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TYPE DE DISCRIMINATIONS :

RAIDS DE POLICE ET RETRAITS D'ENFANTS

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TEMOIGNAGE N° 19

Marseille, 29 mars 2000

Les gendarmes étaient porteurs d’une mandat de perquisition délivré par le juge Fontaine de Grenoble, qui instruisait le dossier de l’Ordre du Temple Solaire. la perquisition dura six heures et les gendarmes fouillèrent tout avec zèle car ils étaient persuadés que l’Institut était une branche de l’OTS. Les enquêteurs ont fait le lien entre les éditions «Vivez Soleil » et l’Ordre du Temple Solaire !

Elvire : "Je représente Christian Tal Schaller, médecin d’origine genevoise et son épouse Johanne psychothérapeute. Ils sont tous les deux enseignants dans le domaine de la santé globale et du développement personnel. Ils sont également écrivains et conférenciers. Christian Tal Schaller est aussi le créateur des éditions “Vivez Soleil”, qui publient des ouvrages pour la promotion de la santé globale.

Ils ont créé “l’Institut de recherche et d’application en santé globale” et ont commencé à organiser des stages au printemps 97. C’est le 10 octobre 97, au petit matin, lors d'un stage de jeûne, que trois bataillons de gendarmerie envahirent le domaine. Certains étaient vêtus de la tenue traditionnelle, d’autres d'une tenue de camouflage et portaient une mitraillette au poing. Ils étaient dans des véhicules terrestres qui fonçaient dans tous les coins du domaine pour empêcher quiconque de s’échapper. Les gendarmes étaient porteurs d’un mandat de perquisition délivré par le juge Fontaine de Grenoble, qui instruisait le dossier de l'Ordre du Temple Solaire. La perquisition dura dix heures et les gendarmes fouillèrent tout avec zèle car ils étaient persuadés que l’Institut était une branche de l’Ordre du Temple Solaire. Les enquêteurs ont fait le lien entre les éditions “Vivez Soleil” et l'Ordre du temple Solaire. De plus, le Dr Christian Tal Schaller avait une voiture avec un soleil dessus, sous lequel était inscrit “Vivez Soleil”... Ils étaient persuadés qu’on allait préparer un suicide collectif par le feu. Une stagiaire a posé la question : “ Mais vous êtes venus pour quoi faire ? ” Ils ont dit : “Pour vous protéger parce qu'on allait vous tuer”. On a appris aussi qu’on était sur écoute téléphonique depuis des mois, surveillés dans nos faits et gestes. Donc, ils ont enfoui dans des sacs tout ce qui pouvait servir de pièces à conviction, des tissus qu’ils ont trouvés, des coussins qui représentaient des soleils, des bougies, les livres de la bibliothèque et de la librairie, surtout ceux qui parlaient de la mort et de l’au-delà, les disques durs des ordinateurs, les agendas, les courriers personnels, la liste des stagiaires, les chèques non encore encaissés et qui d’ailleurs n’ont jamais pu être encaissés puisqu’ils sont restés au commissariat pendant une année entière. Johanne a été dirigée à la gendarmerie avec les quelques bénévoles et stagiaires présents tandis que d’autres furent emmenés à la salle des fêtes de Taulignan qui fut spécialement aménagée, ce jour-là, pour interroger tout le monde. Les gens présents subirent d’ailleurs un interrogatoire assez tendancieux, voire abusif. Tout le monde a subi une fouille corporelle.

Ils ont été assez rapidement relâchés sauf Johanne et Tal qui durent passer la nuit au commissariat dans une cellule crasseuse sur des matelas dégoûtants. Les gendarmes ne trouvèrent rien ni de près ni de loin qui puisse faire suspecter les responsables de Faujas d’être les gourous d’une "secte" dangereuse. Mais ils retinrent tout de même la non-conformité des lieux, la non-inscription au registre de commerce et le travail illégal parce qu’il y avait quelques bénévoles qui avaient apporté leur aide. Une page du journal Le Dauphiné libéré du 11 octobre relate en détail la descente des gendarmes et la garde à vue des responsables avec gros titres et photos du domaine. Deux jours plus tard, un petit entrefilet annonçait la libération de Tal et Johanne, et leur convocation ultérieure par le tribunal, notamment sur les infractions et sur la législation du travail, mais rien, absolument rien, n’a signalé leur non-appartenance à une “secte”.

Plusieurs journaux en ont profité pour attaquer toutes les thérapies non conventionnelles comme par exemple le jeûne ou l’hygiène intestinale.

Après toute cette saga, Tal et Johanne ont régularisé leur situation administrative. Leur demande de permis de construire a été refusée par M. le Maire de Taulignan pour cause d’étroitesse de la route et d’adduction d’eau insuffisante, alors que le bâtiment voisin abrite un centre pour handicapés mentaux et donc a besoin de la même route que nous. Dans un premier temps, certains membres de l’Institut n’osèrent plus se réinscrire de peur d’être poursuivis et leur nombre a chuté de plus de la moitié. Dans un second temps, il n’est plus possible d’organiser des stages sur le lieu à cause de la non-conformité des bâtiments.

Les directeurs perdent leur crédibilité et ne peuvent plus rembourser les amis qui les avaient aidés. En 1998, ils furent condamnés chacun à une amende de 50 000 F et à une interdiction d'organiser des stages dans le domaine de la santé pendant cinq ans, ce qui, d'après les juristes, n'a pas de relation directe avec les faits. Cette peine est absolument démesurée vu ce qui leur était reproché. Aujourd'hui, ils sont en cassation et l'affaire suit son cours. Tout dernièrement, l'URSSAF leur réclame une amende de 80 000 F alors même que Tal et Johanne refusent l’accusation portée sur le travail illégal. Leur centre fonctionnait comme n'importe quel centre spirituel accueillant des bénévoles. Aujourd'hui, les conséquences de ces actes sont graves, avec les lettres anonymes agressives que nous recevons, des coups de téléphones injurieux. Une nouvelle race de malades a été engendrée par cette chasse aux sorcières. Ce sont des personnes qui ne payent pas leur thérapie ou leur séjour, en menaçant de dénoncer le centre ou les thérapeutes aux organismes anti-sectes. Alors, que faire maintenant ? D'un côté, on réclame des amendes et, de l'autre côté, on empêche les gens de travailler."

TEMOIGNAGE N° 34

Lyon, 28 avril 2000

Il y avait l’armée, une centaine de gendarmes, la police judiciaire et le GIGN qui est uniquement intervenu pour l’ouverture des portes. Ils ont fouillé tout l’appartement et nous ont dit de nous préparer car ils allaient nous emmener. Après, nous avons appris qu’il y avait eu 60 perquisitions dans toute la France, chez des malades traités avec les produits Beljanski.

Gilda : "je travaillais avec le Docteur Beljanski. Je faisais partie du personnel de l’association. Nous étions dix-huit salariés quand le centre de recherche fonctionnait normalement. Suite à une commission rogatoire délivrée par le juge de Créteil, nous avons eu, le 9 octobre 96 à 6 heures du matin, une perquisition dans le domaine où mon compagnon et moi vivions avec nos quatre enfants. On a entendu frapper à la porte avec des hurlements qui criaient d’ouvrir la porte, sans quoi ils la fracassaient. Une vingtaine de policiers sont entrés dans la maison. Leur premier réflexe a été d'arracher les fils du téléphone, d’envahir l’appartement, de prendre les passes permettant d'ouvrir toutes les portes des laboratoires et des bâtiments administratifs. Ils lui ont demandé de les emmener auprès du professeur Beljanski, qui était aussi dans le bâtiment. A ce moment-là on s’est rendus compte qu’il y avait l’armée, une centaine de gendarmes, la police judiciaire et le GIGN, qui est uniquement intervenu pour l’ouverture des portes. Ils ont fouillé absolument tout l’appartement et nous ont dit de nous préparer car ils allaient nous emmener. Après, nous avons appris qu’il y avait eu soixante perquisitions dans toute la France, chez des malades traités avec les produits Beljanski. Leur objectif était de trouver de l’argent et des gélules. Il a fallu se justifier d’une somme rentrée sur notre compte il y a quatre ans, et, dans la terreur, on n’arrive pas à tout reconstituer. J’ai été emmenée en garde à vue entre deux gendarmes. La gendarmerie était pleine de mes collègues et de mes employés. Je suis restée quarante-huit heures en garde à vue. J’ai dormi en cellule. Quand j’ai demandé pourquoi j’étais là, on m’a tendu une lettre anonyme, inimaginable, un vrai torchon, rempli de calomnies sur huit pages. J’étais écœurée et j’ai dit que je ne voulais pas faire de commentaires là-dessus. On m’a dit : “Vous êtes obligée, vous êtes là pour ça.” Sans aucune autre explication, il a fallu que je commente chaque paragraphe, sans savoir ce qu’on avait fait de mon compagnon et de mes amis. J’ai dû commenter ce torchon de calomnies où l'on nous traitait de “secte” et le professeur Beljanski de gourou.

Ils sont restés quand même trois jours sur le domaine et quand on est rentrés à la maison, ils étaient encore là, en train de fouiller. Ils ont emmené tous les cahiers scientifiques du professeur. Ils ont mis des papiers sous scellés ainsi que toute la partie administrative, sauf le laboratoire qui est resté ouvert. Le professeur Beljanski pouvait entrer dans le laboratoire mais, coupé de toute vie extérieure, il ne pouvait plus rien faire. A partir de là, tous les malades traités n’ont plus eu de gélules et certains sont morts. 3 800 malades étaient traités. Ils ont manifesté dans les rues de Paris pour avoir leurs gélules.

Pendant sept mois, nous avons été suivis, mis sous écoute téléphonique. Des hélicoptères prenaient des photos, etc. Il avait été dit qu’il y avait de la radioactivité. Gendarmes et pompiers ont passé tous les bâtiments au compteur Geiger... Même les poules. Un vrai délire.

Depuis cette perquisition, pendant des mois, les mardis soir, il m’était impossible de m’endormir, parce que j’avais peur qu’on fracasse notre porte. Quand on se sait intègre, quand on sait qu’on a ni tué ni volé, bien au contraire, on a quand même un sentiment d’impuissance, parce qu’ils peuvent faire de vous ce qu’ils veulent sans que personne n’y puisse rien.

Beljanski se savait malade. Il avait saisi la Cour européenne des droits de l’homme pour pouvoir s’exprimer lui-même sur ce dont on l’accusait. Suite à son décès, on pensait que la Cour européenne ne donnerait pas suite. Mais le 27 mars 2000 est tombé un courrier des avocats disant que la Cour européenne des droits de l’homme demandait au gouvernement français des explications sur tout ce qui a été fait dans le cadre de cette affaire. Pourquoi a-t-on privé cet homme de parole ? Pourquoi lui a-t-on interdit de publier ?"

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