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ENQUÊTES

 


Ordre du temple solaire :
l'enquête, ses zones d'ombre et la contre-enquête

nouvelles (septembre 2003)

Le 22 Septembre 2003 verra la réouverture à Grenoble du procès concernant l'Ordre du Temple Solaire. Si le verdict officiel du 25 Juin 2001 avait retenu l'hypothèse de suicides collectifs dans lesquels tous les membres impliqués auraient péri, une contre-enquête parallèle, menée par un proche de trois victimes et par quelques journalistes, présente une version très différente des faits.

Aux côtés de la famille de trois victimes, Christian Cotten président de l'association POLITIQUE DE VIE et Joel Labruyère, président de l'Omnium des Libertés, se sont portés partie civile pour protester au nom de tous les groupes qui ont subi une véritable " chasse aux sorcières " depuis 1995, date à laquelle un rapport parlementaire a établi une liste de mouvements déviants, surfant sur la vague médiatique de ces prétendus suicides collectifs.

(1) La thèse officielle

Rappel des faits

Dans cette affaire qui s'étale d' Octobre 1994 à Décembre 1995, on dénombre 5 massacres dont deux au Québec (Morin-Height et St Casimir), deux en Suisse (Cheiry et Salvan), et le dernier en France (St Chérenne près d'Autrans). Les victimes des quatre premiers, tous survenus en Octobre 1994, ont été retrouvées dans des chalets en feu, et celles du dernier (Décembre 1995) en plein air. La plupart des victimes ont été tuées par balle (sauf trois à l'arme blanche, visiblement non consentantes), ayant presque toutes absorbé de fortes doses de neuroleptiques. Le plus souvent, un sac de plastique avait été placé sur la tête après le décès, mais avant le déclenchement de l'incendie. Dans chaque cas, les corps étaient carbonisés. A Servan cependant, où le chef Di Membro est décédé, il n’y avait pas d’impacts de balles sauf sur deux victimes.

Selon une mise en scène constante, les corps étaient toujours disposés en cercle, dans certains cas vêtus de cape (une des victimes étant curieusement nue sous sa cape). Plusieurs enfants faisaient partie des victimes.

L'enquête officielle tente de démontrer d'une part que la doctrine professée par l'OTS pouvait comporter une notion de passage et de sacrifice, voire même une notion de cataclysme imminent, surtout dans les derniers écrits des maîtres à penser du mouvement, et que certains membres pouvaient adhérer en partie à cette vision, bien que le côté apocalyptique soit apparemment apparu peu de temps avant les drames.

D'autre part, en décryptant les faits et gestes de certains membres, elle fait ressortir tous les faits pouvant accréditer la thèse du suicide avec préméditation, sans l'aide de personnes extérieures, concluant que les exécutants du massacre avaient tous péri dans les différents drames. Elle ne nie pas cependant que certains membres ont été exécutés sans leur consentement, certaines victimes s'étant manifestement défendues avant de mourir et portant des traces de coups.

Le verdict du 25 Juin 2001

Dans ce procès, Michel Tabachnik, l'un des maîtres à penser du groupe, était le seul accusé. Il est relaxé dans les termes suivants :

" Le fait qu'il (Michel Tabachnik) ait accepté en la circonstance d'être le porte-parole des maîtres de la secte et d'engager ainsi son crédit peut s'expliquer autant comme la manifestation, en conscience du but criminel poursuivi, d'une volonté de sa part d'apporter un concours actif destiné à attribuer aux crimes à venir la portée symbolique recherchée que comme l'expression d'un souhait d'apporter son concours à une évolution du mouvement répondant aux conceptions personnelles qu'il avait exposées dans le texte 'Epiphanie 91'.

L'information et les débats n'ont pas permis de mettre en évidence d'éléments suffisamment probants, dépourvus de tout aspect hypothétique, pour pouvoir opter entre les deux termes de cette alternative.

Ce doute bénéficie au prévenu... Le tribunal...déclare Michel TABACHNIK non coupable des faits qui lui sont reprochés et le renvoie des fins de la poursuite."

(2) Six questions auxquelles
le premier procès n'a pas répondu :

Empreintes digitales

Alors que la plupart des faits matériels et l'état des corps sont examinés avec le plus grand détail, et qu'un certain nombre d'armes et d'outils ayant servi de façon conclusive à donner la mort aux victimes, avec ou contre leur gré, ont été retrouvées (batte de base-ball, couteaux, divers revolvers, bouteilles de gaz, boîtes de médicaments), le verdict ne comporte aucune mention d'empreintes digitales sur celles-ci, sauf sur un sac en plastique blanc, seule mention de toute l’enquête ! Donc soit :

1/ Il n'y avait aucune empreinte, ce qui indique que des précautions ont été prises pendant ou après les massacres pour ne pas pouvoir identifier les auteurs des assassinats.

2/ Il y en avait, mais qui appartenaient à des personnes non " suicidées " et consécutivement passées sous silence.

3/ Les enquêteurs ont systématiquement oublié de relever les empreintes digitales (!).

Idem pour les relevés de cheveux et matériaux génétiques, etc., qui sont systématiquement exploités de nos jours dans toutes les enquêtes criminelles et dont il n'est fait aucune mention.

Pourquoi une omission aussi généralisée de ces indices dans toute l'enquête, alors que les conclusions ne font état que d'hypothèses plausibles et non de certitudes absolues en ce qui concerne les auteurs présumés des assassinats proprement dits ? Vu que les corps étaient particulièrement carbonisés, est-on certain, par analyse d'ADN, de l'identité des victimes, en particulier de la présence en leur sein de leur chef Jo Di Membro ?

Les substances psychotropes.

L'une des premières questions que l'on se pose :

Les quantités très importantes de sédatifs, absorbées par pratiquement toutes les victimes, ont-elles été ingérées - ou injectées - avec le consentement desdites victimes ?

A aucun moment, l'enquête ne répond à cette question pourtant clé.

Les sacs en plastique sur la tête des victimes.

Le verdict se borne à constater la présence de ces sacs en plastique sur la tête de plupart des victimes, sans se demander s'ils avaient pour but d'étouffer les victimes ou une autre signification symbolique, ou pour empêcher les victimes de respirer des substances qui auraient pu indiquer qu'elles avaient été tuées sur un autre lieu ?. Il est constaté cependant que, dans la plupart des cas, ces sacs ont été placés sur les victimes déjà décédées par balles (souvent nombreuses sur une même personne).

Quelle était la finalité des sacs en plastique ? Pourquoi un nombre excessif de balles tirées dans la plupart des cas (jusqu'à 7 ou 8 dans la tête, de même que 50 coups de couteau sur une victime ?)

Des assassins suspects

Dans le dernier massacre du Vercors, les deux personnes présentées comme les exécuteurs se seraient suicidés en dernier. Outre qu’ils sont tombé par coincidence dans une position cohérente avec la mise en scène des corps, l’enquête conclut qu’ils sont morts avant le déclenchement de l’incendie du bûcher qui est censé avoir carbonisé les corps.

Qui a donc déclenché l’incendie dans ce dernier massacre ?

La présence de personnes notoirement non consentantes
présentes lors du rite de passage supposé.

Dans toutes les traditions spirituelles, les personnes accomplissant des rites ou actes de culte évitent la présence de personnes sceptiques ou non consentantes, en raison du climat résultant qui perturberait la cérémonie, et/ou à cause de la signification même de l'acte qui serait de ce fait entachée ou nullifiée. Des personnes sur le point de consentir à un sacrifice suprême ne prendraient pas le " risque " de dégrader par ces présences la valeur d'un acte extrêmement exigeant, et capital selon eux pour l'avenir de l'humanité.

Or, dans la plupart des massacres, certaines victimes n'étaient pas consentantes, leurs réticences ou divergences étant même connues des autres membres préalablement aux massacres. D'autres, ayant pris des distances de façon similaire avec les enseignements, ont déjoué une invitation ce jour-là, réchappant ainsi au massacre.

L'hypothèse qu'il s'agissait d'une punition pour ces dissidents potentiels ne colle pas avec l'exigence de " pureté " que s'attribuent certains membres dans des textes retrouvés, et du fait que les suicidés devaient se retrouver ensemble après la mort.

Pourquoi s'encombrer de dissidents pendant ces rites et dans cette nouvelle vie à venir ?

Pourquoi aucune allusion n'est faite au rôle joué par JM Abgrall

Alors que l'enquête du juge tente de répondre avec diverses précisions aux remarques et contestations de la partie civile, elle est muette sur le point concernant l'expert Jean-Marie Abgrall, qui aurait été présent sur les lieux du massacre de St Chérenne avant la police, sur la proximité surprenante d'une de ses résidences secondaires avec le lieu du drame et ses liens possibles avec des organisations templières concurrentes.

Le choix de Jean-Marie Abgrall comme expert dans ce procès est-il judicieux ?

La partialité et les opinions personnelles du juge exprimées dans le verdict

1/ Le juge qualifie la doctrine de l'OTS de " perspective illusoire d'atteindre par le moyen du sacrifice un état de surhumanité et de perfection " (bien que nous retrouvions là l'enseignement sur le sacrifice de Jésus-Christ, qui a été revécu et revendiqué des milliers de fois par d'autres chrétiens dans l'histoire, et en l'occurrence explicitement par certains membres de l'OTS ! ! !) croyances qui, selon le juge " n'ont pu être obtenues que par conditionnement ". Le juge traduit par là - sortant de sa fonction de façon inappropriée - ses opinions personnelles sur les croyances religieuses en général, proches des thèses des groupes anti-sectes.

2/ Bien que concluant à un suicide, il qualifie le groupe de fondamentalement criminel de par sa doctrine et ses croyances, ses simples membres ayant selon lui participé à une véritable association de malfaiteurs de par leur vision du monde, et non pas en raison de liens avec de vrais réseaux criminels.

3/ Plus loin, décrivant le fonctionnement d'une communauté de vie d'une trentaine de personnes de l'ordre, comportant un certain nombre de règles de vie similaires aux ordres de religieux chrétiens ou bouddhistes, avec probablement une moindre rigueur, le juge les qualifie de " pratiques totalitaires ", toujours en accord avec certaines thèses du rapport parlementaire, de la MILS ou de groupements anti-sectes qui disqualifient certaines pratiques suivies par les ordres religieux classiques, dès lors qu'elles sont adoptées par des religions ou spiritualités non majoritaires.

Constatant qu'un certain nombre de conclusions résultent de la plus grande probabilité d'une hypothèse sur une autre, et que toutes les hypothèses avancées n'ont manifestement pas été menées jusqu'au bout, les opinions et croyances du juge, qui transparaissent dans le verdict, ont-elles pu influencer sa conviction intime ?

Incohérence de la sentence concernant Michel Tabachnik

Si l'OTS est qualifié par le juge d'association de malfaiteurs, à visées criminelles, comment Michel Tabachnik, auteur de certains textes, co-célébrant de rituels avec le grand maître réel Jo Di Membro et avouant de surcroît qu'il était conscient de certains mensonges visant à manipuler les membres, peut-il ne pas être considéré comme complice ?

Pourquoi le fait que le pharmacien qui a vendu les médicaments et certains instruments de plusieurs massacres était membre de l'OTS est-il passé sous silence ?

(3) La contre-enquête

Développée un proche de trois victimes, par quelques journalistes, par Christian Cotten et Joel Labruyère, partie civiles, et par certains journaux tels VSD, une contre-enquête s'est poursuivie en marge du procès officiel, apportant de nombreux arguments et éléments supplémentaires qui contredisent les conclusions du procès de 2001.

Quelques faits troublants

L'origine des médicaments utilisés

Le même pharmacien qui a vendu les produits ayant servi à plusieurs massacres selon l'enquête serait membre de l'OTS, mais il était " excusé " le jour du procès et a fait l'objet d'un non-lieu. Ceci est contradictoire avec la qualification de l'OTS d' "association de malfaiteurs " par le juge.

Toutes les douilles ayant servi à exécuter les victimes du Vercors n'ont pas été retrouvées.

Ceci tendrait à prouver que les victimes ont été exécutées en un autre lieu. Trois cadavres auraient eu des membres fracturés dans le transport.

La piste financière n'a pas été suivie

Les comptes australiens liés à l'Ordre n'auraient pas été inspectés.

La piste du foulard

Le foulard de l'une des victimes a été retrouvé sur un chemin que les victimes n'avaient pas emprunté. L'enquête imagine donc sans aucune preuve qu'elle avait du venir dans les parages " un autre jour ".

Des preuves auraient disparu avant même que l'enquête ne commence

La résidence de trois victimes auraient été " visitée " par des gens possédant les clés et se présentant comme des policiers, quelques jours avant que les corps des victimes du Vercors ne soient signalés, et auraient emporté des sacs de preuves, notamment concernant le policier " exécuteur ". Ceci démonterait que des personnes extérieures étaient au courant du massacre bien avant sa découverte officielle, sept jours plus tard.

D'autres observateurs affirment que des tracts appelant à des stages de l'OTS en face d'une caserne militaire de l'île du Levant auraient disparu de l'un des chalets ayant servi au massacre, pour dissimuler les liens entre l'OTS et certaines institutions militaires.

Une controverse sur des traces de phosphore

La thèse de la justice est que le phosphore présent dans le sol du Vercors, à l'endroit du massacre, pourrait provenir de la décomposition des corps, alors qu'une contre-expertise l'attribue à l'emploi possibles de lance-flammes de type militaires, arguant que la quantité de bois brûlée ne justifie pas la forte combustion des corps des 16 victimes.

Les victimes auraient été exécutées par les éléments
ayant des liens avec des services secrets

VSD, le 4 Septembre 2003, fait remarquer que la hiérarchie du policier LARDANCHET, témoin entendu après les premiers massacres et désigné comme exécuteur des victimes par l'enquête dans le dernier massacre du Vercors, ne lui a pas retiré son arme malgré son lien avéré avec l'OTS. Des témoins seraient en mesure d'affirmer que ce même policier avait eu plusieurs entrevues au Ministère de l'Intérieur dans les semaines qui ont précédé le massacre .

L'OTS aurait été utilisé, ainsi que d'autres organisations similaires,
pour transporter de l'argent sale.

Le meurtre des dirigeants de l'OTS aurait été organisé en représailles à des violations des " règles du jeu " des trafics d'argent sale. Des réseaux occultes d'acteurs politiques, membres de diverses sociétés ésotériques, elles-mêmes très directement impliquées dans l'appareil étatique français (Parlement, Gouvernement, Justice) feraient donc tout ce qui est en leur pouvoir depuis 4 ans pour étouffer cette affaire et empêcher que la vérité soit mise à jour. La justice française aurait alors mis en oeuvre une gestion de ce dossier aboutissant à une clôture récente et à la mise en examen de deux personnes en réalité assez peu concernées, aux fins de protéger des personnages beaucoup plus importants.

Demande d'enquête Européenne, indépendante des institutions françaises

Les associations POLITIQUE DE VIE et OMNIUM DES LIBERTÉS représentées respectivement par Christian COTTEN et Joël LABRUYÈRE, parties civiles au procès, ont demandé à la Cour Européenne des Droits de l'Homme de nommer dans les meilleurs délais une commission d'enquête internationale strictement indépendante des institutions étatiques françaises (législatives, exécutives et judiciaires) et des réseaux des sociétés ésotériques, notamment maçonniques, tant françaises qu'européennes, pour écarter toute interférence d'intérêts liés à des sociétés secrètes françaises lors de la procédure d'enquête.

Les enjeux du procès

L'enjeu de ce procès est donc particulièrement important pour la liberté de conscience menacée en France, sachant que des démarches ont déjà été entreprises à l'échelon de la justice européenne pour lancer une enquête indépendante des milieux politiques et ésotériques français, pour le cas où la nouvelle enquête française ferait preuve d'une opacité suspecte.

(4) Les précédents

La presse s'est faite l'écho de deux précédents similaires où la présentation publique de " suicides collectifs " masquait en fait des opération militaires de forces spéciales:

Waco : il s'agit de l'assaut d'agents fédéraux américains sur le ranch de Waco, siège de la communauté des Davidiens. Tout au long de cette affaire, des documents du ministère des finances, montrent que les agents ont menti dans leurs rapports, et que, en lançant 350 bombes à gaz par les fenêtres, en défonçant les murs de la maison avec des chars, en tirant - toutes choses qu'ils n'ont fini par avouer que très tard - et (peut-être) en lançant des grenades sur les fuyards, ils ont délibérément mis en danger la vie des occupants, qui comprenait de nombreux enfants, d'où l'hécatombe.
Une " enquête parallèle " a permis de dévoiler ces implications petit à petit.

Guyana : D'après les 39 000 pages de documents que le FBI a été obligé de publier à la suite d'une demande légale, le " temple du peuple " était en fait une branche respectée du protestantisme et fréquentée par des artistes et hommes politiques connus. Vers les années 78, il ressort qu'elle fut infiltrée par la CIA qui, dans le centre retiré de Guyana, faisait des recherches de contrôle mental avec les drogues, dans le cadre du programme MK-Ultra, utilisant la communauté de Jonestown à cet effet. Le député Ryan, un ennemi juré de la CIA, fut attiré dans un piège et périt avec l'ensemble de la communauté. Suivant le médecin qui a procédé à l'autopsie des corps, la plupart sont morts par injection de cyanide, d'une balle dans la tête ou par flèche dans des positions et le meurtre ne faisait aucun doute.

9 septembre 2003

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