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ENQUÊTES

 

 

AFFAIRE L'ESSENTIEL
2003

" On vous veut pas ici... On va vous pourrir la vie "

Dans la psychose qui semble s'emparer de nombre d'élus, de services de police et de fonctionnaires à l'encontre de pensées ou pratiques hors normes, il semble y avoir curieusement un acharnement particulier sur les communautés agraires, particulièrement celles qui expérimentent d'autres modes de cultures et de relations à l'environnement.

Contrarient-elles des projets immobiliers ? militaires ? pharmaceutiques ?

La cabale et la répression gratuite qui s'est abattue sur une petite communauté, l'Essentiel, est des plus inquiétantes quant à l'instrumentalisation et le dévoiement de fonctionnaires et de policiers (y compris le GIGN !), à des fins manifestement inavouables.

Témoignage :

" Communiqué avant l'audience du 30 et 31 Octobre 2003
Une dizaine de babas cool (" secte dangereuse " selon la gendarmerie locale), comparaîtront les 30 et 31 Octobre prochain devant le Tribunal correctionnel de MILLAU pour des infractions dont la preuve résulte essentiellement d'aveux obtenus lors d'une garde à vue " musclée "...

Pour financer l'achat de bâtiments à la campagne qu'elle vient de faire en 1993, Magali GUERIN et Olivier MARTIN créent une association qui va louer des logements à diverses personnes voulant fuir la ville. C'est ainsi que dès 1993, un groupe de " babas cool " vit sur le Domaine de Terranova dans la région de MONTLAUR dans l'Aveyron, tous locataires. Haut de page

Dès le début, ils vont subir un véritable harcèlement de la Gendarmerie : surveillance quotidienne, convocations fréquentes, contrôles d'identité lorsqu'ils sortent de chez eux, visites chez des employeurs pour dénoncer que ceux-ci " seraient une secte ", interventions auprès des administrations et des services postaux, etc. Le but est clairement avoué : " ...On ne vous veut pas ici, on va vous pourrir la vie... "

Certes, le grand tort qu'ils ont est que 3 d'entre eux participent à l'élaboration, d'une revue l'Essentiel comportant des articles sur la santé, les plantes, etc. Bref, ces gens-là ne pensent pas " comme tout le monde "... Au bout de cinq ans, les gendarmes connaissent par cœur tous leurs faits et gestes, ainsi que leurs allées et venues, et savent surtout qu'ils sont totalement inoffensifs, et non violents.

Pourtant, le 21 novembre 2000, à 6h du matin, 60 gendarmes, dont des brigades d'intervention spéciales venues en renfort, vont arrêter une dizaine de personnes, dans des conditions de brutalité incroyables (jetés à terre en présence des enfants, pistolet sur la tempe, menottes dans le dos ; femme exhibée entièrement nue devant ses enfants), simplement, pour les entendre sur un prétendu travail clandestin, et une escroquerie, tout à fait théoriques d'ailleurs, puisque personne n'avait déposé la moindre plainte contre eux.

Toutefois, lors des gardes à vue, ils sont interrogés sur l'existence de Dieu, la définition de " prier ", et de manière systématique les gendarmes refusent de recopier leurs déclarations, en leur disant " ce qu'il faut déclarer, pour ne pas aller en prison... " L'un d'eux est même menacé d'une raclée ; et on va lui serrer les menottes dans le dos, au maximum, en les remontant vers les coudes (procédé mis au point par la Gestapo). Même l'avocat auquel ils avaient droit, à l'époque, à la 20ÈME heure, ne sera pas contacté au motif que " c'est inutile ". Mais, le " clou de la fête " est la déposition d'une femme de nationalité indienne, déclarant être manipulée par un méchant gourou. Malheureusement, cette femme, à cette époque, ne parlait pas un mot de français, ni même d'anglais. Peut-être étudie-t-on à la gendarmerie, l'urdu ou le sanskrit comme 2è langue...

Tout ce déploiement de force, plus un hélicoptère qui a tourné pour rien pendant des semaines au-dessus des maisons, a coûté extrêmement cher à la collectivité.

Aujourd'hui se posent plein de questions : Haut de page

Certains services tenteraient-ils de justifier leur existence, en constituant des dossiers de toutes pièces ?

- Le fait de penser autrement que les " braves gens " justifiait-il tout cet arsenal et le non respect des lois ?

- Existerait-il un projet immobilier que la présence de ces babas cool dérangerait ?

- Pourquoi n'utilise-t-on ces méthodes qu'à l'encontre de gens inoffensifs, et jamais dans des zones urbaines dites " sensibles " ?

Aucune réponse. Si ce n'est que deux d'entre eux, Olivier MARTIN et Magali GUERIN, ont été mis en examen, avec au départ la liste stéréotypée d'infractions utilisée dans toutes les affaires dites de sectes.

Ainsi il leur a été reproché un " abus de faiblesse ". Mais malgré leurs questions insistantes, personne n'a été capable de leur dire de la faiblesse de qui ils auraient abusé...

Magali GUERIN, enceinte au moment de l'arrestation, sera mise sous contrôle judiciaire, et assignée à résidence. Elle accouchera prématurément, et pendant des mois, n'aura même pas le droit de sortir de chez elle, alors qu'elle est mère de 3 enfants. Ses allocations familiales lui ont été supprimées. Toutes ses économies ont été confisquées par les gendarmes ! Tous deux, écrivains, se voient interdits d'écrire, dans le cadre du contrôle judiciaire ! En décembre 2001, la Chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Montpellier avait quand même levé les contrôles judiciaires qui duraient depuis plus d'un an.

Ayant désormais acquis la certitude que tout ce cinéma a été fait pour rien, 10 personnes ont déposé plainte entre les mains de Madame le Doyen des Juges d'instruction du TGI de MILLUA, pour actes de barbarie, discrimination, abus d'autorité, séquestration.

Dans un premier temps, celle-ci rend une ordonnance de non lieu, mais la Cour d'Appel de Montpellier réforme l'ordonnance, dit qu'il fut instruire et délocalise le débat en nommant un juge d'instruction de Montpellier...

Il faut savoir que dans de nombreux coins de France, des gendarmes ou des policiers se sont précipités avec en mains une liste stéréotypée d'une vingtaine d'infractions qu'il fallait absolument reprocher à de nombreuses minorités, et interrogeaient les gens qui, au départ, étaient littéralement présumés coupables.

On a ainsi interrogé des gens concernant des attouchements d'enfants, dans des groupes où il n'y avait jamais eu d'enfants... Haut de page

Et naturellement, dans la quasi-totalité des cas, la liste impressionnante au départ aboutissait à des non-lieu pour les 9/10 des actes reprochés. Mais comme dans la psychose de l'époque, il fallait absolument reprocher quelque chose, on finissait par trouver.

C'est pourquoi plusieurs d'entre eux, ayant fait, comme partout ailleurs, l'objet de non lieu pour la majorité de ce qu'il leur était reproché, comparaîtront les 30 et 31 Octobre devant le tribunal correctionnel de MILLAU, pour ce qui reste : escroquerie, travail clandestin, et défaut de permis de construire.

Il est par exemple reproché à quelqu'un qui n'a jamais ni rien obtenu, ni même rien demandé aux ASSEDIC, une escroquerie envers les Assedic...

Des faits similaires s'étant produits dans de nombreux coins de France, depuis 1995, sous le couvert hypocrite des Droits de l'Individu, ceux-ci ont été honteusement bafoués, ils ont fait appel à Me Joseph, l'avocat qui a obtenu, en République d'Haïti, en janvier 2001, l'acquittement du navigateur grenoblois, injustement accusé du meurtre de sa femme et auteur de l'ouvrage " les radis de la colère", révélant les véritables raisons de la persécution des minorités en France. "

Fin du témoignage

Le procès en première instance

Les 30 et 31 Octobre 2003, à Millau, dans un procès qui n'en a que le nom, le juge ne leur a pas laissé la parole, une des prévenue a même été obligée de hurler pour se faire entendre. La plupart des autres accusés n'ont pas osé intervenir tant la pression du juge était grande. D'après l'avocat, en d'autres lieux, le procès serait gagné, mais là, avec tant d'acharnement, il n'en sait rien.

Les accusations se dégonflent, de 21 chefs d'inculpation à un seul

Des 21 chefs d'accusations initiaux, il n'en reste qu'une seul l'abus de biens sociaux envers les autres membres de la communauté, à l'encontre de Magali Guérin et Olivier Martin. Un comble quand on sait que tous les autres membres étaient d'accord sur ces mouvements de fonds. Le procureur a requis 18 mois avec sursis, et 60 000 euros d'amende, mais ces peines ont été ramenées à 1000 euros pour chacun des détenus et 8 ou 10 mois avec sursis ! Les deux prévenus feront appel au tribunal de Montpellier, mais cela n'effacera pas plusieurs années de harcèlement abusif et le traumatisme de la communauté, tout particulièrement chez les enfants. D'autre part, le procureur lui-même fait appel pour peines trop faibles !

 

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