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CAP Liberté de Conscience - novembre 2010

Maltraitez-vous vos enfants ? Petite revue de presse
par Gilles Carat

 

 

Pour qui n’y prend garde, les leaders de la chasse aux sorcières française (une spécialité nationale) ne restent pas inactifs, se répandant sur les ondes et dans la presse, définissant et redéfinissant la réalité avec autorité pour mieux diaboliser les groupes, pratiques et pensées qui les dérangent (qui dérangent leurs propres choix idéologiques, en général minoritaires).

Ainsi, Georges Fenech, président de la Miviludes, a profité d’une promotion médiatique organisée par radio Vatican, dans laquelle il affiche sans vergogne une logique tout à fait ahurissante :

Radio Vatican , interview de Georges Fenech le 15 octobre 2010

... « Nous avons fait un constat, c'est que de nombreux enfants, adolescents, sont piégés dans des organisations à caractère sectaire, parce que leurs propres parents en font partie et donc il fallait donner des instruments à tous les professionnels de l'enfance qui agissent sur le terrain pour identifier cette maltraitance psychique… »

« Comment définit-on les dérives sectaires ? Nous n'avons pas de définition, ni d'une secte, ni d'une dérive sectaire »

« Nous recevons des signalements, des plaintes de famille, et nous saisissons la justice quand c'est nécessaire »

« D'après nos estimations, nous estimons qu'il y a cinq à six cent mouvements ou pratiques qui posent difficulté au regard de la loi. »

« On est sur des bases qui peuvent toucher peut-être 10 millions de français. »

Le but est donc d’impliquer les « professionnels de l’enfance » dans la traque à la maltraitance psychique. Encore une fois, M. Fenech fait ici la promotion d’une logique de liste, en contradiction avec les recommandations de son « employeur » (le Premier Ministre), et il nous assène des chiffres invraisemblables. Décidément, M. Fenech est fâché avec les chiffres (manque de suivi scolaire dans son enfance ?). Lors de la Commission Parlementaire sur les enfants en danger sectaire qu’il présidait (été 2006), il avait bien apprécié que l’un des témoins évoque « 1 million d’enfants esclaves, martyrs » - il lui avait même demandé de revenir témoigner sous une autre casquette. Le 26 mai dernier il affirme dans La croix que « 2 millions de Français sont de fait exposés à un risque d'emprise mentale » dans le domaine des psychothérapies. Ici, ce sont 10 millions de français touchés potentiellement par le phénomène des « maltraitances sectaires ». Cette arithmétique et ces affirmations extravagantes sont tout à fait caractéristiques des techniques de propagande.

Comment peut-on arriver à un tel chiffre ? On comprend mieux lorsqu’on lit le Guide pour la Protection de l’Enfance publié par la Miviludes en octobre dernier. En effet, ce guide énumère les indices permettant de soupçonner une maltraitance ou une emprise indue sur un enfant ou un mineur.

Exemples choisis :

Les parents associent-ils une idéologie au régime alimentaire de leur enfant ?

Ce régime implique-t-il la suppression totale de certains aliments pour des raisons non médicales ?

Facteur aggravant : la situation d’emprise de son entourage

Les deux parents sont-ils adeptes ?

D’autres membres de la famille adhèrent-ils au mouvement ?

Notons que l’on parle ici de « mouvement » et non de pratiques particulières, ce qui dénote un retour à la logique « d’étoile jaune » qui prévalait en France à la fin des années 90. Mais si vous avez des idées particulières sur la nourriture, alors il y a de grands risques que vous « maltraitiez » vos enfants. Et si on les incite à prier, alors c’est probablement une maltraitance avérée. Et si vous obligez l’enfant à apprendre ses tables de multiplications à l’école, c’est quoi ?

Autres indices d’emprise :

L’adolescent a-t-il brusquement changé de comportement voire de tenue vestimentaire ? Par exemple, se mure-t-il dans le silence alors qu’il était ordinairement volubile ?

Remet-il systématiquement en cause le contenu de son enseignement scolaire à l’aune de théories « totalisantes » et exclusives ? Devient-il sujet à l’absentéisme scolaire ?

Est-il plus demandeur d’argent de poche ?

Ses changements comportementaux importants coïncident-ils avec la rencontre d’un adulte à l’occasion d’un stage, d’une activité bénévole, associative ou sportive ; ou son intégration dans un nouveau groupe d’amis, sans lien avec ses fréquentations habituelles ?

On connaît en effet beaucoup d’adolescents qui ont une fâcheuse tendance à changer de tenue vestimentaire, demander plus d’argent de poche et qui changent de groupes d’amis. Certains ont même l’outrecuidance de sécher les cours. Effectivement, avec ce genre de critères, on peut arriver à 10 millions de français menacés par le risque sectaire.

Selon la nouvelle logique, il faut donc dorénavant « agir en amont » et ne pas attendre qu’il y ait des faits avérés. En effet, sur RTL, à l’émission « l'heure du crime » du 15 octobre 2010 , M. Fenech enfonce le clou :

« La société ne remplit pas son devoir. C'est un devoir d'ingérence. Il faut aller dans la sphère privée pour voir ce qui se passe. »

« La situation la plus douloureuse, c'est lorsque les parents appartiennent à la communauté parce que les enfants vont naître dans la secte et ne vont connaître que la secte ».

Nous le voyons, nous avons en France des centaines de milliers d’enfants enfermés dans des vases clos. Mais si l’on dispose d’une liste desdits mouvements en vase clos (600 selon Georges Fenech, en augmentation constante), on sait alors où intervenir « en amont ».

Dans le JDD du 14 octobre 2010, on lit :

« Georges Fenech met en avant le "devoir d'ingérence" des professionnels, indispensable afin de "mieux agir" et de mettre "le plus précocement possible" les mineurs hors de danger.» source le jdd.fr

Enfin, dans le Figaro du 13/10/2010

Le journaliste : « Estimez-vous que ces professionnels ne sont pas assez formés? »

GF : « Beaucoup ne sont pas en mesure de détecter une souffrance psychique. Ils craignent par ailleurs, en pénétrant dans la sphère privée, de porter atteinte aux libertés, notamment de croyance. Ce guide veut faire tomber ce tabou et réveiller les consciences. Ces responsables ont un devoir d'ingérence dès qu'il y a un doute. »

Cela est tout à fait clair dans le récent Guide de protection de l’enfance de la Miviludes : « La dérive sectaire n’est plus conçue alors d’aval en amont mais d’amont en aval, certains indices concordants pouvant laisser penser que des risques existent pour l’enfant. »

Il faut donc « faire tomber les tabous » et sauver ces 10 millions de « soldats Ryan » français en danger, au-delà des lignes de la sphère privée.

Une liste de mouvements ou pratiques pour mieux « agir en amont »

Pour bien mettre les points sur les « i », sa consoeur en religion Catherine Picard, ex-députée et présidente de l’Unadfi, mène une campagne parallèle sur le même thème, avec beaucoup moins de gants.

A Libération le 14/10/2010, celle-ci affirme avec beaucoup de nuances : « Appartenir à un mouvement sectaire, c'est une forme de maltraitance. ». C’est le retour du fameux « délit d’appartenance » cher à JP Brard – et à certains régimes infâmes du XXè siècle.

Quels sont donc ces mouvements sectaires ?

Toujours selon notre spécialiste de l’Unadfi, il suffit de consulter la liste à paraître bientôt. Ainsi, dans l’émission ça vous regarde du 14 octobre sur LCP, elle dévoile le fond de ses pensées :

Le journaliste : « C'est vrai que dans le sujet précédent on voyait que cette liste, qui avait été une liste fondatrice en 1995, a été cassée en 2005, plus question… »Catherine Picard : « Elle n'a pas été cassée, on n'annule pas un rapport parlementaire. »

Le journaliste : « Non mais en tout cas il y a une polémique sur le fait qu'on refasse une liste des mouvements sectaires qui permettait de savoir un peu qui était qui... »

Catherine Picard : « Parce que vous croyez qu'on ne la fait pas (la liste ndlr)?

Ainsi donc, après la carte des sectes concoctée par la Mairie de Paris, il y a bien une «liste des sectes » en gestation, en vente prochainement dans les kiosques. On y inclura tous les nouveaux sujets, comme les psychothérapies, l’alimentation naturelle, etc., ce qui permettra d’étendre la liste régulièrement. Les « professionnels » verront ainsi leur travail de prévention « en amont » facilité.

En conclusion, vous maltraitez vos enfants sans le savoir, et eux-mêmes s’en doutent encore moins : il faut donc que la société intervienne. Pour cela, une carte des « groupes maltraitants » sera publiée afin de ne pas perdre de temps.

Tout cela revêt un parfum de logique totalitaire – pardon, « totalisante » selon la phraséologie Miviludienne. La stratégie de communication, qui relève techniquement de la propagande militaire, consiste à répéter à l’infini des contrevérités pour modifier la perception de l’environnement par la population et, à la faveur du choc émotionnel, préparer ainsi « l’opinion publique » à des solutions extrémistes que cette même population aurait réprouvé, eut-elle considéré la situation d’un point de vue rationnel en mesurant toutes les conséquences de ces mesures.

Il faudra donc continuer à dénoncer ces discours de type circulaire fortement liberticides et mettre en lumière les dérives de la police de la pensée.

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