Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience
Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience
line
CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction
 
actualites
enquetes
revue de presse
vos droits
Aidez-nous
futur
publications
Point de vue
liens / links
telechargements
contacts
english version
CAP LC 2008
www.coordiap.com
 
 
 
shim  
 

CAP Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté thérapeutique


La religion s'en va. La religion s'en vient
par Paul Vinel
novembre 2014

 

 

Le CPDSI (Centre de Prévention contre les Dérives Sectaires liées à l’Islam) créé par Dounia Bouzar, anthropologue, s'est investi dans le lutte contre l'islam radical. Il vient de publier un rapport sur l'engagement de jeunes dans le djihad violent et leur départ vers la Syrie pour participer à la lutte armée contre Bachard Al Assad. Ce phénomène inquiète au plus haut point tous les responsables politiques dans tous les pays concernés. Ils craignent à juste raison que ces jeunes radicalisés et formés à la guerre, une fois revenus dans leur pays d'origine ne représentent un sérieux risque sécuritaire. Il est donc de la plus haute importance de comprendre ce phénomène.

Dans le rapport du CPDSI nous trouvons une constatation à priori surprenante: "

Sur une petite centaine de familles ayant appelé le CPDSI, 70% sont de référence athée et 30% sont de référence juive, chrétienne ou musulmane. La plupart appartiennent à des classes sociales moyennes ou supérieures."

Ces chiffres sont à comparer avec les statistiques qui indiquent qu'en France 30 à 35% des personnes ne croient pas en une existence divine. Les jeunes issus de familles athées sont donc surreprésentés chez les jeunes candidats au djihad violent. Comment cela est-il possible? C'est une contradiction totale avec la pensée dominante et la théorie de l'acquis qui enseigne que les individus sont le résultat de leur environnement et de leur éducation. Elevés dans des familles imperméables à tout concept religieux, enseignés dans des écoles où tout signe religieux est sévèrement prohibé, bercés par une société matérialiste et de consommation, comment ces jeunes adolescents ont-ils pu basculer dans une religion de violence et se rendre dans un pays en guerre? A se demander si justement cette éducation basée sur le refus d'éduquer ne serait pas la cause première de ce brutal basculement! Si des jeunes, mineurs ou pas, abandonnent tout et partent faire la guerre, c'est nécessairement que notre société occidentale n'a plus aucune valeur à leurs yeux, aucun sens de la vie à leur proposer. Regardons de plus près.

Notre société est en crise. Il y a unanimité pour ce constat. Crise économique mais pas seulement, également crise morale et existentielle. C'est peu dire que notre société marche sur la tête et court à la catastrophe: réchauffement climatique, disparition des espèces animales et végétales, deux catastrophes nucléaires, Tchernobyl et Fukushima, et toujours pas de virage énergétique. Augmentation inéluctable du chômage parce que les robots coutent moins chers que les individus. Consommation frénétique de plaisirs, mais aucune réponse à la quête du bonheur. Dans notre France laïque, lutte larvée contre l'idée du religieux: lutte contre les minorités de conviction au prétexte de lutter contre les sectes, interdiction des signes d'appartenance religieuse dans les établissements d'enseignement public. Cela à cause des nombreuses victimes des guerres de religion, passées et actuelles; mais les religions ne sont pas que violence, elles ont contribué également au vivre-ensemble, à l'entraide et à la paix sociale, et ont donné un sens à l'existence. Quand il est mis à la porte, le religieux s'en va, mais inéluctablement un jour ou l'autre il finit par revenir car le religieux et la transcendance sont des besoins innés pour tout individu: sur le chemin qui mène de la naissance à la mort, chacun un jour ou l'autre se pose la question "qui suis-je, que fais-je ici bas". Egalement les jeunes apprentis djihadistes candidats à la guerre se sont posée cette question fondamentale. Et quelle réponse ont-ils obtenue? Rien que le néant existentiel de notre société: aucune réponse au sein de la famille, aucune par les médias, et aucune au sein de l'école en charge de les préparer à la vie adulte.

Face à une société à la dérive, incapable de se gouverner, sans perspective d'avenir, sans réponse à des questions basiques quant au sens de leur existence, pas étonnant donc que des jeunes en recherche se soient laisser séduire par les fausses vérités d'un pseudo discours religieux. La faute non pas à ceux qui ont réussi à les berner, mais la faute à nous, société occidentale, qui n'avons plus rien à leur proposer. Le contributeur linguiste Alain Bentolilla ne dit pas autre chose quand il écrit: "

Comment des jeunes et des moins jeunes ayant passé plus de quinze ans dans l'école de la République peuvent-ils avaler ce qui nous apparaît relevé de l'amalgame, de l'illogisme et de la haine imbécile? Comment peuvent-ils se laisser berner par des démonstrations marquées au coin du contre sens? Et ainsi se laisser convaincre d'aller, au nom d'un dieu dont ils ne savent rien, au nom d'une religion qu'ils ont intégrée comme on adhère à un réseau social, mener une guerre qui n'est pas la leur. Tout simplement parce que l'école depuis trop longtemps en friche et la famille souvent sans repères ont perdu la bataille contre l'abêtissement."

A savoir maintenant si nos gouvernants auront le bon sens et le courage d'entendre cette vérité.

Sources:

Djihadisme: les parents racontent le basculement de leurs enfants

Les jeunes et le Djihad: "Il est vain de bâillonner Internet"

 Partager

Sommaire tribune libre

CAPLC - CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction