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EDITO CAPLC - Octobre 2006
 


Ils sont parmi les plus critiqués, les plus vilipendés et les plus discrédités en France. Leurs manifestations, leurs rassemblements, sont l'occasion des gros titres par les médias qui les filment, les analysent, les dissèquent, les stigmatisent enfin. Et les activistes antisectes d'en profiter pour faire leurs commentaires hostiles.

Mais voilà ce que dit d'eux, le syndicat Action Police CFTC :

« Si tout le monde était Témoin de Jéhovah, nous policiers, nous serions au chômage. Nous comprenons mal la polémique autour du rassemblement des Témoins de Jéhovah au stade Bollaert à Lens (62). Vouloir interdire ce type de rassemblement pacifique est une très grave atteinte à la liberté de culte dans notre pays et une remise en cause très profonde de la loi de 1901 sur les associations. C'est la porte ouverte sur un clientélisme religieux et une inégalité de traitement entre les différentes confessions, notamment les trois grands monothéismes en France: Juifs, Chrétiens et Musulmans. C'est contraire au principe républicain d'égalité. Demain, en fonction d'Intérêts politiques personnels propres, on interdira à tels ou tels groupements religieux de se réunir, c'est inacceptable. »

Oui, c'est bien des Témoins de Jehovah qu'il s'agit. Et cette déclaration de la part de policiers en charge d'exécuter les diktats de l'Etat ne manque pas d'étonner. Mais voilà, les policiers, eux, au contraire des hommes politiques, se trouvent confrontés quotidiennement à la réalité de terrain. Ils constatent concrètement les différences entre de paisibles jehovistes, et d'autres manifestants ou des jeunes planqués derrière les fourrés qui les agressent à coups de pavés et de barres de fer. C'est que des pavés dans la gueule, ils en reçoivent les flics. Et ça leur fait autant mal qu'à d'autres. Et chacun de nous de comprendre dès lors où va leur sympathie.

Mais d'autres, semble-t-il, n'ont pas les mêmes points de vue. Ceux-là ne connaissent que la violence des mots et pour eux les sectes, toutes les sectes, restent le danger majeur.

Ainsi dans la revue Communes n°458 de mai 2006, revue qui s'adresse aux maires de France, dans une série d'articles, ils tentent de faire croire à un danger grave, et, la fin justifiant les moyens, n'hésitent pas à piétiner même les principes fondateurs de notre république. Ainsi un auteur « bien intentionné » qui signe seulement de ses initiales, MV -prudence oblige- cet auteur donne quelques conseils judicieux aux maires pour contourner les lois et s'opposer à l'implantation et aux activités de groupes religieux dans leurs communes. « Empêcher une réunion publique sectaire », « gêner l'implantation d'un groupe sectaire sur le territoire de la commune », « lutter contre le prosélytisme », voici les thèmes développés dans cet article.

Nous pouvons y lire concernant la location de salles: « son seul moyen d'agir [pour le maire] reposera sur le trouble à l'ordre public et aux règles d'hygiène et de sécurité.... Afin d'estimer ce risque, il pourra être tenu compte de la réaction des associations et des habitants, dont certaines peuvent être animées par des élus sensibles à ce type de problématique. » En clair, même s'il n'y a pas de véritable risque de trouble à l'ordre public, l'intervention judicieuse d'un groupuscule antisecte permettra opportunément de créer ce risque et de s'opposer ainsi à une location de salle. Pas de risque? Pas de problème? Qu'importe! Créons le problème.

Egalement, si un groupe religieux projetait de s'implanter dans une commune, « différents obstacles pourront se dresser face à la volonté des dirigeants de la secte... les terrains visés par la secte pourront faire l'objet du droit de préemption urbain... le permis de construire pourra être refusé... Face aux initiatives des sectes, le maire dispose d'une palette d'actions légales destinées à protéger les populations et la tranquillité publique ».

Voilà pour la tranquillité publique, l'argument ultime.

Quant à vouloir informer sur ses activités, un groupe religieux constatera vite qu'il n'est pas au bout de ses difficultés. L'auteur de l'article suggère aux maires de nombreuses pistes pour s'opposer au « prosélytisme », ainsi: «sanctionner les entorses aux règles encadrant l'affichage dans les lieux publics... limiter les opérations de colportage.... »

Et dire que la France proclame partout que la liberté de culte et de religion est totalement libre. C'est en tout cas le message officiel. Mais voilà, certains fanatiques s'acharnent à ce que la réalité soit très différente.

« Si tout le monde était Témoin de Jéhovah, nous policiers, nous serions au chômage. » Ce qui est vrai pour les Témoins de Jehovah, est vrai également pour toutes les minorités de conviction, parce que toutes mettent en oeuvre les moyens pour sauvegarder la paix sociale.

Malheureusement, la paix sociale n'est pas la priorité d'une minorité d'activistes qui cherchent par tous les moyens à empêcher le pluralisme des croyances et des modes de vie. Et sous prétexte d'une soi-disant dangerosité vrtuelle, car elle n'existe que dans leur esprit torturé, ils mettent tout en oeuvre, y compris le détournement des lois françaises à leur profit, pour s'opposer à la liberté d'action des minorités de conviction. Pour eux, sans l'ombre d'un doute, mieux valent des pavés dans la gueule des flics, plutôt qu'une société respectueuse des croyances plurielles de ses propres citoyens.

A ceux-là, nous leur rappelons l'article 10 de la Charte des Droits Fondamentaux européenne au sujet de la liberté de pensée, de conscience et de religion:

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.

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