Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience
Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience
line
CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction
 
actualites
enquetes
revue de presse
vos droits
Aidez-nous
futur
publications
Point de vue
liens / links
telechargements
contacts
english version
CAP LC 2008
www.coordiap.com
 
 
 
shim  
 

CAP Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté thérapeutique

sectes-tribune-libre CAP LC


Ne dites pas: Je suis l'Église et vous êtes la secte !
Spiritualità Religioni e Settarismi
Raffaella Di Marzio
septembre 2014

 

 

Jean-Paul II avait déclaré que l'Église tenait à demander pardon pour les erreurs commises par les Chrétiens – et les hommes d'Église – au cours de l'Histoire, comme un geste de pénitence. Jean-Paul II voulait ainsi montrer que l'Église n'avait pas peur de reconnaître les trahisons, les excès, l'exploitation et les violences commis au cours des siècles au nom du Dieu chrétien ; un comportement qui n'avait rien de chrétien.

Le 28 juillet 2014, le Pape François est revenu à Caserta, après sa visite pastorale du samedi 26 juillet, pour une rencontre privée avec le pasteur évangélique Giovanni Traettino, un ami de l’époque où il était archevêque de Buenos-Aires.

Le Souverain Pontife a rencontré la communauté de l'Église évangélique pentecôtiste, une Église qui se développe et se caractérise par un dynamisme missionnaire vigoureux. À Caserta se trouve l'Église pentecôtiste de la Réconciliation, actuellement en construction. Le pape a dîné avec la communauté et est retourné au Vatican dans l'après-midi.

Le Pape François, suivant l’exemple de Jean-Paul II, a adressé des paroles sobres au pasteur Giovanni Traettino et à l’ensemble de la communauté évangélique pentecôtiste de Caserta.

Il a présenté ses excuses à la communauté pentecôtiste, en particulier pour ce qui s'est passé pendant la période fasciste où les pasteurs évangéliques ont été déportés, les églises détruites et où les minuscules mouvements évangéliques ont été déclarés :

nuisibles à l'identité physique et mentale de la race [italienne]

De nombreux prêtres à l'époque avaient gardé le silence et quelques curés de paroisse avaient dénoncé des pasteurs évangéliques à l'OVRA, la police secrète du régime fasciste italien. Ces lois et ces dispositions étaient adoptées par des Chrétiens, par des gens baptisés.

Le Pape François demande aussi que le mot « secte » soit employé avec plus de prudence quand on se réfère aux diverses branches nouvelles de la foi évangélique. Dans son discours, il a déclaré:

Ne dites pas: Je suis l'Église et vous êtes la secte !

Il a ajouté que Satan était le roi de la division entre les Chrétiens. Depuis le début de l'histoire du christianisme, la division entre les gens est une tentation de Satan ( Écoutez le rapport de Philippa Hitchen ).

Bien que l'amitié du Pape avec Traettino ait été le catalyseur de sa visite à Caserta, François voulait rendre visite à la communauté pentecôtiste, afin d’apprendre à la connaître mieux, ainsi que les nouveaux mouvements chrétiens charismatiques. Ces groupes attirent un nombre toujours croissant de personnes, en particulier dans les pays d'Amérique latine.

Certains Catholiques, Pentecôtistes et Protestants se sont opposés à la rencontre du Pape avec le pasteur Traettino, la jugeant scandaleuse.

Je pense que les paroles du Pape François sont très importantes, mais il semble que la discrimination envers les minorités religieuses n'est pas terminée en Italie.

Pourquoi ? Voici quelques exemples:

- Il y a des fidèles, des évêques et des prêtres catholiques, qui utilisent encore le mot «secte» pour stigmatiser les minorités religieuses.

- Ils sont toujours impliqués dans les tentatives répétées pour empêcher toute "Intesa" (bien que selon la Constitution italienne seul un traité avec l'Église catholique reçoive le statut de « concordat », un certain nombre d'autres confessions et églises ont signé de petits concordats appelés " intese ", qui leur accordent des avantages similaires, financiers ou autres) entre l'état italien et les Témoins de Jéhovah.

Il ya quelques années, beaucoup d'entre eux ont signé une pétition populaire contre l’ "intesa”, soutenue par des individus anti-sectes et d’anciens membres.

- Le conseiller le plus important du Groupe anti-secte italien (SAS) est une association catholique dirigé par un prêtre catholique.

- Les experts entendus par la police et les membres du Parlement, afin de distinguer entre les «bonnes religions» et les «mauvaises sectes» sont des conseillers catholiques.

De 2000 à 2013, de très influents politiciens catholiques ont proposé trois projets de loi différents pour la répression du délit de «manipulation mentale». Cette pénalisation vise la plupart des religions minoritaires et, de façon générale, les associations spirituelles qui ont des idées, des croyances et des pratiques différentes des religions traditionnelles. Même des prêtres catholiques se sont exprimé devant le Parlement italien en faveur d'une loi contre la « manipulation mentale ». Ils ont souligné que de nombreux membres de sectes (en italien "sette”) sont manipulés par les dirigeants de la « secte» et que cette manipulation conduit à commettre des actes très négatifs tels que des meurtres ou des suicides. En outre, ils ont affrimé que les « sectes pseudo religieuses" sont de plus en plus courantes en Italie.

La campagne catholique contre les «sectes» n'est pas un secret. Elle est relayée par les médias, comme la chaîne de télévision des évêques italiens TV2000, et de nombreux sites internet catholiques. Un certain nombre de conférences et de réunions sont organisées par des associations catholiques, où la police et des "experts" catholiques viennent parler de la façon de traiter les « sectes dangereuses ».

Je pense que ces exemples montrent clairement que nous n'avons pas appris de nos erreurs passées.

Cela se produit également dans d'autres pays européens où des associations, évêques et prêtres catholiques sont spécifiquement nommés par la police et les gouvernements afin de « contrôler le phénomène sectaire " et de "lutter contre les activités de groupes religieux dangereux ».

J'ai vraiment apprécié les excuses du Pape François. Cependant, sur la base de cette situation préoccupante, je pense que s’excuser ne suffit pas si l'on veut vraiment changer la situation. Si le Pape François veut réellement éviter la répétition d’erreurs du passé, il doit vérifier soigneusement ce qui se passe dans son Église, dans les paroisses, dans les associations catholiques choisies pour “étudier” les sectes, au Vatican, etc. Le Pape François ne devrait pas seulement présenter des excuses pour le passé, mais aussi agir pour faire disparaître toute forme de préjugés et d'ignorance à l'intérieur de l'Église catholique. Ce faisant, il pourrait empêcher d'autres cas de discrimination à l'égard des religions minoritaires. Si cela ne se produit pas, des Catholiques continueront à faire les mêmes erreurs que celles qu'ils ont commises sous le régime fasciste, quand certains d'entre eux appelaient à persécuter les Pentecôtistes.

De nos jours, les Pentecôtistes ne sont plus victimes de discrimination en Italie, mais il y a d'autres cas de discrimination. Par exemple, les Témoins de Jéhovah sont très souvent stigmatisés comme « secte » par les prêtres, les évêques et les membres d’associations catholiques.

Il serait très triste que, dans le futur, un autre pape doive visiter le siège de la Tour de Garde pour s'excuser à nouveau pour la même erreur.

J'espère qu’il ne sera jamais nécessaire de présenter de telles excuses.

SOURCE :

http://www.dimarzio.info/en/articles/catholic-church/404-don-t-say-i-am-the-church-and-you-are-the-cult.html

 Partager

Sommaire tribune libre

CAPLC - CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction