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Le bloc-note de Max Clos

Pour ou contre les sectes ?

En juin 2000, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi About Picard visant à réglementer les sectes. Le texte a été voté par le Sénat le 3 mai, avec d'importantes modifications. Ii doit revenir en deuxième lecture au Palais Bourbon, en juin.

En 1996, 173 organisations avaient été répertoriées comme, « sectes dangereuses » par l’Assemblée nationale.

En 1999, Jean Pierre Chevènement alors ministre de l’intérieur, et Élisabeth Guigou, garde des Sceaux, s'étaient publiquement déclarés hostiles à une législation spécifique sur les sectes en raison des dangers qu'elle pourrait présenter pour la liberté de conscience. Le premier ministre semble être aujourd'hui d'un avis différent.

Le sujet est passionnel. Nous recevons de nombreuses  correspondances sur le sujet. Les unes farouchement hostiles aux sectes, présentées comme des entreprises de déstabilisation de la société, coupables en outre de pratiquer un racket financier, les autres dénonçant une atteinte intolérable à la liberté de conscience.

Le texte About Picard érigeait en infraction pénale la « manipulation mentale », définie comme le fait «  au sein d’un groupement à caractère sectaire qui poursuit des activités ayant pour but ou pour effet de créer ou d'exploiter la dépendance psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités, d'exercer sur l'une d'entre elles des pressions graves et réitérées ou d'utiliser des techniques propres à altérer son jugement afin de la conduire, contre son gré ou non, à un acte ou à une abstention qui lui est gravement préjudiciable »…

…Les adversaires de la loi font observer que les mots changent, mais que les faits demeurent. Quelle différence, en effet, entre la « manipulation mentale », et « l'abus d'ignorance ou de faiblesse » ?

Les Églises reconnues sont très réservées sur le projet About Picard.

Le président de la Fédération protestante de France y voit « un moyen d'atteinte à la liberté de pensée ».

         Quant à Mgr Jean Vernette, secrétaire du service national, « Pastorale, sectes et nouvelles croyances », de la Conférence des évêques de France, il relève que le texte reviendrait à établir un critère discriminatoire fondé sur des aspects religieux, contraire au principe de laïcité do la Constitution. Il écrit :

« Certes, aujourd'hui en l'état actuel du sentiment démocratique en France. la vie en noviciat ou en clôture définitive dans des congrégations religieuses, les pratiques d'ascèse, de voeux d'obéissance et de pauvreté, de direction spirituelle et de retraites fermées, ne relèvent pas de la manipulation mentale.

Mais, demain, le sentiment général peut changer et les dispositions pénales demeurer et l Église devenir la victime de la lutte anti sectes!»

En septembre 2000, dans un rapport, le département d'État américain a formulé de vives critiques contre la France, accusée de violer la liberté de conscience.

Une question se pose. Il est certes de la responsabilité de l'État de sanctionner les délits que pourrait commettre une secte. Mais est il dans son rôle lorsqu'il entreprend de déclarer la guerre aux sectes pour des raisons religieuses ?

Certains y voient, comme le pense Mgr Vernette, « un risque de dérive liberticide qui peut conduire à une police de la pensée ».

 

Extraits du journal  « Le Figaro» du 25 mai 2001