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TYPE DE DISCRIMINATIONS :

RAIDS DE POLICE ET RETRAITS D'ENFANTS

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TEMOIGNAGE N° 2
Paris, 3 mars 2000

Pour protéger nos enfants et nous-mêmes, nous préférons vivre hors de France.

Joh, réfugié en Angleterre, parle au nom de quatorze familles qui ont vu leur vie bouleversée lorsqu’en juin 1993 la police a fait un raid dans leur communauté.

"La plupart de ces familles sont maintenant missionnaires dans d’autres parties du monde, en Afrique du Sud ou ailleurs. Aussi ne peuvent-elles être présentes aujourd'hui.

En 1981 l’ADFI* porte plainte contre La Famille. Ce qui nous a valu une descente de la police contre deux de nos communautés dans le sud de la France, en 1993. L'intrusion de la police a été très violente et les policiers étaient armés. Quatre-vingt de nos enfants ont été confiés aux services sociaux. Vingt-deux adultes ont été arrêtés et relâchés dans les quarante-huit heures. Le prétexte à cette rafle était que nous étions suspectés d’abus sexuels envers les enfants. Mais, en fait, les officiers de police ont reconnu que leur but était de détruire La Famille au niveau européen. Pendant deux mois, les enfants ont été gardés par les services sociaux. Les dossiers concernant ces enfants ont été transmis à différents juges qui ont conclu à l'inexistence d'abus sexuels. Tous les enfants ont été renvoyés à leurs parents et à leurs familles, mais la rumeur d’incitation à la débauche de mineurs a été lancée contre nous.

L’action en justice a duré plusieurs années. Il n'en est ressorti aucune preuve contre nous. En janvier 99, à la suite d’une recommandation du procureur, le juge décida de clore le dossier. Il déclara qu’il n’y avait aucune raison de continuer à instruire cette plainte et d’aller devant le tribunal. L’ADFI a fait appel et, le 24 février 2 000, cet appel a été rejeté.

Quand ces raids ont eu lieu contre nos centres en 93, les médias étaient là. Mais où sont-ils aujourd'hui, maintenant qu’on sait que ces accusations étaient fausses et sans fondements ? En 93, les juges avaient dit qu’il n’y avait aucune raison de poursuivre La Famille, mais dans le rapport gouvernemental, en 96, les représentants du gouvernement français ont déclaré : “Il est bien connu par tout le monde que les membres de La Famille de Dieu pratiquent de façon très fréquente la prostitution et l’inceste.” Ce rapport s'est fait le relais de la désinformation menée par les groupes "anti-sectes". Tout cela a beaucoup affecté les membres de La Famille et cela a eu également un impact sur nos amis parce qu’il n’y a pas seulement eu des raids contre deux de nos communautés en France, mais aussi contre dix maisons privées, les domiciles de personnes amies ou qui étaient liées d’une façon ou d’une autre à nous. Pour protéger nos enfants et nous-mêmes, nous préférons vivre hors de France."

* Association de Défense de la Famille et de l’Individu.

 

TEMOIGNAGE N° 3

Paris, 3 mars 2000

On m’a repoussée violemment sur mon lit et on m’a crié dessus tandis qu’une femme en uniforme arrachait de force ma fille du lit auquel elle s’accrochait.

Milcah est mère de famille. On lui a retiré ses sept enfants pendant plusieurs semaines.

"En tant que missionnaires chrétiens de La Famille, nous avons été amenés à voyager dans de nombreux pays et nous avons vécu parfois des choses pénibles dans des pays plus ou moins accueillants. Mais je dois dire, en tant que citoyenne française, que c'est sur le sol français que j’ai vécu mon expérience la plus traumatisante.

C’était en juin 93 et ce matin-là, à 6 heures, nous avons été réveillés en sursaut car notre maison était encerclée par cinquante gendarmes, armés jusqu’aux dents, avec gilets pare-balles et chiens policiers. Ils ont frappé violemment à notre porte. En quelques secondes et dans chaque pièce, tous les occupants ont été maîtrisés et menacés par une arme semi-automatique. Les policiers s’attendaient de toute évidence à nous trouver armés et dangereux alors que nous sommes contre la violence sous toutes ses formes. J’ai voulu me précipiter pour réconforter ma petite fille de 4 ans qui, assise dans son lit, me tendait les bras en pleurant. On m’a repoussée violemment sur mon lit et on m’a crié dessus tandis qu’une femme en uniforme arrachait de force ma fille du lit auquel elle s’accrochait. Pendant ce temps, notre fille nous voyait sous la menace des armes et menottes aux poignets. Tous les enfants de la maison ont été emmenés en pyjama jusqu'à l’estafette de la gendarmerie.

Durant les quarante-huit heures de garde à vue et d’interrogatoire, on nous a accusés des pires choses. On nous mentait pour nous affaiblir et nous faire avouer des choses dont nous n’étions pas coupables. On m’a insultée, humiliée, parlé grossièrement et c’est à peine si, après huit heures d’arrestation, nous avons eu droit à un sandwich et un café. Pendant l'interrogatoire, je n'arrivais pas à savoir ce qui ce passait avec mes enfants. Je m’inquiétais parce que j’avais un fils qui avait eu une très forte fièvre la nuit auparavant. Les enfants, eux, ont subi plusieurs examens de pédiatres, gynécologues, psychiatres et psychologues. Mes filles avaient alors 6, 11 et 13 ans. Ces examens humiliants restent jusqu'à aujourd’hui en elles comme un cauchemar. On leur a dit toutes sortes d’horreurs sur leurs parents, qu’on n’allait plus les revoir, qu’on ne les aimait pas et qu’on n’essaierait même pas de les revoir. Ils ont été placés en institution à la DASS et il nous a fallu un mois pour les récupérer."

TEMOIGNAGE N° 4

Paris, 3 mars 2000

Maria n’était qu’une parmi les 80 enfants qui ont subi le raid de police.

Céleste témoigne pour Maria, son amie, qui a vécu un raid de police à l’âge de onze ans et s’est retrouvée séparée de ses parents.

"Maria a dix-huit maintenant. Elle n’est pas ici parce qu’elle a de très mauvais souvenirs de la France et qu'elle ne voulait pas reparler de tout ça. Chaque fois qu’on reparle de ces années, de cette période, du raid, elle devient silencieuse et préfère ne pas en parler. Moi, je voudrais parler des enfants qui sont nés dans La Famille comme moi. Maria n’était qu’une parmi les quatre-vingt enfants qui ont subi le raid de police. Donc en tant que personne née et ayant toujours vécu dans cet environnement, je trouve très déprimant de lire des articles et des textes comme celui du rapport parlementaire. Je peux vous dire hautement et fermement qu'en tant qu’enfant élevée au sein de La Famille, je n’ai jamais été sexuellement abusée. Nos parents ont réussi à obtenir ce jugement qui proclame leur innocence mais il faut prendre en compte le fait que chaque fois que vous dites à quelqu’un que vous êtes un enfant né dans La Famille, les gens vous regardent de façon bizarre. J'essaie de dire que ce n’est pas du tout juste de devoir grandir avec ce genre de réputation quand vous êtes simplement quelqu’un de normal."

TEMOIGNAGE N° 14

Paris, 3 mars 2000

De force, ils nous ont séparés de nos enfants qui ont été emmenés à la DDASS pour visite obligatoire. Ils ont été regardés de la tête aux pieds, examinés au niveau anal et vaginal pour les petites filles, devant les policiers. Je vous laisse imaginer le choc psychologique...

Docteur Juliette B. : "J'ai dix ans d’expérience aux urgences à l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon, et j'ai une formation en acupuncture, homéopathie, sophrologie, médecine tropicale, hygiène et médecine préventive. Je me suis trouvée embrigadée dans une histoire de “secte” et aujourd’hui je suis radiée à vie ! Donc je ne suis plus rien officiellement. Nous étions un groupe de copains scientifiques, chercheurs et médecins. On voulait faire de la recherche dans le but de trouver des solutions à la pollution et à la faim dans le monde.

Et puis un beau jour, un petit garçon du groupe a été envoyé à l’hôpital pour un malaise respiratoire à la suite d’une piqûre de tique. Le médecin qui l'examine diagnostique la maladie de Lyme, la maladie de la tique, et l'envoie à l'hôpital. Huit jours plus tard, on se retrouve avec une histoire de “secte” et un enfant qui n'aurait pas été vacciné. Alors même qu’il avait un certificat de vaccination DT Polio en règle, parce qu’à l’époque je vaccinais encore. Je me suis retrouvée dans les journaux, où il a été dit que l’enfant était mort. Je tiens à signaler que l’enfant est en très bonne santé, qu’il va très bien aujourd’hui, qu’il n’a jamais eu le tétanos et pour cause... J'ai d'abord été convoquée par l’ordre des médecins, pour non-vaccination.

J'ai été radiée du Conseil de l’ordre. Ensuite j'ai été mise en examen pour non-assistance à personne en danger, faux et usage de faux. Alors que l’enfant avait été dûment vacciné, que le certificat était juste et qu’il n’y avait jamais eu de non-assistance à personne en danger vu que l’enfant avait été emmené d’urgence à l’hôpital dès qu’il avait eu son problème respiratoire !

Il y a eu une descente de police au centre : il y avait au moins 200 gendarmes, dans tous les coins. Dans plusieurs endroits où on avait des amis. Ils sont tous arrivés en même temps, à 6 heures du matin. C’est toujours très impressionnant parce qu’ils arrivent mitraillette au poing. De force, ils nous ont séparés de nos enfants qui ont été emmenés à la DDASS pour visites obligatoires. Ils ont été regardés de la tête aux pieds, examinés au niveau anal et vaginal pour les petites filles, devant les policiers. Je vous laisse imaginer le choc psychologique...

Depuis, ça n’a pas arrêté. Tous les témoignages positifs ne sont pas pris en compte. Mais ils utilisent tout ce qui est contre. Toujours à charge, jamais à décharge. Dans le milieu judiciaire, des lettres très importantes ont disparu. Notamment une dans le dossier de l’enfant. Cette lettre était écrite par le médecin qui avait envoyé l’enfant en urgence. Elle donnait bien le diagnostic de la maladie de Lyme. A partir du moment où on l’a réclamée, cette lettre a disparu. Lorsque nous avons réclamé, on a failli être pris pour des fous. Cette lettre n'aurait jamais existé !... Oui, ils l’ont écrit. Heureusement que l’avocat avait vu cette lettre, que la famille l’avait vue, que d’autres personnes l’avaient vue parce que sinon… Alors les parents de l’enfant, écœurés, ont dit que, tant que cette lettre ne réapparaissait pas, ils quitteraient le territoire français parce qu’ils n’avaient plus foi en la justice française. Effectivement, ils ont quitté le territoire français tous ensemble et ils sont menacés aujourd’hui de six ans de prison s’ils reviennent en France. Ce sont, soi-disant, des parents irresponsables, qui ont mal soigné les enfants et qui les ont mis dans une “secte”... Nous avons également tous été menacés de mort !

Je me souvient d’un gag exemplaire. A cinq heures du matin, on trouve des journalistes transis dans leur voiture. On leur demande ce qu'ils faisaient là. On ne savait pas qui ils étaient. L'un d'entre eux nous répond que c'est son directeur qui lui a dit d'attendre ici parce qu’avec le choc que vous avions vécu, nous risquions un suicide collectif. Il fallait qu’ils soient là pour le scoop. La nuit, on élève des petits poussins à la ferme et on met une petite lampe infra rouge qui s’allume automatiquement vers 3 heures du matin quand il fait trop froid. Quand ils ont vu cette lumière s’allumer ils ont cru qu’on était en train d’allumer des incendies pour nous suicider ! Ils n'osaient plus sortir de leur voiture, ils ont eu très peur !

J’ai fait sept mois et demi de prison. En deux fois, en tant que prévenue d’abord, et puis après en tant que condamnée. Et je suis encore en cassation, donc je risque encore une année de prison, alors que je n’ai absolument rien à me reprocher, ni sur le plan professionnel, ni en tant que citoyen. Officiellement, aucune plainte n'a été déposée. Tout cela est fondé sur des rumeurs. Je pense que certaines associations anti-sectes ont participé à nous détruire. Tout cela a été volontaire. On était peu nombreux, pas internationaux, donc le bouc émissaire idéal. En ce qui concerne l'Ordre des médecins, on m’a refusé le recours au Conseil d’Etat en me disant qu’il n’y a aucune raison de casser mon dossier. Donc je suis radiée à vie. Je dirai comme mon collègue le docteur Scohy que je suis ravie d’être exclue de cette secte-là ! "

Fin de la page 1

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