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ENQUÊTES

 


Attaques en règle sur les thérapies alternatives

Mars 2004

Congrès " Santé et emprise sectaire ".
Depuis trois ans environ, les instances " anti-sectes " affichent clairement leur volonté de se recycler dans la chasse aux thérapies alternatives, qu'elles concernent le corps, l'esprit ou les deux. Les 27 et 28 mars 2004 se déroulait à Marseille (Hôpital de la Timone) un colloque européen " Santé et emprises sectaires ", sous l'égide de la FECRIS - association européenne pilotée par L'UNADFI -, en collaboration avec le GEMPPI (Groupe d'Etudes des Mouvements de Pensée en vue de la Prévention de l'Individu).

En fait de dimension européenne, un certain nombre de correspondants étrangers de la Fecris étaient présents. Les titres et fonctions des intervenants montrent combien les mêmes personnes trustent des fonctions dans des associations et organismes officiels. Si une centaine de personnes seulement ont assisté à ce congrès, il est révélateur cependant de la stratégie actuelle de l'UNADFI et de ses organisations satellites, ainsi que de ses alliés (Ordre des médecins, Centre d'études et de recherche en éthique médicale, conseils généraux).

Un contexte plutôt obscurantiste

Le Congrès s'ouvre sur une contrevérité flagrante, quand un professeur de philosophie affirme péremptoirement, dans un accès ethnocentrique, que la prise en compte de la relation esprit-corps dans le domaine de la santé serait toute récente (1947 !), ignorant par là la médecine chinoise pluri-millénaire, les civilisations Indienne, africaines et Amérindiennes qui considéraient la santé du corps et de l'esprit comme un tout imbriqué. Il commet également un contresens sur le christianisme, qui est né dans et par les guérisons spirituelles. (L'inculture religieuse et spirituelle de ce genre de discours et colloques est malheureusement une constante, jamais démentie). Haut de page

Deuxième axiome posé dès le départ, " la meilleure médecine possible est celle dispensée par les étudiant ayant suivi un cursus complet de médecine ". Tout est dit. Un intervenant belge admet alors une efficacité possible des médecines parallèles pour les zones économiquement défavorisées et les pathologies légères. Il oublie cependant que les plus grands succès et miracles des médecines parallèles résident dans les affections lourdes souvent réputées incurables par la médecine allopathique (sida, cancer, sclérose en plaques, autisme).
Il y voit les méfaits d'une doctrine New Age, dont l'homéopathie serait l'un des représentants emblématiques, par son contenu théorique en opposition à la médecine classique et sa façon différente d'aborder le malade. Le New Age serait " réactionnaire " (sic).
Quand on rappelle ensuite que, selon sa déontologie, le médecin doit se tenir au courant des progrès de la science médicale pour assurer à son patient les meilleurs soins, que dire de l'Ordre des médecins qui écarte avec dédain les nombreuses autres médecines autres que la sienne, se contentant souvent d'opinions ou de croyances personnelles, sans prendre la peine de tester ces milliers de thérapies et remèdes par des expériences rigoureuses.
En effet, dans ce congrès, loin de tout débat scientifique, plusieurs médecins pourtant investis de fonctions officielles prirent le problème par le petit bout de la lorgnette, en présentant un certain nombre de cas spécifiques dans lesquels des patients auraient été éloignés de la médecine d'école.
Ces différents intervenants ne présentèrent aucune étude digne de ce nom pour évaluer les différentes thérapies, mais se contentèrent d'essayer de discréditer des pratiques concurrentes en critiquant certains aspects théoriques en contradiction avec les credos de la médecine classique du début du XXè siècle. Nous sommes là dans le domaine des croyances, de leurs croyances entre autres. Quels sont donc les pourcentages de guérison des uns et des autres ?
Au cours de ce colloque, on parla de " placebos ", on cita quelques morts sans évoquer les 30 000 morts victimes de la médecine conventionnelle chaque année, on évoqua les médecins piégés, proies faciles ou vaches à lait, les superstitions et l'aspect farfelu des médecines non-conventionnelles, devant un public acquis à la cause et peu demandeurs de chiffres révélateurs.
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Psychothérapies à l'index

S'ensuivit un réquisitoire en règle contre des dizaines de techniques ou voies psychothérapeutiques, réquisitoire s'appuyant notamment sur des notions empruntées à la psychanalyse, que l'establishment tend souvent à considérer à priori comme un étalon " scientifique " (!) des autres pratiques, sans en connaître nécessairement grand chose.
A noter que la référence à des vies antérieures est écartée à priori comme illusoire, traduisant les présupposés matérialistes implicites de ce congrès.

Le secrétaire de l'Ordre des médecins, le Dr Grunwald - membre de la MIVILUDES - dénomma quant à lui les médecines non conventionnelles comme des " pratiques médicales non éprouvées ", soulignant par là les carences croissantes de la formation des médecins " classiques ". Il reprend l'amalgame entre refus des vaccinations et attitude sectaire, dénonce l'imposture des dirigeants témoins de Jéhovah " qui prônent le sacrifice de vies humaines " ( ? ? ?). Une petite liste de 70 mouvements et techniques thérapeutiques, présentée comme un simple " index des noms cités " - mais où l'on ne cite que des mouvements critiqués - fait office de liste noire en fin de rapport.

Conclusion : il s'agissait essentiellement d'un congrès idéologique où l'on essaya de présenter quelques cas sous un angle dramatique, en assimilant plus ou moins les thérapies alternatives ( non enseignées à l'université !) à du charlatanisme ou de la superstition, là où les tenants de ces autres médecines et thérapies réclament un vrai débat scientifique, basé sur des études statistiques. Mais de cela, il n'est point question, pas plus que de se demander dans quelles conditions plus de 500 000 personnes meurent tous les ans aux mains de la médecine " classique " : ont-ils été informés correctement des différentes thérapies possibles ? Ont-ils eu le choix ? N'ont-ils pas fait confiance naïvement à des praticiens s'abritant derrière un beau diplôme ? Combien cela a-t-il coûté à la Sécu ?

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