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GNLF : le syndrome libyen ?
source : Blog L’Express - La lumière

 

 

Cela a été répété, Internet semble changer la donne en matière de répartition des informations et du pouvoir. Nous avons pu suivre certaines péripéties internes à La Grande Loge Nationale Française, « aux premières loges » si l’on peut dire, et cela aurait été impossible il y a seulement dix ans. Ces péripéties, qui ont culminé parallèlement aux événements du Maghreb, nous éclairent sur divers aspects de cette loge qui, il faut bien l’avouer, ne milite pas particulièrement pour la liberté de conscience en France. Or, en ces temps où la diplomatie semble préférer le « canon démocratique », il est assez étonnant d’observer, toutes proportions gardées, une véritable insurrection se dérouler au sein de la Grande Loge Nationale de France, l’une des principales obédiences maçonniques française.

L’histoire commence en 2009 avec la remise en question de la gestion et du type de direction du Grand-maître dernièrement élu de cette obédience maçonnique, François Stifani. Certains, qui lui reprochent un style autoritaire et personnel, ainsi que son obsession de faire du chiffre (en nouveaux membres et cotisations), commencent à se regrouper sous diverses étiquettes, comme « Franc-Maçonnerie Régulière » (FMR), une sorte de « courant » qui milite essentiellement à l’éviction du chef. De même on trouve les blogs Myosotis, recrutant des frères contestataires envers François Stifani.

Les hostilités, qui semblent s’être manifestées dès décembre 2009, ont pris un tour officiel en 2010 lorsque le Grand-maître dissout certaines loges contestataires, notamment à Tours. Sur ce, le 25 mars 2010, l’Assemblée générale des représentants des loges de la GLNF met en minorité le Grand-maître François Stifani. La loge de Tours se reconstitue alors en avril avec les dirigeants écartés, considérant que le Grand Maître est devenu illégitime. S’ensuit une véritable guerre civile de plus d’un an.

Le Grand-maître propose alors de reporter la nouvelle Assemblée générale d’approbation des comptes de l’obédience en octobre au lieu de juin, sous une forme décentralisée dans les 33 provinces « pour des raisons d’économie et pour limiter l’effet contagieux de la contestation ». D’aucuns estiment que c’est illégal et contraire aux statuts.

En avril, le Grand-maître annonce des réformes en guise de concessions aux « rebelles » : il accepte de réduire une communication extérieure jugée trop tapageuse pour la discrète loge (notamment le retrait des images GLNF dans des documentaires de trois chaînes de télévision), il exprime ses regrets pour s’être auto-qualifié de "guide spirituel" et affirme que son rapport sur la représentation des Français musulmans n’a en fait été remis à Nicolas Sarkozy qu’à titre personnel. Cependant, il n’annule pas la prolongation de son mandat de 3 à 5 ans, ce qui lui permettrait de garder les rênes jusqu’en décembre 2012, et maintient l’acquisition d’un luxueux appartement avenue Wagram à Paris, destiné aux relations publiques de l’obédience, coûtant plusieurs millions d’euros.

Autre rebondissement en mai, une lettre est publiée qui émane du Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France des Souverains Grands Inspecteurs du 33è et dernier degré du Rite Écossais Ancien et Accepté (on reprend son souffle), qui soutient le Grand Maître sortant en des termes non ambigus, est contestée par son auteur présumé comme étant un faux. Ce « non-auteur » démissionne cependant de son poste peu de temps après.

Puis viennent les sanctions disciplinaires : le 9 juin 2010, deux grands maîtres provinciaux sont traduits devant la Commission nationale de discipline de la Grande loge nationale française (GLNF), pour avoir mené la rébellion depuis le décembre 2009. Les rebelles invitent alors les partisans à se déplacer au siège. Les sentences prononcées par le « Grand Porte Glaive » seront une exclusion et une suspension de 3 ans.

La direction assigne ensuite en justice au Tribunal de Grande Instance de Paris le groupe « Franc-maçonnerie Régulière », un groupe contestataire organisé, avec l’intention de faire condamner celui-ci à des dommages de 3 488 364 € - c’est précis. Une estimation entre autres des pertes financières sur les 9 années à venir, dues au départ de membres suite à cette contestation. Cependant, la convocation devant le conseil de discipline en août de vingt autres membres est annulée, signe d’un changement de stratégie.

Huit jours avant la fameuse assemblée générale décentralisée d’octobre tant décriée, le Grand Maître envoie un message, affirmant que « L’Amour fraternel est le ciment et la base de notre vieille confrérie », « il fonde la possibilité de ‘bâtir ensemble’ au-delà de tout ce qui peut nous différencier dans le monde profane. » Le Grand-maître finit par obtenir la majorité des voix lors de cette AG, selon un mode de comptage des voix souvent curieux. Seuls 3700 membres ont le droit de voter sur 43000 frères et dans certaines loges, les électeurs devaient annoncer à voix haute, un à un, leur vote devant le Conseil provincial.

Après cette « victoire » contestée, c’est l’heure des règlements de comptes, le GM commence par envoyer une missive au Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France du Rite Écossais Ancien Accepté, lui reprochant d’avoir émis une circulaire semblant appeler au vote contre la majorité sortante. Franc-maçonnerie régulière (la faction rebelle) attaque alors la direction en justice sur la légalité du vote. Elle se sent revigorée car elle vient de gagner en justice également contre la direction de La Grande Loge nationale française (GLNF) qui l’avait assignée en procès pour concurrence déloyale en mai. Malgré la plaidoirie de son avocat qui a stigmatisé « la bande des 14 » qui attaquent la direction, la GLNF, loin de toucher les 3 488 364 € qu’elle réclamait, est condamnée à payer à FMR la somme de 5 000 € au titre des frais d’avocats. S’y ajoutent les dépens, évalués entre 12 et 13 000 €.Le 2 novembre, c’est l’AG singulière d’octobre qui est annulée par la justice profane, au Tribunal de Grande Instance de Paris, avec nomination d’un mandataire de justice. La direction de la GLNF fait appel. Le Grand-maître explique qu’il reste Grand-maître, même s’il n’est plus président.

L’ingérence de la Communauté internationale

Les trois Grands Maîtres d’obédiences de Belgique, du Luxembourg et de la Suisse lancent alors un appel à la direction de la GLNF pour clarifier sa position. Les « bombardements d’ingérence démocratique » continuent, et ces mêmes Grands-maîtres publient une seconde lettre fustigeant une lettre de soutien politique ayant émané du GM français sortant, et font également état d’un courrier de la GLUA, la Grande Loge Unie d’Angleterre dans laquelle celle-ci, véritable Vatican de la Franc-maçonnerie, poserait des questions pressantes au GM sortant, pointant notamment la lettre de soutien du Grand-maître au Président de la République. Celui-ci rétorque dans la presse que cette lettre est « un faux » et porte plainte contre X. Décidément !Un assistant Grand-maître démissionne ensuite, regrettant que « depuis un an (…) nous vivons les passions du profane, comme si notre maçonnerie était capable de nous offrir le miroir de ce qu’il y a de plus mauvais en nous (…) médisances, rumeurs, calomnies auxquelles répondent procédures, ruses et autres manœuvres ». D’autres défections de dignitaires suivent.En janvier 2011, la justice républicaine place la Grande Loge Nationale de France sous administration judiciaire, ce dont semble paradoxalement se réjouir le GM sortant. De fait, devant les premières décisions et déclarations de l’administrateur, un blog contestataire reproche au mandataire de justice « de les prendre pour des imbéciles ! ». Bref, ce n’est pas gagné. Une réunion de 2000 contestataires se tient à Montreuil en février, pour la « refondation » de la loge.

Le vent de révolte s’étend aux autres confréries

Mais, comme au Maghreb, le vent de révolte semble s’étendre à d’autres confréries. Ainsi, à la même époque, quatre frères membres d’UGODFM, l’association hostile à l’ouverture aux femmes du Grand Orient de France (GODF), la Loge concurrente, assignent en justice profane leur obédience, en la personne de son président (ou Grand Maître) Guy Arcizet, contestant la décision récente. Cependant, le Tribunal de Grande Instance déclare irrecevable la plainte de ces quatre frères.

On apprend alors que les relations s’enveniment également entre le Grand Maître Guy Arcizet du Grand Orient de France (GODF), et son principal opposant Gérard Contremoulins, en charge des dérives sectaires et proche de Catherine Picart, issue d’une autre confrérie mais néanmoins présidente de l’Unadfi. Gérard Contremoulins a longuement reproché au leader de l’obédience son « exercice solitaire de la Grande Maîtrise ». Celui-ci réplique que GC est aigri de n’avoir pas obtenu un poste convoité qui lui avait été promis par l’ancien Grand-Maître. Il est un fait que, lors du renouvellement de la direction de septembre 2010, le bilan d’activité de l’ancienne équipe à laquelle appartenait Gérard Contremoulin avait été rejeté par une majorité, fait rarissime sans précédent.

Le GODF s’étant impliqué dans la polémique sur le vote « ni-ni » concernant le Front National lors des dernières cantonales, et ayant annoncé son intention de faire des propositions sur l’emploi, les logements, les salaires, Gérard Contremoulin, en embuscade probablement pour les prochaines élections, attaque à nouveau sa direction, déclarant que le GODF n’a pas à faire de propositions politiques.

Pendant ce temps, ça continue de chauffer à la GLNF. L’un des Membres à vie du « Souverain Grand Comité » a rejoint les insurgés et ne mâche pas ses mots. Il critique l’abondance de « titres et colifichets qui transforment la GLNF en armée sud-américaine », « la promotion des incompétents »...« Devenir Grand Inspecteur parce que l’on est le vieux copain porte-valise du Grand Maître correspond à nommer Cardinal le cuisinier du Pape ! » Les missiles volent bas, sous forme de lettres commençant le plus souvent pas « mes chers frères bien-aimés ».Cependant, tout comme au Maghreb, Internet semble jouer un rôle tout nouveau en Franc-maçonnerie pour susciter des révoltes et rébellions, notamment sous l’égide des blogs « les myosotis ».

Nouvelles pressions extérieures

Le 4 février, c’est le Suprême Conseil pour la France du Rite Ecossais ancien et accepté, sorte de supra-conseil oecuménique des diverses obédiences, qui émet une déclaration solennelle considérant le poste de Grand-maître de la GLNF comme vacant.

Contre-offensive du Guide

Sous la pluie de missiles qui s’abat, François Stifani ne désarme pas et semble même regagner du terrain, malgré les tirs d’hélicoptères de la communauté internationale et les défections de certains de ses ministres ou généraux. Bien que huit Grand-maîtres provinciaux (sur 30) prennent ouvertement position contre lui le 7 avril pour demander son départ, il les destitue 24 heures plus tard. Dans sa lettre de renvoi, il souhaite aux autres bien aimés frères le retour de la paix et de la joie.

La joie sera de courte durée, le mandataire judiciaire désavoue ces destitutions.

Le 11 avril, Alain Juillet, Grand Inspecteur coordinateur de la réforme de la GLNF, qui s’est fait éconduire alors qu’il suggérait au Grand Maître sortant de le nommer Député Grand Maître – le tremplin habituel vers la fonction de Grand-maître -, semble se venger en écrivant une lettre menaçante. Il fait état de 13 lettres – et non 1 – envoyées à la Présidence de la République, dont l’une serait une demande de Légion d’honneur.Le 14 avril 2011, 30 autres Grand-maîtres régionaux se joignent aux huit précédents en lançant une pétition contre le Grand-Maître. (Pourquoi si tard ? le vent tourne ?). Ce même 14 avril, le Grand-maître démissionne et annonce de nouvelles élections, sans dire s’il se représentera ou non. Le blog « La lumière » nous aura tenus en haleine pendant 16 mois.

Conclusions

Tout cela « ne nous regarde pas », comme diraient certains, et nous ne pouvons nous réjouir de conflits et dissensions dans un groupe qui, théoriquement, travaille à l’avènement de la raison dans les sociétés humaines. Mais ces guérillas sont intéressantes à deux titres :

1/ Cette confrérie « discrète », fort bien introduite dans toutes les arcanes du pouvoir et des « fromages » de la République, a fourni un certain nombre de bataillons de militants « anti-sectes », luttant contre d’autres groupes de pensée, souvent au nom de « la République », des « principes démocratiques », etc. On peut d’ailleurs noter que le plus illustre de ces militants en France appartient lui-même à cette obédience qui apparemment, en guise d’éveil spirituel, passe son temps à s’envoyer des missiles. Nous recommandons à tous de relire la parabole de la paille et de la poutre.

2/ Les Francs-maçons français, allant plus loin, s’attribuent facilement la paternité de la démocratie et de différentes lois « de progrès » – au point qu’on se demande comment survivent les pays voisins qui ne bénéficient pas de ces lumières. Là encore, on constate de par leurs actions que les frères et soeurs ne croient pas nécessairement aux principales idées qu’ils invoquent, et leur légitimité s’en retrouve quelque peu douteuse, sans parler de toutes ces procédures, comités et titres qui fleurent bon l’Ancien régime, voire la féodalité,

Or, pour dissiper toute ambiguïté sur « les bons » et les « mauvais », François Stifani lui-même, avant son élection à la fonction, affirmait déjà à l’Express en 2005 : « Notre organisation successorale s’analyse comme la recherche d’un consensus vers un homme providentiel. Consensus, car il n’y a pas de démocratie. »

En somme, la démocratie sauce FM que l’on veut imposer à la République Française, c’est un leurre ?

source : http://blogs.lexpress.fr/lumiere-franc-macon/

 

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