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ENQUÊTES

 

 

Une carte de Paris très spéciale
Petite leçon de discrimination appliquée

Carte à télécharger (200Ko)

 

D'étranges manifestations en certains points de Paris

Dans les dérives visant à stigmatiser tel ou tel groupe de pensée, on constate fréquemment les mêmes ingrédients :

- L'ignorance au sujet des groupes visés et la négation de tout apport positif

- L'utilisation de faits imaginaires

- Une violation assumée et souvent revendiquée des lois et de la Constitution républicaines françaises.

Depuis quelques temps, sous l'étiquette officielle de l'association " attention enfants ", se sont déroulées quelques manifestations à l'évidence peu spontanées devant les locaux de certaines minorités de pensée l'adjointe au maire Anne Hidalgo ou même d'autres élus s'y affichant ostensiblement. La supercherie commença à s'éventer lorsqu'on constata que, pour l'une de ces " manifestations " (véritables pogroms médiatiques conspuant et désignant ouvertement lesdits groupes à la vindicte publique), certains militants politiques avaient été débauchés d'un meeting voisin et portaient encore le badge de leur candidat (un certain parti traditionnellement impliqué dans l'anti-cléricalisme depuis plus d'un siècle). Certains de ces renforts étaient manifestement à peine au courant du fond de l'affaire qui justifiait leur présence.

Quelle était cette campagne, et qui l'orchestrait ?

Un examen des minutes des délibérations de la Mairie de Paris permit d'apporter un éclairage inattendu.

Une carte de trop, pièce à conviction

En effet, lors Conseil de Paris des 7 et 8 juin 2004, des élus du Parti Radical de Gauche (essentiellement) et du Parti Socialiste proposent de créer des CICA (conseils de quartier pour les associations) consacrés spécifiquement à " la question sectaire ". Selon les paroles mêmes de ces élus, non contents du " Comité de pilotage " mis en place par la Mairie, non contents de "l'action de sensibilisation de l'administration parisienne " en cours, il s'agit bien " d'intensifier la lutte ". On recommande entre autres d'organiser des rencontres avec des associations, chefs d'établissements scolaires et acteurs sociaux, et l'on propose également une journée parisienne de réflexion et d'information sur les " développements sectaires ". Haut de page

Comme le révèle Anne Hidalgo lors de ce Conseil de Paris dans lequel on précise que l'on a voté une subvention à l'ADFI (encore une !), " Nous avons dans un premier temps procédé à un états des lieux des mouvements sectaires dans la capitale et je remercie d'ailleurs l'APUR qui a réalisé une cartographie que nous avons diffusée dans les arrondissements, auprès de maires d'arrondissements et qui est très utile puisqu'elle permet d'identifier les implantations les plus connues des mouvements sectaires opérant sur Paris. Mais au-delà de ce travail que nous avons effectué également avec la mission interministérielle qui s'occupe de la lutte contre les phénomènes sectaires (MIVILUDES)... "

Ainsi donc, une liste d'adresses précises de groupes a été établie, une carte a été dressée par un organisme public, l'APUR (Agence parisienne d'urbanisme) et l'on met en garde les agents de la ville contre ces mouvements. La MIVILUDES -qui condamne officiellement toute élaboration de liste - aurait été associée à ce travail (à vérifier). D'autre part, Anne Hidalgo précise lors de ce Conseil que, dans ce même esprit, la municipalité continue de s'opposer à la délivrance de certains permis de construire, en fonction donc des convictions des demandeurs. Il y a là une incitation évidente à la discrimination, et tout cela viole malheureusement la Constitution française qui impose une stricte neutralité aux agents de l'Etat.

Quels sont ces groupes ainsi visés par cette stratégie d'attaque quasi-militaire, repérés officiellement sur une carte " de campagne " et quelles sont ces ffrayantes menaces qui pèsent sur nos administrés ?

Selon Attention Enfants, qui sert apparemment de paravent à cette stratégie, les groupes visés sont " des groupes, mouvements ou organisations à caractère de sectes destructrices et qui, quelles que soient l'appellation et la forme sous laquelle elles sont mises en oeuvre, portent gravement atteinte aux Droits de l'Homme et aux libertés fondamentales définies par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ". Bigre ! Selon Xavier Ligaudin, interviewé sur le site d' Attention Enfants, " il s'agit de groupes de personnes qui cherchent à s'enrichir et/ou à exercer leur pouvoir psychologique ou sexuel sur des personnes. Ils sont donc avant tout une pompe à fric. " On apprécie toute la nuance de la pensée.

Big Brother veille : on trouve, localisés sur la carte par un rond rouge, des mouvements listés par les rapports parlementaires de 1996 et 1999, et comme cela ne suffisait pas, un rond bleu indique d'autres mouvements signalés par les ADFIS et consorts qui, il est vrai, mettent à l'index près de 500 mouvements.

Les intéressés apprécieront.

A quoi peut donc servir une telle carte, sinon à inciter les élus locaux à exercer une discrimination dans l'exercice de leurs fonctions et le service au public, et à choisir le site de la prochaine " manifestation spontanée " d'habitants !

Un combat aux antécédents idéologiques bien marqués Haut de page

On note également sur le site d'Attention Enfants - mais ce n'est pas étonnant quand on connaît les origines idéologiques de ces militants politiques - un certain nombre de critères de dangerosité révélateurs. A côté de phénomènes et d'attitudes que l'on retrouve classiquement dans tous les groupes de convictions, notamment les partis politiques et les syndicats, il faut noter ceux-ci :

5. Le refus de la science : y a-t-il au sein du groupe d'autres explications du monde, de la vie, des mécaniques physiques et biologiques que ceux enseignés à l'école ?

6. Les prescriptions en matière de santé ou de régime : y a-t-il des tabous alimentaires ? Des restrictions fortes ? Des prescriptions de compléments vitaminiques ou autres ? Des traitements substitutifs ? "

On ne peut qu'avoir de vives inquiétudes sur l'éducation au sens critique que cette association prône pour les enfants, celui-ci semblant plutôt encadré.

On retrouve ici la véritable intention fondamentale de ces courants militants plus ou moins discrets : en effet, la plupart des recherches et découvertes récentes battent en brèche les théories enseignées à l'école, en particulier la vision mécanique de la vie qui date du XIXè siècle, chère aux courants matérialistes français. De même, une partie importante de la population éduquée a déjà tourné le dos aux pratiques alimentaires de nos grands-parents, et surtout remis en cause la production et la consommation de nourriture industrielle, et les remèdes fondés sur le " tout-chimique ". Mais cela ne plaît pas à certains groupes militants, qui se raccrochent aux credos de leur jeunesse.

Faut-il voir dans toutes ces actions une idéologie d'un autre âge tentant de préserver des positions acquises, un statu quo et des réseaux de pouvoir ?

En tous cas, la Cour d'appel de Montpellier a rappelé solennellement les principes fondateurs de notre constitution, le 3 janvier 1994, en refusant que " des particuliers, agissant isolément ou en groupes de pression qualifient de secte tout groupe minoritaire au sein d'une religion ou d'une philosophie, fassent admettre comme principe que toute secte est condamnable et en fassent tirer une conclusion d'interdiction ou d'opprobre; une telle démarche conduit, consciemment ou non, au totalitarisme, en menaçant la liberté de conscience d'une minorité".

Annexe : quelques lois et textes de référence sur la discrimination Haut de page

Art. 225-1 et 225-2 du Code Pénal

Refus de fournir un bien ou un service fondé sur une discrimination nationale, ethnique, raciale ou religieuse.
Emprisonnement de 2 ans au plus et de 200 000F au plus

Art. 432-7 du Code Pénal

Discrimination commise par un représentant de l'autorité publique
Emprisonnement de 3 ans au plus et amende de 300 000 F au plus

Loi du 19 juillet 1881 sur la liberté de la presse

Ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article 23 (1), auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d'un an d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement.

(1) discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l'écrit, de la parole ou de l'image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par tout moyen de communication au public par voie électronique.

 

 

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