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ÉDITORIAL - AOUT 2006
 

 

Une nouvelle commission parlementaire

Après avoir été réclamée et annoncée depuis longtemps, voilà donc une nouvelle commission parlementaire à voir le jour, la troisième en 11 ans. Elle s'est donnée pour rôle d'étudier l'influence des sectes sur les mineurs.

Avant d'en parler plus longuement, faisons un petit détour bien inattendu et non dénué de sel.

« Depuis quelque temps, on parle beaucoup de la laïcité en France, peut-être même trop, car la grande majorité des citoyens de ce pays la tiennent pour un acquis définitif. Il ne faudrait donc pas que ce principe essentiel de laïcité, pour des raisons plus idéologiques que républicaines, devienne le fondement d'un intégrisme tout aussi dangereux que l'intégrisme religieux. Là encore, je pense que ce livre ["Secte" sur ordonnance, auteur Serge Toussaint] met bien ce danger en évidence. Veillons donc à ce que la lutte contre les sectes ne devienne pas elle-même un vecteur de sectarisme! »

De qui est ce texte? D'un défenseur des minorités de conviction? Non, absolument pas. Il est de Mme JeannineTavernier, égérie de la lutte anti-sectes et ancienne présidente de l'UNADFI.

Et précédemment elle écrivait: « ... il a suffi qu'une commission parlementaire, ou plutôt quelques députés d'une commission, le [l'AMORC] mettent à l'index dans un rapport, pour que l'opprobre, relayé par l'emballement médiatique, devienne une condamnation publique. »

Oh combien sommes-nous d'accord avec Mme Tavernier! Pour une fois. Et combien voudrions-nous qu'elle dise la même chose de tous les groupements mis à l'index dans le trop fameux rapport de 1995, et pour lesquels l'opprobre, relayé par l'emballement médiatique, est devenu une condamnation publique. Alors à quand la réhabilitation pour tous?

En tout cas la prose de Mme Tavernier est d'une brûlante actualité, et nous recommandons sa lecture à tous les membres de la toute nouvelle commission parlementaire qui vient de voir le jour et qui est en charge d'enquêter sur l'influence des sectes sur les mineurs. « Veillons donc à ce que la lutte contre les sectes ne devienne pas elle-même un vecteur de sectarisme! »

Et veillons également à ce que quelques députés d'une commission ne jettent l'opprobre sur des groupements parfaitement innocents. De l'opprobre à la condamnation publique, il n'y a qu'un pas. Alors, pourquoi une telle commission parlementaire?

Pour nous, elle ne trouve aucune justification dans l'actualité.

Ainsi la MIVILUDES elle-même écrivait début 2005: « Toutefois, le nombre de mineurs en danger est relativement faible au plan national (une enquête a montré en 2003 que sur 54000 dossiers d'assistance éducative, seuls 192 présentaient un lien avec une problématique sectaire) ».

Et le 6 septembre 2005 à l'Assemblée Nationale, le Premier Ministre déclarait: « Les cas de maltraitance physique ou psychologique de mineurs en relation avec l'appartenance d'un ou des parents à un mouvement dit sectaire sont exceptionnels. »

La création de cette commission parlementaire est d'autant plus ridicule qu'il existe bien d'autres préoccupations autrement plus gravissimes concernant les jeunes. En permanence les voitures flambent dans les banlieues, la délinquance juvénile est en hausse constante. La consommation des drogues explose: cannabis (26% des filles et 38% des garçons), cocaïne (1,1% des filles et 2,0 des garçons), champignons hallucinogènes (2,0% des filles et 4,9% des garçons). Egalement le taux de décès par suicide est de 11% entre 15 et 19 ans, et de 17% entre 20 et 24 ans. Chiffres à comparer avec un taux de 2% pour l'ensemble de la population.

Les raisons pour créer une telle commission sont donc à chercher ailleurs. Un élément de réponse est donné par la réponse de M. Fenech, président de cette commission, à la question d'un journaliste: « Sans vouloir m'avancer sur les conclusions de nos travaux, je pense au problème de la prescription: on peut imaginer de la faire partir le jour de la majorité de l'enfant. Se posent aussi les problèmes du secret médical et du contrôle d'obligation d'enseignement et de scolarité. » Ce qui intéresse en priorité le président de la commission est l’enfant après sa majorité pour tenter de multiplier les plaintes contre les mouvements.

La stratégie du lobby est donc claire: créer un sentiment de panique et d'urgence dans l'opinion publique en vue de proposer et de faire voter un certain nombre de lois liberticides. Rajouter de la pression sur les membres des minorités de conviction. Contrôler davantage le secteur médical et celui de l'enseignement.

Et voilà quelques-unes des déclarations faites le 28 juin lors de la mise en place de cette commission parlementaire. A chacun d'en juger.

Déclaration de M. Olivier Jardé de l'UDF: « C’est pourquoi, bien qu’aucune action, en la matière, ne puisse être définitive ni suffire à résoudre un problème aussi grave – on ne peut malheureusement espérer un grand soir des sectes, permettant de régler la question une fois pour toutes. » S'agit-il d'un nostalgique de la Saint-Barthélémy? Une telle déclaration a de quoi faire froid dans le dos.

Déclaration de Martine David: « Il faut donc renforcer la publicité et rendre aisément accessible la liste des organisations présumées sectaires ». Rappelons qu'une circulaire de M. Raffarin demande la fin des listes de groupes sectaires. Présumées sectaires, nul besoin de preuves, la présomption suffit. Nous qui croyions en la présomption d'innocence!

Mme David, qu'en dites-vous?

Et nous nous devons de porter une attention particulière à la déclaration de M. Guy Geoffroy (UMP): « Nous signifions par là que nous avons conscience de la nécessité pour chacun de croire, [en une croyance religieuse] pourquoi pas en dehors des chemins de la République, mais sans contredire la vérité de la République. » C'est clairement affirmer le primat de la vérité de la République sur la vérité religieuse. Une remise en cause de la séparation des Eglises et de l'Etat? Le soi-disant danger sectaire ne serait donc qu'un prétexte fallacieux pour mettre au pas les religions, toutes les religions?

Nous voilà donc avertis.

A nous de nous taire et laisser faire ? Mais alors personne n'aura à se plaindre des conséquences pour lui, ses proches, ses amis.

Nous avons aussi la possibilité de faire savoir qui nous sommes réellement, sans violence, mais sans faiblesse.

Parce qu'il faut le dire haut et fort, l'enseignement public dit laïque n'est pas un modèle de réussite.

Violence à tous les étages.

Mais ce ne sont pas nos enfants qui incendient les voitures, violent et commettent des délits atroces, se shootent de toutes les manières. Non, mais bien au contraire, nos enfants à nous deviennent des adultes responsables et intégrés. Si une solution doit être trouvée à la crise de la jeunesse, c'est chez nous, dans nos méthodes d'éducation qu'il convient de la chercher.

Voilà ce que devrait conclure le rapport de cette commission parlementaire si celle-ci menait ses travaux avec sérieux et impartialité. Mais au vu de la liste de ses membres, son président et son rapporteur, tous des vieux militants contre les minorité de conviction, l'espoir est autant dire nul.

Amitiés,

sun
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