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La dérive de la lutte
contre les minorités de conviction

Lettre ouverte au président du CCMM Aquitaine
par CAP Liberté de Conscience

 

 

Le 03 octobre 2013

Cher Maître,

Vous avez fait écrire, éditer, et êtes en train de diffuser une brochure pour mettre en garde contre, selon vous, des risques de dérives sectaires dans le domaine de la santé. Nous sommes bien sûr à l’exact opposé de votre point de vue. Nous pensons même que cette action est directement téléguidée par la défense des intérêts financiers des grands lobbys pharmaceutiques, inquiets du succès grandissants des médecines dites alternatives ou complémentaires. Mais nous respectons également votre droit à la liberté d’opinion, et le droit d’exprimer vos idées. Cependant nous tenions à vous faire part des incohérences contenues dans votre brochure, et d’en informer l’opinion publique.

Alors que les termes « sectes » et « sectaires » sont utilisés abondamment dans votre document, à aucun moment, vous n’avez fait mention d’une quelconque définition de ces termes. La déesse Raison qui un temps incarna les aspirations de la Révolution Française, est pour sûr, très en colère contre cette outrance envers le bon sens et l’esprit logique. De plus cette absence de définition est un moyen biaisé pour calomnier d’honnêtes associations. C’est surtout un acte arbitraire, et qui plus est, discriminatoire ! Or en France le principe du non-arbitraire est inscrit dans la Constitution. La déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789 fait partie intégrante de notre Constitution du 4 octobre 1958. L'article 7 de cette Déclaration dispose que « ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires doivent être punis... ». Par ailleurs la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne interdit à son article 54 « l'abus de droit », un autre terme pour désigner l’arbitraire : « aucune des dispositions de la présente Charte ne doit être interprétée comme impliquant un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits ou libertés reconnus par la présente Charte ou à des limitations plus amples des droits et libertés que celles qui sont prévues par la présente Charte. »Le spécialiste en droit que vous êtes ne peut ignorer cela, et cela vous rend d’autant plus responsable.

Egalement en page 5 de votre brochure, vous avez écrit que la Miviludes recevait par an environ 2000 signalements par an, et dont 22% concernaient la santé, soit 440 signalements. Ces chiffres sont ridiculement faibles, surtout considérant qu’il s’agit de signalements, c'est-à-dire des dénonciations généralement vides de toute substance. Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, avait eu raison de le dire : « en France, les sectes sont un non-problème ». Vous venez de le confirmer brillamment !

A cette même page, vous avez aussi écrit que « 4 français sur 10 ont recours aux médecines dites alternatives ou complémentaires ». Rapporté à la population française, cela fait 24 millions de personnes convaincues par ces médecines. Seulement 440 signalements à comparer avec 24 millions d’utilisateurs ! Qu’en dites-vous ? Dans notre République française le peuple est souverain, et par leurs choix thérapeutiques les français ont choisi : ils ont plébiscité l’utilisation des médecines dites alternatives ou complémentaires !

Il est grand temps que vous preniez acte de cette réalité et respectiez la décision souveraine du peuple français !

Peu avant de mourir sur l’échafaud, Danton, tribun et révolutionnaire, avait proclamé : « Nous avons déclaré que l'homme le plus humble de ce pays est l'égal des plus grands. Cette liberté que nous avons acquise pour nous-mêmes nous l'avons affectée aux esclaves et nous confions au monde la mission de bâtir l'avenir sur l'espoir que nous avons fait naître. » Les français sont les égaux des plus grands. Ils n’ont que faire des charlatans de la politique qui voudraient les asservir en leur faisant croire qu’ils « faibles, victimes, vulnérables physiquement et psychologiquement, personnes fragiles, proies faciles ». Sachez qu’ils sont capables de prendre des décisions par eux-mêmes, puis d’assumer leurs choix.

En résumé nous vous invitons à :

- Respecter le bon sens et la logique, et surtout la Constitution française en donnant une définition simple et claire des termes que vous utilisez dans votre brochure. Ne nous dites pas que ceci est trop compliqué pour vous.

- Prendre acte que par leurs choix personnels, les français ont plébiscité l’utilisation des médecines dites alternatives ou complémentaires, et respecter ces choix.

- Arrêter de traiter les français de « faibles, victimes, vulnérables physiquement et psychologiquement, personnes fragiles, proies faciles ». Ils sont les égaux des plus grands et pourraient vous le rappeler : c’est Danton qui vous le dit !

Veuillez agréer, Maitre, l’expression de nos salutations républicaines.

Le président de Cap liberté de conscience

Thierry Bécourt

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