période que nous vivons, nous en France. Scandales à la Une et impuissance du pouvoir. Quand l'autorité centrale se délite, les potentats locaux s'émancipent et cherchent à se tailler un territoire à leurs ambitions. Est-ce pour cette raison que Mme Catherine Katz, secrétaire générale de la MIVILUDES, assistée de M. Christian Bonnet, policier et conseiller à la MIVILUDES, sont allés prêcher la bonne parole, leur bonne parole, à Prague et à Bratislava, villes de l'ex bloc soviétique ?

Sur un sujet aussi sensible que la politique de la France à l'encontre des minorités religieuses, politique qui a valu à notre pays de nombreuses critiques de la part des autres pays occidentaux, et également des condamnations, il apparaît très étonnant que des fonctionnaires jouent les commis voyageurs auprès de responsables étrangers, comme l'avait fait Alain Vivien, alors président de la MILS, en se rendant en Chine pour apporter un " soutien français " aux autorités chinoises dans leur lutte idéologique contre les groupes minoritaires là-bas aussi qualifiés de " sectes ". Leur ministre de tutelle, M. de Villepin, et le Quai d'Orsay étaient-ils au courant ? En tout état de cause, une femme magistrat et un policier, voilà de quoi conforter nos interlocuteurs dans l'idée que l'attitude de la France envers ses minorités religieuses est foncièrement une attitude répressive.

Sur ce point fondamental de la Liberté de Conscience, il nous faudra aussi interroger les futurs candidats à la présidentielle. Voudront-ils continuer la politique liberticide qui a été la règle jusqu'à ce jour ? Ou bien prôneront-ils de revenir à l'esprit de notre Constitution qui garantit une totale liberté religieuse?

Cette question est d'importance, et nous concerne au premier chef. Mais elle n'est pas la seule. En France les problèmes se rajoutent aux problèmes, et aucun d'entre eux n'a de solution évidente. Et pire, ce qui apparaît comme la solution à l'un d'eux, est en fait un facteur aggravant pour de nombreux autres.

Ainsi pour ce qui est de résorber le chômage. Les experts économistes proposent de relancer l'économie par une relance de la consommation. Oui, mais de quelle consommation parlent-ils ? Nous savons que la consommation de biens matériels est source de pollution. Avec l'augmentation des déchets et le réchauffement de notre planète, pouvons-nous encore nous permettre ce luxe ? Il y aurait bien la consommation de biens immatériels, ainsi la spiritualité et le développement personnel. Mais voilà, les citoyens que nous sommes, deviendraient de plus en plus autonomes et donc de plus en plus critiques et exigeants vis à vis des dirigeants politiques. Ils l'ont bien compris ceux qui qualifient les psychothérapeutes de porte d'entrée pour les " sectes ".

Et que dire du fameux problème des banlieues ? Comment intégrer des descendants d'immigrés issus d'une culture tellement différente de la nôtre? Est-ce seulement envisageable ? A ce jour, toutes les solutions mises en place ont échoué. Une loi sur le port du voile a été votée, mais les femmes voilées sont de plus en plus nombreuses. La pression policière est de plus en plus forte, et pourtant les délits sont de plus en plus nombreux. Et la répression n'est pas davantage envisageable, à moins d'accepter un bain de sang et la paix des cimetières.

Alors que faire? Intégrer une population culturellement différente nécessite bien sûr un effort d'adaptation de la part de celle-ci. Mais une ouverture d'esprit, le sens de la tolérance, une écoute empathique de la part de la population et des autorités en place sont tout aussi nécessaires. Et là, à l'évidence il y a un problème. Songeons donc à ces membres de minorités spirituelles, religieuses ou thérapeutiques qui un jour se sont trouvés mis à l'index, discrédités, privés de revenus. Et pourquoi? Les uns pour avoir découvert les bienfaits de la méditation à l'orientale, les autres pour avoir appris d'autres manières de prier, et aussi avoir trouvé la guérison au moyen des médecines parallèles. Quand des français excluent des personnes sous prétexte qu'ils pensent différemment, comment imaginer qu'ils puissent accepter l'intégration de personnes de culture totalement différente?

Soyons simples et clairs. Il n'est pas envisageable d'intégrer une nouvelle population telle celle des banlieues sans au préalable accepter tous les citoyens quel que soit leur mode de pensée. Rétablir les minorités de conviction dans leurs droits et leur dignité, voici le premier pas indispensable pour résoudre le problème des banlieues.

Fin de règne, oui assurément ! Début d'une nouvelle période? Nul ne peut le savoir encore. Seul la personnalité des prochains candidats à la présidentielle et leurs engagements formels pourra fournir une indication.

Alors quelles qualités devra avoir le prochain Président de la République française? Brillant économiste ? Bon gestionnaire ? Brillant stratège ? Un peu tout cela, mais aucune en particulier, car ces qualités-là sont nécessaires pour les membres du gouvernement. Le rôle d'un président est bien différent, celui de présider bien sûr, mais surtout d'incarner l'âme de la nation française, et en premier les valeurs démocratiques et éthiques. Ainsi rappellerons-nous la valeur première qui nous importe, celle de la liberté de conscience bien mise à mal aujourd'hui: que chacun puisse vivre ses croyances sans être inquiété en aucune façon. Ensuite, pour garantir cette liberté de conscience, nous réclamons le respect de la présomption d'innocence et du droit à nous défendre : assez de ces affirmations gratuites et des procès d'intention par lesquels les minorités de conviction sont lynchées médiatiquement sans pouvoir se défendre et se justifier en aucune façon. Enfin nous rappellerons le droit à informer sans contrainte, droit qui nous est refusé en permanence: parce que sans ce droit, rien de ce qui précède ne pourra être réalisé.

Il est clair que nous, minorités de conviction, nous prêterons une attention particulière aux engagements des candidats au poste suprême quant à ces valeurs démocratiques fondamentales. Seuls ceux qui s'y engageront formellement auront droit à notre suffrage.

Paul Vinel

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