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ENQUÊTES

 


MIVILUDES : UN RAPPORT SOUS
INFLUENCE

Janvier 2004

Le premier rapport de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) publié en janvier dernier, a soulevé une vive émotion chez tous les défenseurs de la liberté de conscience, y compris dans des pays occidentaux voisins où un tel rapport est tout simplement impensable. Certes le ton dénote un effort appuyé pour faire oublier le dernier rapport de la MILS de 2001, d'un extrémisme si caricatural qu'une lecture au premier degré pouvait provoquer une véritable psychose chez plus d'un !

Mais l'analyse approfondie de ce nouveau texte, passées les premières déclarations d'allégeance aux droits de l'homme, fait apparaître plusieurs violations graves des règles sur lesquelles sont fondées nos sociétés démocratiques, ce qui est d'ailleurs salué par l'ADFI en ces termes : " [elle] se félicite des dix propositions d'action contenues dans ce rapport qui viennent relayer des demandes qu'elle formait pour sa part depuis plusieurs années", en particulier "l'amélioration des structures de repérage et diffusion des bonnes pratiques de soins ". Eloquent.

Un défaut de compétence, des sources non fiables

Le rapport affirme d'emblée que, les études de chercheurs existant sur les minorités de pensée ne lui convenant pas, il reprendra certains éléments des précédents rapports parlementaires ; on y retrouve en particulier dix fameux " critères de dangerosité ", alors que l'avocat strasbourgeois Laurent Hincker dans son livre " Sectes, rumeurs et tribunaux " démontre clairement qu'ils ne sont nullement spécifiques à des mouvements dits " sectaires ", mais qu'ils s'appliquent bien souvent aux institutions les plus respectables ! Consciente du problème, la Miviludes décide qu'elle se concentrera dorénavant sur certains des critères qui, à l'examen, ne sont pas à priori des délits pénaux mais ont trait aux croyances ou modes de vie, soulignant par là sa fonction première !

La vérité est que face aux mutations fantastiques de notre culture et de la conscience sociale, cette instance n'a ni l'intelligence ni la compétence pour analyser ces bouleversements, ayant elle-même écarté ceux qui étudient professionnellement le sujet, souvent depuis des dizaines d’années ! Privée de documentation adéquate, il est évident qu’elle s'appuie de façon (pré)-visible sur la littérature d'officines " anti-sectes " telles l'ADFI, tant les thèmes se ressemblent.Haut de page

Or, il a souvent été montré que la " documentation " de l'ADFI, pour ne citer qu'elle, est le plus souvent constituée de notes d'appels téléphoniques en provenance de particuliers, de conjoints en brouille ou de parents apeurés. L'ADFI se contente bien souvent de compiler et de prendre ces " signalements " pour argent comptant sans faire d'enquêtes, comme le reconnaissait Mme Tavernier, ex-présidente de l'ADFI, lors d'une émission télévisée sur France 3. Des élus en vue ont d'ailleurs fait les frais de ces documentations faussement officielles quand, devant se défendre lors de procès en diffamation, ils étaient incapables de produire la moindre preuve concrète de leurs accusations, plaidant alors qu'ils avaient été trompés de bonne foi !

On pourrait également revenir sur l'amendement Accoyer qui, selon Jean-François Mattéi, Ministre de la santé, répondait à la pression d'associations de " victimes ", démontrant par là une méconnaissance profonde des pratiques de l'activité psychothérapeutique.

Un contournement de l'autorité judiciaire

Présomption de culpabilité
Si le rapport témoigne d'un souci extrême de se couvrir juridiquement par des déclarations préliminaires répétitives sur le respect de croyances, etc., le texte tout entier est tourné vers la dénonciation à priori de pratiques pour " précéder la justice " (sic). On croit rêver ! Il y a là une véritable stratégie de contournement de l'autorité judiciaire.

Ainsi, l'étiquette de charlatan semble accolée à l'ensemble des médecines non-conventionnelles, de même qu'à la guérison spirituelle. Toutes ces étiquettes et accusations sont décrétées sans aucune procédure contradictoire, ce qui fait dire à certains observateurs qu'il y a usurpation de l'autorité judiciaire. Quand la MIVILUDES déclare de façon inacceptable que " les procédures judiciaires doivent être recherchées aussi dans des comportements non délictueux ", on pense au nouveau livre de Sophie Coignard, la Vendetta française (Albin Michel), qui expose de façon accablante l'utilisation de la justice et du fisc pour éliminer les gêneurs (une spécialité française semble-t-il).

CAP a documenté des dizaines d'affaires illustrant cette utilisation dévoyée de la justice. La Miviludes en cite d'ailleurs quelques unes avec un certain cynisme, en omettant de décrire les faux témoignages et pluies d'accusations qui ont émaillé ces procédures - la plupart sont d'ailleurs en appel. On trouve même dans cette liste de condamnations en première instance où l'on trouve de tout (médecine illégale, délit informatique, etc.) l'affaire de la communauté l'Essentiel dont CAP a commenté l'absurde procédure judiciaire, et qui est grotesquement affiliée à la Fraternité Blanche Universelle !

Plus de liste noire

La MIVILUDES a certes supprimé l'idée de publier pour sa part une liste noire de mouvements à l'index, répondant en ceci à de nombreuses critiques. Nous notons que ceci désole beaucoup M. Jougla, porte-parole de l'UNADFI, selon France Soir du 27 janvier : ITALIQUE " Pour nous, cet aspect du rapport constitue une grosse marche en arrière ". C'est noté : L'UNADFI vote liste noire !Haut de page

Il ne faut pas trop se réjouir cependant, car la MIVILUDES, sans doute pressée par son Conseil d'Orientation plus militant, prend soin de préciser aussitôt que cette liste était invoquée abusivement comme témoin de normalité par d'autres [mouvements] qui n'y sont pas nommés ! L'ancienne liste n'est pas abolie pour autant et ne sera pas modifiée par la Miviludes, officiellement pour des raisons techniques de séparation des pouvoirs. Pile tu perds, face aussi !

Il est extrêmement frappant de constater que le rapport évite soigneusement de trop égratigner des mouvements ou associations qui auraient la capacité de se défendre juridiquement, pour se concentrer sur de petits groupes, dont on ignorait parfois l'existence et donc le nombre de membres en France ! On le sait tristement par expérience, citer un mouvement dans ce contexte, c'est bien souvent signer son arrêt de mort sociale. Cela, la Miviludes ne peut l'ignorer, lorsqu'elle égrène les condamnations comme autant de trophées.

Les croyances, la pratique et la loi

La teneur et l'intention du rapport sont en violation absolue de l'article 2 de la loi de 1905, selon lequel " [La République] garantit le libre exercice des cultes... " Notons que la loi ne protège pas de simples croyances, mais le culte, une activité pratique s'il en est. Or, compte tenu de l'évolution de notre culture moderne, les sociologues contemporains définissent le " culte " comme toute activité ou " outil " permettant à une personne de mettre en pratique la conception qu'elle a du monde et de sa finalité, et de se relier à sa nature spirituelle. Cette réalité recouvre aujourd'hui aussi bien les activités spirituelles traditionnelles, que les nouvelles approches corps/esprit de santé et de bien-être. Il y a donc un contresens flagrant lorsqu'on interprète la loi comme un simple " respect des croyances ". C'est le culte et non la croyance qui ont occasionné les pires persécutions dans le passé. C'est le culte que la loi et la constitution protège. C'est le culte qui est attaqué aujourd'hui.

Qui plus est, au moment même où la MIVILUDES affirme respecter les croyances, force est de constater que l'ADFI elle-même, dont la MIVILUDES veut " renforcer et valoriser l'action ", a constitué une commission chargée d'enquêter sur la dangerosité des doctrines, montrant par là sa véritable nature idéologique. On pourrait arriver ainsi à des affirmations absurdes du type : " nous respectons absolument votre foi chrétienne, mais nous vous interdisons simplement le droit de célébrer la messe " ou bien " Vous avez le droit absolu de croire à telle vision de la santé psychique ou mentale, mais nous vous condamnons pour pratiquer selon cette croyance ! ". Ce genre de ficelle un peu grosse est habituellement utilisée dans les pays totalitaires.

Des attitudes inacceptables dans une démocratie

L'incitation à la délation
Reprenant à son compte les appels au " signalement " déjà prôné par l'ADFI depuis de nombreuses années, la MIVILUDES se donne pour mission d'identifier et de " signaler " les pratiques déviantes en amont de la justice, encourageant pour cela les citoyens à dénoncer tout comportement hors normes à leur préfecture. (90 cellules territoriales de signalement seront mises en place).
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A l'appui, le rapport prévoit un quadrillage très serré par la police pour surveiller toute constitution d'association à caractère paramédical ou spirituel.

Le refus du dialogue

C'est un leitmotiv de l'ADFI depuis vingt ans qu'on ne doit pas communiquer avec les mouvements et associations qu'elle attaque. Quand des citoyens diffamés ou discriminés demandent, comme tous les citoyens normaux, à être entendus et à pouvoir se défendre, " c'est une manœuvre ". Quand ils se défendent, c'est une instrumentalisation de la justice !

Ainsi, par le refus de la médiation et le déni de défense, nous sommes en présence d'une attaque frontale sur les principes mêmes de la démocratie, qui supposent un respect sourcilleux des minorités : ces principes ont justement été mis en place pour faire cesser l'arbitraire, l'oppression d'un gouvernement et la loi du plus fort, et les tragédies telles que nous en avons connue tout au long du XXè siècle. Ce sont des garde-fous au sens propre !

Diffamation et discrimination

Lorsque la Miviludes s'enhardit jusqu'à condamner " l'entrisme " des thérapeutes et formateurs, et s'engage à " refuser des implantations ", on sait par expérience que l'arbitraire, l'ignorance et l'exploitation de la peur règneront. Encore une fois, sur quels critères, sinon d'après une liste officieuse ? Les faits sur le terrain, et non les paroles rassurantes, dévoilent la véritable nature de cette entreprise. Et là, nous sommes témoins d'un acharnement judiciaire peu commun, bénéficiant de la caution de l'Etat, à l'aide de listes de délits pré formatées, d'accusations décalées jusqu'à l'absurde qui s'abattent sur des mouvements ou même des individus sincères et inoffensifs, généralement altruistes. Tel chercheur scientifique est accusé de façon absurde de diriger une secte et de pratiquer la pédophilie, simplement pour l'empêcher d'obtenir une Autorisation de Mise sur le Marché d'un produit de santé révolutionnaire !

Comme échantillon de l'ignorance à la source de toute cette chasse aux sorcières, cet aveu de la juge chargée de condamner le représentant d'une petite communauté écologique du Sud : lorsqu'elle lui explique que son arrestation est justifiée car ses écrits sont dangereux, celui-ci lui demande qu'elle lui lise un extrait de ses livres qui pourrait étayer cette thèse. La juge répond qu'elle n'a rien compris à ses livres !

Origine trouble de la MIVILUDESHaut de page

Si certains s'étonnent encore qu'un organisme d'Etat soit ainsi lié à une poignée d'élus " ultras " et à de simples association militantes qui, c'est un fait, n'ont pas les moyens intellectuels de leurs ambitions, il faut bien comprendre la filiation de la MIVILUDES. Faisant partie d'un plan établi dès le début des années 90, la MIVILUDES est en effet l'ultime maillon de la stratégie de ceux-là mêmes qui occupent des places en son sein, particulièrement au " Conseil d'Orientation " (qui, semble se comporter en un véritable conseil de pression). Tous ceux ou presque qui ont programmé la MIVILUDES, des années auparavant, y sont représentés et ceci inclut des membres de l'ADFI. La MIVILUDES étant donc en quelque sorte la créature de l'ADFI et consorts, elle leur sert maintenant de façade officielle et elle se retrouve logiquement l'otage de ses géniteurs. Les opinions et phobies de quelques uns se muent ainsi en " doctrine nationale ".

Comment réagir ?

Les démocrates sincères ne peuvent pas laisser des mouvements ou des individus se faire attaquer de la sorte, et les abandonner à d'interminables procédures pour défendre leur honneur, sachant que, victoire ou pas, les blessures seront longues à réparer. Nous devons exiger du Premier Ministre, directement engagé par les actions de la Miviludes, qu'il fasse cesser ces campagnes de diffamation et de suspicion généralisées indigne d'un Etat de droit et d'une démocratie moderne.

CAP demande donc qu'une commission compétente soit enfin constituée, consciente des profondes évolutions culturelles de l'ensemble des sociétés occidentales, pour accompagner et faire des recommandations face à ces mutations plutôt que de les combattre sans comprendre ! Répression ou compréhension, il faudra choisir !

Mars 2003

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