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A propos de l’auteur

Journaliste, Pryska Ducoeurjoly, a travaillé huit ans dans la presse quotidienne régionale, notamment au Journal Sud Ouest, pour plusieurs rédactions locales, puis au siège, à Bordeaux. De formation littéraire pluridisciplinaire, diplômée de l’Institut Pratique de Journalisme, l’auteur s’est initiée aux disciplines scientifiques (nutrition, biochimie, anatomie-physiologie du corps humain) dans le cadre du cursus de Naturopathe Praticien de santé (Institut Euronature). Après avoir quitté les «mass média» en 2008, Pryska Ducœurjoly est aujourd’hui journaliste d’investigation indépendante. Avec La Société Toxique, elle signe son premier essai, synthèse de son expérience croisée dans les domaines de la santé non-conventionnelle, de l’écologie et du journalisme.

Avant-propos

Détox ». Le terme chéri des praticiens de médecines douces est devenu à la mode, pour ne pas dire branché. De nombreuses publicités nous vantent désormais les bienfaits de ces cures, pas toujours données, dont le but est de nous faire éliminer une partie des poisons auxquels notre corps est confronté, bien malgré lui. Le discours écologique a fini par s’imposer. Après des années de déni scientifique, il est désormais admis que nous baignons dans une foule de toxiques avec lesquels l’organisme est forcé de composer. Phtalates, pesticides, formaldéhydes et autres intrus de synthèse imposent à notre organisme un surcroît de travail en plus de ses fonctions habituelles (penser, se dépenser, manger, récupérer). Mieux que « Buvez, éliminez! », il faut désormais « détoxiner » !

On aurait tort de se moquer de cette nouvelle mode. La « détox », concept par ailleurs ancien, est impérative pour sauver la peau de sa santé car les toxiques modernes ont une fâcheuse tendance à s’accumuler, créant de multiples maux et symptômes qui entravent notre dynamisme naturel : fatigue chronique, nausée du matin, mal de dos, allergies, problèmes de peau ou de digestion, autant de soucis du quotidien que nous tentons de masquer à l’aide de subterfuges. Café, antalgiques, anti-histaminiques, fonds de teint et autres pommades symptomatiques ne font souvent que gommer le problème en le déplaçant. Ces béquilles de vie trimballent un cortège d’effets indésirables, pas toujours repérables dans le présent, mais qui finissent toujours par se montrer de plus en plus insistants. Le cercle vicieux dans lequel s’est enferrée notre société n’a pas d’autre issue que la « Détox » !

Néanmoins, il existe un autre paramètre essentiel : l’hygiène mentale. Rire, s’épanouir dans son métier et apprendre à gérer son stress sont les meilleurs alliés du système immunitaire. Et c’est surtout ici que le bât blesse. C’est aussi là que cet ouvrage trouve sa raison d’être : autant les toxiques environnementaux sont désormais identifiés, autant il est difficile de décrypter les poisons mentaux qui nous diminuent à petit feu. Publicités trompeuses, journaux télévisés démoralisants, débats stériles entre experts bien pensants, toutes ces « pensées-poisons » font barrage à notre légitime envie d’évoluer vers le mieux-être. Elles empêchent l’évolution du corps social en nous perdant collectivement dans des perspectives sans issue, dans des « alternatives bornées », selon les mots du philosophe et sociologue Edgar Morin1, dans son « Eloge de la métamorphose ».

Nous sommes en permanence bombardés d’informations pathogènes qui, ajoutées à la toxicité de notre environnement et de nos camisoles chimiques, diminuent considérablement notre libre-arbitre. Pris dans les filets de la pensée unique, il est bien difficile pour le citoyen d’imaginer un monde meilleur, un univers des possibles, une place à la fois pour la générosité et pour la liberté, où l’individualisme rejoint l’altruisme. Entre l’idéologie capitaliste au bord de l’effondrement et les restes du communiste, nous peinons à réinventer un nouveau mode de société, où l’individu serait cette fois véritablement empreint de « liberté, égalité, fraternité ».

Temple de la malbouffe visuelle, veau d’or de la société « matérialo-consumériste », notre télévision manichéenne ne nous offre souvent qu’un choix illusoire et limité, entre le pire et le moins pire. Sans la consommation ou la croissance, point de salut… Dans ce monde bien gris et conformiste, l’idéal d’un monde meilleur (sain et fraternel) est souvent caricaturé en utopie. « On peut pas cultiver sans produits chimiques », « l’économie, c’est forcément la croissance », rabâche-t-on tous les jours aux rêveurs. C’est pourquoi il est de bon ton d’être résigné devant les dommages collatéraux de nos croyances collectives. Drôle de démocratie où le réalisme est en fait un pessimisme.

On nous l’assure, nos dirigeants veillent sur nous et font tout pour nous prémunir des fléaux qui sont assiègent : terrorisme, épidémies, désordres sociaux. « Dormez braves gens »… Les médias, peu dérangeants, ressemblent davantage à des attachés de presse, lorsqu’ils ne sont pas des porte-parole de la Peur sous ses multiples formes (chômage, pandémies, insécurité, etc). Dans ce ronron généralisé, les voix dissidentes peinent à se faire entendre. Voudrait-on nous vacciner en masse contre l’esprit critique ?

Dans cet enfer sociétal pavé de bonnes intentions, il est vital pour chaque citoyen de retrouver un esprit sain dans un corps sain. Pour cela, il lui faut prendre à contre-sens les routes du prêt-à-penser de la Société Toxique. Si chacun s’y met, le corps social pourra évoluer.

Que les chapitres qui suivent soient autant de cailloux pour celui qui, tel le Petit Poucet, souhaite se repérer dans la jungle des pensées toxiques. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les pièges tendus sur le chemin du retour à un authentique développement personnel ne manquent pas. La détox, cela passe aussi et surtout par une cure de dépollution mentale (ou d’épuration mentale), dont le présent ouvrage constitue un manuel pratique à l’usage du citoyen averti.

1« Eloge de la métamorphose », Edgar Morin, Le Monde du 10/11 janvier 2010.


 

 

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