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CAP LIBERTE DE CONSCIENCE
Revue de presse 2015

Charlie Hebdo – un symbole de malentendus et de polarisation
Par Dr. Sabine Schiffer
Institut pour la Responsabilité des Médias

 

 

Alors que les familles des 12 personnes tuées le 17.01.2015 à Paris commencent à peine à comprendre quel destin les a frappées, il est certain que la couverture médiatique a déjà classé ces crimes monstrueux selon les schémas existants. Par exemple, le "Berliner Zeitung" d'aujourd'hui (8/1/2015) écrit: "Le massacre de Paris est une revanche suite aux dessins satiriques, dans lesquels les agresseurs voient une diffamation de leur Prophète."

D'où les rédacteurs tirent-ils cette information? Des exclamations proférées par les meurtriers pendant l'attaque? Tout un chacun ne pourrait-il pas le faire? Ou le savent-ils grâce à l'heureuse découverte de la carte d'identité d'un des suspects, restée dans le véhicule ayant permis leur fuite, ceci en dépit du professionnalisme affiché? Il s'agit d'un nom arabe. Cela suffit-il pour en tirer ces conclusions?

Et si les assassins étaient vraiment des fanatiques islamistes, pourquoi pratiquement aucune des personnalités politiques et médiatiques commentant les faits ne partent-elles du principe que les Musulmans sont tout autant indignés que les autres par cette action? Ne remarque-t-on pas qu'ils sont exclus de la société, aussi bien par les interprétations et revendications hâtives que par les conclusions tirées à la suite de cet acte?

On peut chercher en vain d'autres renseignements ou questions dans les informations données jusqu'à présent: Pourquoi la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo ne jouissait-elle pas d'une protection de ses locaux par plusieurs policiers, mais seulement d'une protection personnelle du rédacteur en chef, malgré plusieurs attentats antérieurs? Comment les terroristes savaient-ils que la réunion hebdomadaire à laquelle assistaient exceptionnellement de nombreux collaborateurs se tenait juste à ce moment-là ? Cela signifie-t-il que cet acte avait été planifié de longue date? Pourquoi la collaboratrice qui a tapé le code d'entrée de la rédaction a-t-elle échappé au massacre? La mort soudaine d'un des commissaires en charge de l'enquête était-elle vraiment un suicide, comme l'on a tout de suite affirmé ?

Quels que soient les terroristes et les objectifs qu'ils poursuivaient, les réflexes de récupération, d'insinuation et de peur que l'on peut observer ont déjà atteint l'objectif escompté: le clivage et la polarisation. On peut donc s'attendre à une radicalisation et à une escalade de tous les côtés. Ceux qui, comme PEGIDA en Allemagne, criaient hier " presse de menteurs ", défendent aujourd'hui la liberté de pensée et la liberté de la presse en tant que contrepoids à l'Islam et aux Musulmans.

L'Europe se targue d'être un gardien des libertés, comme si la liberté de la presse n'était pas réclamée dans le monde entier. L'année dernière, de nombreux journalistes sont morts dans l'exercice de leur travail, selon le rapport de Reporters sans frontières. Ces morts n'ont pas moins d'importance que les autres.

Il est d’autant plus important maintenant, que les médias – en tant que quatrième puissance - ne jugent pas les faits trop rapidement et n’aient pas recours aux stéréotypes, mais qu’elles demandent plutôt un état de droit. Nous devons aussi bien poursuivre les criminels des attentats de Paris que l’incitation à la haine contre les musulmans. C’est seulement en intervenant de manière conséquente contre le malmenage de la liberté de la presse, en incluant la diffamation et l’incitation à la haine pour des raisons historiques, que nous arriverons à empêcher que la radicalisation et la polarisation ne continuent des deux côtés. Celui qui ici relativise les choses se met au service du mauvais pouvoir.

Charlie Hebdo, en tant que journal satirique a certes toujours provoqué, mais à son corps défendant, il a toujours polémiqué contre tout le monde, sans exception. C'est pour cette raison qu'on ne peut pas le comparer avec les courriers tendancieux d'Jyllands Posten. Le fait que, juste après les attentats, de nombreux journaux publient des caricatures critiques envers les religions peut être vu comme un acte de désespoir dans des moments difficiles. Mais que par là même on masque les aspects géopolitiques ou d'autres questions d'importance mondiale ne doit en aucun cas se poursuivre et doit être corrigé sur le long terme. Pour cela, nous avons besoin que des analyses sages et réfléchies retrouvent leur place et leur droit, au-delà de toute apologie

Source Institut pour la Responsabilité des Médias

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