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 ENQUÊTES

 


L’autre face du député Fenech


Quelle mouche a donc piqué le député Georges Fenech, président d’une récente commission parlementaire, laquelle vient de déposer pas moins de 32 amendements à la loi pour la protection de l’enfance actuellement en discussion au Parlement ? Ces amendements sont directement issus du rapport rendu par la commission, un rapport « affligeant et inquiétant à plus d’un titre » écrit le sociologue Jean-Paul Willaime, directeur de l’Ecole pratique des Hautes études (Réforme, 11-17 janvier 2007). Présentation tendancieuse, chiffres alarmistes, estimations fantaisistes en contradiction flagrante avec les statistiques des ministères concernés sont autant de marques du manque de rigueur de la commission qui n’a pas hésité à censurer les témoignages les plus dérangeants.

Dans ses propositions finales, la Commission présidée par Georges Fenech tire à boulets rouges aussi bien sur les psychothérapeutes, l’enseignement à domicile et les nouvelles spiritualités que sur les thérapies alternatives. Drôles d’amalgames et drôle de comportement, qui pourraient bien coûter au Président de la Commission plusieurs milliers de voix d’électeurs désireux de préserver les libertés fondamentales directement menacées par ses propositions répressives et arbitraires.

Qu’est-ce qui peut bien inciter une clique de députés à crier si fort « au loup » contre des groupes dont le seul point commun est leur non-conformisme par rapport à l’environnement socio-culturel dominant ?

Reconnu coupable d’ « injures publiques raciales »

Ancien substitut général à la cour d’appel de Lyon, Georges Fenech a du prononcer en décembre 1998 la dissolution du syndicat qu’il présidait, l’Association Professionnelle des magistrats (APM), suite à la parution de propos à connotation antisémite dans la revue du syndicat. L’auteur des écrits, Alain Terrail, ancien avocat général près la Cour de cassation et président d’honneur de l’APM, sera placé à la retraite d’office et condamné à une amende pour injures raciales. Prévenu en tant que directeur de la publication, Georges Fenech sera également reconnu coupable d’ « injures publiques raciales » mais il sera dispensé de peine. Après cette affaire, Georges Fenech fondera un nouveau syndicat dont il assumera la présidence, le Syndicat indépendant des magistrats.

A la même époque, la réputation du magistrat est mise à mal par une autre affaire : Georges Fenech, en tant que président de « l’Association internationale pour la démocratie » se rend au Gabon, en compagnie de douze autres délégués français, magistrats et avocats, pour surveiller le bon déroulement des élections présidentielles qui ont lieu le 6 décembre 1998. Cette mission, entièrement financée par l’Etat gabonais, intervient à l’initiative de l’avocat parisien et homme d’influence Robert Bourgui qui entretient auprès du président gabonais Robert Bongo des liens très étroits, qui feront peser sur la mission d’observation des soupçons de partialité. Le rapport de cette délégation française, dont la presse recevra une copie, conclut très favorablement sur le scrutin gabonais ayant abouti à la réélection d’Omar Bongo, au pouvoir depuis 31 ans.

Ces deux affaires coûteront à Georges Fenech sa nomination au poste de premier juge d’instruction à Paris pour lequel il était pressenti. Dans un communiqué publié le 9 décembre 1998, le ministère de la Justice précisera que « la tenue de propos à connotation antisémite dans la revue que dirige M. Fenech en tant que président de l’APM et les interrogations que suscite, au regard de la magistrature, sa participation à une mission non officielle d’observations des élections présidentielles gabonaises ont convaincu Mme le Garde des Sceaux de retirer sa proposition. »

Le don du marchand d’armes

Pour la troisième fois en deux ans le magistrat lyonnais va se retrouver mêler à une affaire délicate. En décembre 2000, les juges Philippe Courroye et Isabelle Prevost-Deprez enquêtent sur l’ « Angolagate », une affaire de vente illicite d’armes de pays de l’Est vers l’Angola. Les deux protagonistes de cette affaire sont l’intermédiaire franco-russe Arcadi Gaydamak et son associé au sein de la société Brenco, Pierre Falcone. Une information judiciaire est ouverte pour « commerce illicite d’armes, fraude fiscale, abus de confiance et trafic d’influence. » En épluchant les comptes de Brenco, les enquêteurs découvrent qu’en 1997, la revue de l’APM, alors présidée par Georges Fenech, a reçu un virement de 100 000 francs, ce qui correspondrait à 25 abonnements de 2 ans !

Pour sa défense, Georges Fenech dira qu’il ignorait tout des activités de Falcone. Des explications qui n’ont pas convaincu les magistrats instructeurs. En juillet 2001, il sera mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » et placé sous contrôle judiciaire. *** ***Une plainte de l’organisme de lutte antiblanchiment Tracfin sur les flux financiers de Brenco avait été classée sans suite en 1997 par un magistrat du parquet de Paris également…membre de l’APM.

La délégation conduite par Georges Fenech pour surveiller les élections gabonaises comprenait un avocat qui assure aujourd’hui la défense de l’un des principaux protagonistes de l’ « Angolagate ».

Tolérance zéro : ? …

Georges Fenech est un ardent défenseur du concept de « tolérance zéro », inspiré par la politique du maire de New York, Rudolph Giuliani. Il est même l’auteur d’un livre qui porte ce titre. Le principe est simple : aucun acte de délinquance ne saurait rester impuni. En janvier 2002, le rival de Georges Fenech à l’investiture du RPR dans la 11ème circonscription du Rhône s’étonnait en ces termes : « Il me semble que lorsqu’on se fait l’apôtre de la tolérance zéro, on se l’applique d’abord à soi-même. »

Pendant sa campagne des législatives de 2001, Georges Fenech s’était affiché avec le chanteur Jean-Luc Lahaye et l’ancien juge Voirain.

En février 2003, Jean-Louis Voirain, vice-procureur du parquet de Bobigny, a été mis en examen pour « recel de fonds provenant d’abus de biens sociaux, trafic d’influence et corruption » et écroué par le juge des libertés dans le cadre de l’enquête pour blanchiment dans l’affaire dite du Sentier, jugée à l’automne 2002. Deux chefs d’entreprise avaient mis en cause le magistrat de Bobigny qui aurait reconnu, lors de sa garde à vue, avoir perçu des enveloppes d’argent liquide et divers cadeaux. Jean-Louis Voirain était secrétaire général de l’APM, le syndicat fondé par Georges Fenech et avait également fait partie de la fameuse mission d’observation du scrutin présidentiel au Gabon.

Quant à Jean-Luc Lahaye, il a eu maille à partir avec la justice concernant sa boîte de nuit parisienne.

Une récente lettre de lecteur parue dans Lyon Mag de Janvier 2007 évoque d’autres amitiés particulières de Georges Fenech : Charles Debbasch, ancien doyen de l’université Lyon III, condamné pour détournement de fonds et en fuite au Togo. Le correspondant politique de Georges Fenech dans le canton de Mormant, Jean-Claude Pfeffer, également de Lyon III, a été mis en examen pour avoir encaissé sur son compte en banque des chèques destinés à l’Université. Et le nouvel attaché parlementaire du député n’est autre que le fils de Jean-Claude Pfeffer.

Tolérance zéro ….

Lorsque l’on évoque ces faits, Georges Fenech crie à la cabale socialiste. Et il enfourche aussitôt son cheval de bataille préféré. Sa commission d’enquête parlementaire, à partir d’un dossier vide, a accouché de nouvelles propositions législatives qui enfoncent un nouveau coin dans les libertés fondamentales, telles que le droit des parents à donner à leurs enfants l’éducation religieuse de leur choix ou la possibilité laissée aux parents d’enseigner eux-mêmes à leurs enfants les matières obligatoires ou de leur faire donner des cours particuliers (en France c’est l’instruction qui est obligatoire, pas la scolarisation).

Si tout cela n’était qu’un rideau de fumée destiné à protéger des intérêts particuliers, cet acharnement contre les libertés prendrait alors un sens nouveau.

 

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