Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience
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TYPE DE DISCRIMINATIONS :

INTERDICTION D'ANTENNE

TEMOIGNAGE N° 1

Lyon, 28 avril 2000

On nous a dit : « Ne parlez pas trop de Dieu ». On a donc diffusé du gospel. On nous a dit : « Vous reparlez de Jésus, vous reparlez du péché ! » Nous avons donc été exclus en 1997.

Claude: "je représente à Lyon 1'association CLEF*, affiliée à 1'Alliance évangélique française qui, fait partie elle-même de la Fédération protestante. Nous sommes également membre de l’APPEL (Association pastorale protestante évangélique de Lyon ), association représentant environ 5 000 personnes sur la région lyonnaise. Nous avons entendu ici des témoignages d'individus qui ont eu des problèmes dans leur vie professionnelle ou privée. Mais c'est aussi vrai de certaines institutions religieuses qui peuvent être mises à l'écart. Nous-mêmes, en tant que membres d'une église protestante évangélique à Lyon, nous subissons peu à peu des restrictions quant à notre liberté d'expression. Nous étions membres fondateurs, depuis 1982, d'une radio à Villeurbanne (RCT). Peu à peu notre discours a été restreint. On a commencé par nous dire : “Ne parlez pas que des protestants !” ; ensuite on nous a dit : “Ne parlez pas trop de Dieu” et puis : “Ne parlez plus du péché”... La dernière année, on nous a dit : “Ne faites plus qu'une émission musicale.” On a donc diffusé du gospel. Hélas, les Lyonnais ne comprennent pas tous l'anglais. Je me faisais un plaisir de traduire les paroles des chansons qui étaient sur Jésus ou sur le fait d'être lavé de ses péchés. On nous a dit : “Vous reparlez de Jésus, vous reparlez du péché !” Nous avons donc été exclus en 1997. A Lyon, nous faisons chaque année une fête avec du gospel tous les 8 décembre et tous les 21 juin, sur la place des Jacobins. Avant, le service des Fêtes de la Ville de Lyon nous écrivait, nous téléphonait pour nous demander nos besoins et même nous relançait parfois lorsque nous avions du retard dans nos demandes pour les spectacles gospel. Depuis trois ans maintenant, à peu près, une fois on n'a pas 1'électricité, une fois on n'a pas ceci ; une autre fois on n'a pas cela... Ça se restreint.

Nous avons fait en 1994 une marche pour Jésus, une marche très joyeuse, entre manifestation tout court et procession religieuse. Nous avons préparé l'itinéraire de cette marche avec 1'Hôtel de Police. Dix jours avant la date de la marche, la mairie de Lyon nous refusait cette manifestation par crainte des "sectes". On leur a demandé pourquoi. Ils ont répondu : “Si on permet à vous, on permettra à d'autres et ainsi de suite.” Ce qu'ils ne savaient pas ; c'est que cette manifestation avait lieu dans le monde entier dont Londres, Berlin etc., et en France Paris, Strasbourg, Bordeaux, Marseille... J'ai simplement faxé la liste des lieux à la mairie de Lyon en disant : “C'est très simple, nous allons prévenir Amnesty International”. On m'a rappelé d'urgence en disant : “Vous n'aviez pas compris, c'était une question d'itinéraire ; pas de problèmes, vous pouvez organiser votre marche.

En tant que protestant, j'aimerais rappeler qu'il y a quatre cents ans, en 1598, Henri IV promulguait l’édit de Nantes en promettant à tout Français la liberté de religion et d’expression.

Cet édit a été révoqué sous Louis XIV, provoquant la répression contre les protestants. Maintenant, on utilise le qualificatif de “secte” pour justifier l’intolérance. Je souhaiterais qu’en France, chacun puisse avoir la liberté d’expression, la liberté de culte et le droit de penser autrement."

* C L E F : Cercle Lyonnais d'Evangélisation et de Formation.


TEMOIGNAGE N° 7

Paris, 3 mars 2000

Orthophoniste et naturopathe, il est dénoncé comme « gourou ». Dans une petite ville de province, cela ne pardonne pas.

P.B. naturopathe de formation exerçant dans le sud-ouest a été l’objet d’une campagne des média qui a eu pour résultat de lui faire perdre son emploi.

"Je viens témoigner pour un ami, P.B., qui habite dans le Sud-Ouest et qui ne peut être présent aujourd'hui. Naturopathe de formation depuis seize ans à Bayonne, il pratique l'iridologie, l'aromathérapie et le traitement par les huiles essentielles. Orthophoniste depuis huit ans, il pratique aussi le Radja Yoga des Brahma Kumaris.

Dès 96, l'ADFI a mené, dans le Sud-Ouest, une campagne d'information dans les écoles primaires et secondaires ainsi que dans les universités sur le danger que représentent toutes les minorités spirituelles qu'ils qualifient de “sectes” et dont les Brahma Kumaris font partie. Sur Radio-France Pays Basque, P.B. présentait bénévolement depuis plus d'un an et demi des émissions sur la naturopathie. L'ADFI a prétendu que P.B. était le gourou de la “secte” des Brahma Kumaris. Suite à ces pressions, la direction de la radio lui a interdit de continuer ses émissions.

P.B. a exercé sa profession d'orthophoniste à Saint-Palais, petite ville de quinze cents habitants, juste à côté de Bayonne où il était connu de tous les habitants. En 1997, une réunion de l'ADFI dénonçait les activités des "sectes" en général en France et ils ont consacré plus de la moitié de cette réunion à P.B. Cela a représenté un énorme choc pour ses amis et tous les gens qui le connaissaient dans cette ville. Ensuite, en 1998, un article est paru dans le journal Sud-Ouest qui mettait les Brahma Kumaris en première ligne. L'article parlait de P.B. sans citer précisément son nom, mais avec suffisamment de détails pour qu'on puisse le reconnaître. Suite à cela, il a perdu 60 % de sa clientèle.

Il a reçu de nombreux appels téléphoniques anonymes, des menaces, des moqueries, même de nuit. Ensuite on lui a demandé de quitter le bureau d'une association qui organisait des conférences, l'Université d'études libres. On le tenait pour responsable de la perte des adhérents, des cotisations, du public, vu la suspicion qui régnait sur son appartenance à une “secte”. On lui a demandé de quitter cette association.

Dernier épisode, P.B. était visiteur de prison depuis huit ans à titre de naturopathe. Le directeur du service régional pénitentiaire de Bordeaux lui a retiré son agrément en tant que membre d'un “mouvement à caractère sectaire”."


TEMOIGNAGE N° 21

Marseille, 29 mars 2000

Deux jours après l’émission, j’ai reçu une lettre de renvoi de l’équipe rédactionnelle de la radio. Je n’ai rencontré personne dans le milieu de la radio ou de la télé qui soit d’accord avec moi sur le fait qu’il puisse être simplement intéressant de recevoir un scientologue ou un mooniste dans une émission. Ca ne leur traverse même pas l’esprit.

Alain : "Je suis un ancien animateur de radio, non professionnel. Pour gagner ma vie, je suis postier. Je ne suis adhérent à aucune organisation spirituelle. J'étais tout de même en train de faire mon trou pour devenir animateur salarié dans le réseau associatif de la FM lorsque j’ai été renvoyé d’une radio. Par curiosité, j'ai voulu recevoir des scientologues à l'antenne. Je ne connaissais absolument rien au phénomène sectaire et encore moins à la Scientologie. J'ai fait une petite enquête de deux mois en commençant par aller voir l'ADFI et le CCMM. Et là je me suis aperçu que ce qu'on m'expliquait n'était pas vraiment intéressant à faire passer à l'antenne. J'ai demandé autour de moi ce qu'il en était. J'ai eu droit à des réponses du type : " ce sont des trafiquants de drogue". Alors moi, très naïf, je suis allé voir évidemment les gens de l'Eglise de Scientologie de Lyon et j'ai posé ce genre de questions : “Alors, vous êtes trafiquants de drogue, expliquez-moi.” Alors ils m’ont parlé de leur engagement militant contre l’usage des drogues. C’était tout de même assez différent.

J'ai eu des discussions avec les scientologues qui sont des gens tout à fait convenables. Ils m'ont donné une documentation qui m'a beaucoup plu. J'étais emballé par le personnage de Ron Hubbard que je trouve assez remarquable. Donc j'ai fait une émission positive à la suite de laquelle j'ai été convoqué devant le conseil d'administration, où je me suis aperçu que la plupart des gens n'y connaissaient absolument rien. Ils n'ont jamais vu un bouquin de Scientologie, mais simplement le fait que ce mouvement soit mal vu entraîne cet alignement dépréciateur de la part de gens des médias censés informer leur prochain !

Sur une autre antenne, j'ai aussi reçu quelqu'un du Mandarom, une charmante personne âgée, mais c'est tout juste si les collaborateurs de la radio lui ont serré la main. La direction me convoque et me demande pourquoi je reçois ce genre de personnes. Je dis que je les invite pour s'expliquer parce qu'ils sont accusés, ce qui est normal en démocratie. Le directeur me dit : “On est subventionné par les commerçants de la ville et quand ils entendent çà à l'antenne, ils prennent leur téléphone pour exprimer leur mécontentement.” On arrive en 96, c'est l'affaire du procès de la Scientologie à Lyon. Je vais voir le directeur de la radio et je lui dis que je veux recevoir les scientologues à l'antenne puisqu'ils sont accusés. Les scientologues n'ont été reçus par aucun média local. Sur FR3, un journaliste parlait du “procès de l'escroquerie”. Des trucs haineux de ce genre, sans aucune possibilité de réponses. Je ne prends pas parti, mais qu'on donne au moins la parole aux gens qu'on accuse. Je veux les recevoir mais le directeur refuse. Je maintiens l'invitation, mais les scientologues ont préféré ne pas venir. Ils avaient assez de problèmes localement pour éviter ça.

Pendant le procès de la Scientologie, une télévision locale, TLM, a organisé un débat sur les "sectes" en général. Je me suis fait inviter à titre de témoin. Dans l'émission, il y avait un panel de spécialistes autoproclamés. J'ai discuté avec eux, aucun ne sait vraiment ce qu'est la Scientologie ou le Mandarom. Pour eux, tous ces mouvements sont dangereux. En fait, ils ne cherchent même pas à savoir. Certains ont des gros dossiers. Ils ont des raisons personnelles pour les détester. Mais quand vous avez tout un panel de spécialistes qui opinent tous dans le même sens, c'est vraiment choquant. A un moment donné, j'ai explosé parce qu'on commençait à parler de la Scientologie et à en dire n'importe quoi. On voyait vraiment bien qu'ils n'y connaissaient à peu près rien. J'ai dit tout le bien que je pensais de Ron Hubbard. Je leur ai dit de commencer par lire ses livres. On m'avait présenté comme animateur de radio. Deux jours plus tard après l'émission, j'ai reçu une lettre de renvoi pur et simple de l'équipe rédactionnelle de la radio. Je n'ai rencontré personne, dans le milieu de la radio ou de la télé, qui soit d'accord avec moi sur le fait qu'il puisse être simplement intéressant de recevoir un scientologue ou un mooniste dans une émission. Ca ne leur traverse même pas l'esprit. Je trouve que c'est du crétinisme.

En ce moment, il y a en France, l'affirmation d'une identité rationaliste et scientiste. Tout ce qui tourne autour de la spiritualité n'est pas perçu. Systématiquement les mouvements spiritualistes se font flinguer."

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