Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience
Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience
line
CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction
 
actualites
enquetes
revue de presse
vos droits
Aidez-nous
futur
publications
Point de vue
liens / links
telechargements
contacts
english version
CAP LC 2012
www.coordiap.com

Ecrivez-nous : 37, rue St Léonard 44000 Nantes

contact@coordiap.com
 
 

TYPE DE DISCRIMINATIONS :

RUPTURES DE CONTRATS COMMERCIAUX

TEMOIGNAGE N° 10

Paris, 3 mars 2000

En tant que mère de famille, ce n’est pas facile avec les enfants qui doivent répondre à des tas de questions à l’école. Il faut sans arrêt justifier nos croyances religieuses. C’est quelque chose qui sape le moral et qui est extrêmement pénible à vivre.

Chantal : "Mon mari et moi avons une société de conseil en gestion et recrutement. Nous ne faisons pas de recrutement nous-mêmes, mais nous donnons des outils pour que les entreprises puissent recruter les personnes qu’elles recherchent. Nos clients sont généralement extrêmement satisfaits de nos services.

Mon mari est un scientologue très actif qui prend souvent la parole pour la défense des droits de l’homme. On le voit parfois à la télévision et dans la presse écrite. Dans Paris-Match, par exemple, il a été mis sur une liste noire. Nous sommes régulièrement la cible d’attaques de la part de la presse parce que nous sommes scientologues depuis une quinzaine d’années. Cela est préjudiciable à l’entreprise et à cause de ces campagnes de dénigrement, sans arrêt, nous devons nous battre pour essayer de récupérer les clients qui ont pris peur.

 En tant que mère de famille, ce n'est pas facile avec les enfants qui doivent répondre à des tas de questions à l'école. Il faut sans arrêt justifier nos croyances religieuses. C’est quelque chose qui sape le moral et qui est extrêmement pénible à vivre. Nous perdons des amis et des relations. Il faut chaque fois rendre des comptes comme si nous étions fautifs. Nous avons déjà dû fermer deux entreprises qui fonctionnaient très bien et licencier une dizaine de personnes."

 

TEMOIGNAGE N° 18

Paris, 3 mars 2000

En tant que formateurs, si nous voulons travailler pour des grandes organisations européennes ou françaises qui ont lu le rapport « Les sectes et l’argent », je dois aller demander à l’ADFI un certificat de bonne conduite.

Christian : "En tant que psychosociologue, je dirige un organisme de formation depuis une quinzaine d'années. Mon premier “tort” est d'enseigner différentes disciplines psychologiques, notamment la PNL – programmation neurolinguistique – dont on a dit, ici et là, depuis plusieurs années, que c'était une "secte". Dans les séminaires que je peux animer dans de grandes entreprises et des administrations, je parle assez régulièrement et très librement de spiritualité. Je n'ai jamais appartenu à aucune organisation spirituelle, religieuse, mystique.

En 1994, j'ai lancé un mouvement politique qui a présenté une liste aux élections européennes, pour défendre notamment la liberté de conscience et les libertés thérapeutiques.

Il faut croire que tout cela a dû agacer un certain nombre de gens au pouvoir qui ont réussi à faire passer ma société de formation pour une filiale de la Scientologie, dans le rapport parlementaire de juin 1999 intitulé “Les sectes et l'argent”. Et cela alors même que je n'ai jamais eu aucune relation que ce soit avec la Scientologie.

En 1996, mon entreprise était florissante avec un peu plus de six millions de francs de chiffre d'affaires. Aujourd'hui, nous avons un peu de mal à faire la moitié de ce chiffre d'affaires parce que, pour obtenir la même clientèle, je dois faire à peu près trois fois plus d'efforts pour faire face aux suspicions et aux questions. J'ai perdu plusieurs marchés depuis quelques mois avec un certain nombre de mes clients ou futurs clients.

Un de mes associés est allé demander à Mme Janine Tavernier un certificat de “bonne secte” – pour avoir le droit de travailler. Celle-ci lui a dit : “Ah, ne me demandez pas de papier... !” Nous en sommes là, aujourd'hui. En tant que formateurs, si nous voulons travailler pour des grandes organisations européennes ou françaises qui ont lu le rapport "Les sectes et l'argent", je dois aller demander à l’ADFI un certificat de bonne conduite !"

 

 

TEMOIGNAGE N° 45

Paris, 3 mars 2000

Du jour au lendemain, j’ai perdu tout ce que j’avais créé. J’ai du me battre. J’ai fait des procès aux journaux qui m’accusaient d’espionnage... J’ai gagné la plupart des procès.

Michel : "ingénieur, diplômé de l’Ecole polytechnique, je suis scientologue depuis vingt-cinq ans. En 1990, j’avais une entreprise informatique, créée avec un associé non scientologue, et elle employait 22 salariés. J’étais le seul scientologue de l’entreprise. Le directeur commercial de notre entreprise avait décroché une étude de faisabilité pour la mise au point d’un logiciel permettant d’aider les interventions du RAID.

Le RAID est une unité de policiers qui intervient en urgence dans les affaires de prises d'otage, de terrorisme et de lutte contre les forcenés. Dans ma naïveté, je me suis dis que ces gens méritaient d’être aidés parce qu’ils risquaient leur vie tous les jours. Ce contrat avait été obtenu par une démarche commerciale tout à fait normale. Cela s’est très bien passé dans mon intervention jusqu’à ce que je sois dénoncé par la presse comme scientologue, non seulement s’infiltrant, mais espionnant au profit d’une “secte”. Cela a fait les gros titres, avec par exemple, dans Le Figaro : “l’Intérieur, client de la secte”… Une cinquantaine d’articles sont parus. J’ai dû me défendre à la radio et à la télévision. J'étais le seul scientologue dans l’entreprise, et Le Canard enchaîné disait de nous que nous étions “Une bande de scientos s’infiltrant dans la police”. Étant le seul scientologue, j’ai démissionné pour protéger l’entreprise de tout cet amalgame et lui permettre d’exister. Du jour au lendemain, j’ai perdu tout ce que j’avais créé. J’ai dû me battre. J’ai fait des procès aux journaux qui m’accusaient d’espionnage… J’ai gagné la plupart des procès.

Dans le journal Libération, une pleine page m’accusait d’avoir eu ce contrat grâce à l’intervention d’une "taupe" scientologue infiltrée au ministère de l’Intérieur. Devant le juge, l’avocat de Libération a reconnu que c’était une erreur. Ils ont été condamnés et n’ont pas fait appel du jugement. Ce qui montre qu’un journal de cette notoriété peut inventer de toutes pièces une histoire comme celle-ci sans la moindre preuve… D’après ce journaliste, la DST – Direction de la sécurité du territoire – nous en voulait fortement. La police en France manipule les journalistes et réciproquement. Je précise ici, en public, que je n’ai jamais livré la moindre information sur mon travail à l'Église de Scientologie et, bien sûr, qu’elle ne me l’a jamais demandé. Pendant que la campagne de presse battait son plein, mon associé a été voir l’ADFI pour demander à cette association qu’elle arrête de faire cet amalgame entre notre société et l'Église de Scientologie.

Trois ans plus tard, après avoir refait ma vie en repartant de zéro, j’ai créé une autre activité.

Dans ma vie professionnelle nouvelle, qui n’a plus rien à voir avec ce que je faisais à l’époque, je continue régulièrement à avoir des contrats interrompus sur une décision brutale probablement due à l’intervention de la police. J’ai demandé par l’intermédiaire de la CNIL – Commission nationale Informatique et Liberté – à avoir accès à la fiche que les RG détiennent sur mon compte. On m’a répondu que j’étais fiché mais que je ne pouvais pas avoir accès à ma fiche pour des motifs de sécurité nationale. Je suis considéré comme un individu dangereux pour la sécurité nationale, et, dans ce cas-là, le gouvernement français a le droit de ficher des gens pour leurs opinions politiques, religieuses, et de ne pas leur communiquer le contenu de leur fiche… Une action est en cours devant le tribunal administratif pour que je puisse avoir accès à mon dossier des RG. Je pense que tout cela ira jusqu’à la Cour européenne de justice. "

 

TEMOIGNAGE N° 47

Rennes, 17 mai 2000

L’article était titré : « Le yoga sur la sellette ». En gros, il voulait faire passer le yoga pour « exercice illégal de la médecine ». Tout cela parce que nous avions écrit dans notre brochure que le yoga est une « aide pour la santé dans les moments difficiles ».

R. : "je suis professeur de yoga. J'ai créé un centre de yoga à Saint-Lô dans la Manche en 91 et j’ai également créé l’association Arc-en-Ciel. Ce centre se développait très bien grâce à l'intervention de plusieurs personnes. Par la suite, j'ai demandé à la délégation régionale " Jeunesse et Sports" comment on pourrait avoir un agrément de leur part ou quelque chose qui nous crédite auprès des écoles, car nous avons voulu développer l’enseignement pour préparer des examens.

En 96, j'ai envoyé plusieurs lettres et n'ai jamais reçu de réponses. En mai 97, un de mes élèves a appelé un numéro de téléphone officiel pour se renseigner sur les “sectes” en Normandie. Le ministère de la Jeunesse et des Sports renseignait les personnes désireuses de connaître les “sectes” dans la région. Hugo, mon élève, a donc eu cette personne au téléphone qui lui a expliqué que dans la région il y avait deux mouvements dangereux : la Fraternité blanche universelle et Arc-en-ciel, implanté à Saint-Lô et en Bretagne, qui est une filière de la Fraternité blanche !...

J'ai rencontré cette dame pour lui expliquer le but de notre association, de notre travail de développement personnel et de relaxation avec les élèves. Elle était enfermée dans ses préjugés et me disait : “Mais écoutez, il y a un rapport parlementaire où plusieurs associations sont dénoncées.” Sans argumenter correctement elle nous positionnait comme une “secte” alors même que nous n'étions pas sur la liste du rapport parlementaire. Je l'ai quand même invitée à Saint-Lô pour visiter le centre. Elle s'est déplacée avec les délégués Jeunesse et Sports de Saint-Lô. Nous avons de nouveau tout expliqué. Suite à cette rencontre, elle a campé sur ses positions. De toute façon, il n'y avait pas de dialogue.

Ensuite, j'ai eu un contact avec un journaliste de la Manche-Libre, un journal très lu à Saint-Lô. Il me disait qu'il avait fait une enquête sur nous et qu'il avait préparé un article. Il disait que si je ne le recevais pas, ça serait grave pour moi. Je me suis laissé prendre au piège. Il a fait un interview qui était extrêmement bien préparé afin que toutes les interprétations qu'il faisait de mes propos soient très négatives pour moi. Cet article a été publié avec un interview qu'il a fait avec les gens du ministère.

L'article était titré : “Le yoga sur la sellette”. En gros, il voulait faire passer le yoga pour “exercice illégal de la médecine”. Tout cela parce que nous avions écrit dans notre brochure que le yoga est une “aide pour la santé et les moments difficiles”. Selon les gens du ministère, ces interventions sont “ à la limite médicale, à la limite de la thérapeutique”. Et cela alors même que tous les ouvrages de yoga en circulation en France depuis 40 ans parlent de ses effets bénéfiques sur la santé. Nous avons informé depuis l’ouverture du centre de Yoga par des brochures et dépliants sur la forme de notre travail, et nous avons même organisé peu avant la parution de l’article une conférence sur le sujet de la spiritualité et des “sectes” à Saint-Lô. Un élève que nous avions formé était prêt à reprendre l'activité du Centre. Suite à cet article, il a baissé les bras. Le Centre a donc été fermé. Plus personne ne voulait reprendre cette activité dans ces conditions. Deux autres personnes travaillant dans ce centre ont perdu leur emploi. Pour moi, cette situation s'est révélée très difficile à vivre par rapport à toutes les personnes que je connaissais en Normandie depuis une dizaine d'années. J'ai été obligé de rompre un certain nombre de relations avec des personnes qui n'ont pas compris qu'un journal pouvait mentir ou déformer les choses. Pour eux, tout ce qui était écrit dans le journal était vrai. Le procès en diffamation que nous avons intenté n'a malheureusement pas pu aboutir pour des raisons de procédures et de délais.

A titre personnel, j'ai été démoli par cet article de presse. Je suis absolument certain que c'était une commande. La diffamation m’a mis dans une situation psychologique difficile et, ne pouvant plus envisager d’avenir dans la région, j’ai été obligé de précipiter mon départ pour m’installer en Bretagne où finalement j'ai construit à nouveau un petit centre où j’enseigne depuis un an.

Pendant ce temps ma vie de famille se brise, j’ai divorcé et je suis passé par des phases financières extrêmement délicates, j’ai même été au RMI, alors que j’ai toujours été indépendant depuis l’âge de 18 ans. Ma détermination est tout ce qui me reste pour que justice se fasse et que les personnes à l’origine de tout cela répondent de leurs actes."

Index des témoignages Haut de page