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CAP Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté thérapeutique

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France. Le mauvais élève et le carnet de notes
Par Christian Paturel
avril 2014

 

 

Message en provenance du Parlement de Strasbourg : après quarante ans de « dérives sectaires » (il ne s’agit pas de celles que l’Etat Français dénonce avec une constance qui frise l’obsession), voici l’heure du bilan.

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté le 10 avril dernier la résolution N° 1992 sur « la protection des mineures contre les dérives sectaires » (voir le texte sur http://www.droit-tj.fr. Tous mes remerciements à Davy qui, depuis de nombreuses années, est une véritable source d’informations).

Compte tenu de cet intitulé, tout Français qui subit depuis 40 ans un véritable matraquage gouvernemental se dira immédiatement : « ça-y-est, c’est reparti sur les sectes! Encore une opération enfumage pour camoufler les vrais problèmes, l’absence de solution et l’impuissance de nos dirigeants devant la crise ».

Mais, ce serait oublier que le Conseil de l’Europe rassemble 47 Etats et que son objectif est de constituer un vaste ensemble respectant la démocratie et les droits de l’Homme. La lecture de la résolution N° 1992 fait apparaître la ferme volonté du Parlement européen de condamner « l’intolérance et la discrimination à l’encontre des enfants pour motifs de religion ou de croyance, en particulier dans le système éducatif ». J’ai eu l’occasion sur ce blog de raconter l’aventure (agression serait le mot plus exact) de ma fille Julie lorsqu’elle fréquentait le lycée (article : « L’ennemi aux cent visages : 3ème partie). Il s’agit malheureusement d’un fait parmi des milliers d’autres. Le formatage des esprits imposé par la pensée unique n’affecte pas que les adultes, des milliers d’enfants et d’adolescents sont quotidiennement concernés.

Les enfants des minorités retiennent toute l’attention des parlementaires européens : « L’assemblée est particulièrement préoccupée par la protection des mineurs, notamment ceux qui appartiennent à des minorités religieuses y compris les sectes ».

Et, chemin faisant, l’institution européenne condamne sans ambiguïté les discriminations qui seraient opérées par certains Etats membres : « Le Conseil de l’Europe a toujours promu une culture du « vivre ensemble » et l’Assemblée s’est exprimée à plusieurs reprises en faveur de la liberté de pensée, de conscience et de religion ainsi qu’en faveur des groupes religieux minoritaires, y compris ceux qui sont apparus récemment en Europe (…) De l’avis de l’Assemblée, rien ne justifie de faire la distinction entre les religions établies et les autres, y compris les religions et confessions minoritaires, dans l’application de ces principes (…) L’Assemblée invite les Etats membres à veiller à ce qu’aucune distinction ne soit autorisée en raison du fait qu’un mouvement est considéré ou non comme une secte, à ce qu’aucune distinction ne soit faite entre religions traditionnelles et des mouvements religieux non traditionnels, de nouveaux mouvements religieux ou des « sectes » ».

C’est l’ensemble de la politique, des pratiques, des comportements des gouvernements qui se sont succédés depuis 40 ans en France qui est irrémédiablement condamné. Politique basée sur la discrimination, la mise à l’index de religions authentiques, de mouvements philosophiques, de minorités de conviction… et de leurs membres, qu’ils soient majeurs ou mineurs.

Des personnalités qui naviguent dans les sphères du pouvoir, des organisations, des structures d’Etat assument l’entière responsabilité de ce nouveau camouflet international. Elles ont ruiné notre patrimoine historique issu de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, méprisé tous les combats qui ont été menés pour la conquête des libertés. Ces enfants prodigues s’appellent….. Pardon ! J’allais m’égarer et fournir des noms, moi qui me refuse à toute attaque personnelle. Enumération qui serait d’autant plus inutile que l’histoire et le bon sens ne vont pas tarder à rattraper ces personnages.

C’est une constante de l’histoire de l’humanité. Après les périodes de fièvre et de délire, une fois la folie passée, les chercheurs, les sociologues, les historiens… effectuent des recherches, des analyses, étudient tous les documents qui sont autant de preuves, puis livrent le résultat de leurs travaux au grand public. Beaucoup regrettent alors leurs paroles, leurs déclarations, leurs actions, leur intolérance, leur cynisme, leur manque de courage, leur opportunisme, leurs prises de position… Regrets aussi tardifs qu’inutiles. Ce fut le cas après le maccarthisme, l’affaire Dreyfus, l’Occupation…

Au cours de ces quatre décennies, des propositions aussi aberrantes que monstrueuses ont été formulées par ces fossoyeurs de libertés, ils vont devoir les assumer : Une « Saint-Barthélemy des sectes »

« Le retrait des enfants des familles de Témoins de Jéhovah »

« L’interdiction pour les membres des sectes d’entrer dans la fonction publique »

Les graves insultes et accusations qui ont valu à leurs auteurs autant de condamnations pénales

Les redressements fiscaux destinés en réalité à faire disparaître des organisations honnies dont une religions authentique, les Témoins de Jéhovah, reconnue tant par le droit français que par le droit international

Liste non exhaustive des dérapages déplorés

Quel gâchis national !

Que de drames tant familiaux (divorces et sort des enfants réglés sous la pression de la phobie de la « secte » et non selon les dispositions du code civil), que personnels (licenciements, retraits d’agréments et licenciements d’assistantes maternelles et d’assistantes familiales pour motif religieux…) pouvaient être évités.

Quelle perte de temps de la part des fonctionnaires et des élus de la nation mobilisés dans des rapports et débats inutiles, survivances d’une époque que l’on croyait révolue et portant sur un « non problème »

Que d’argent public gaspillé dans des subventions destinées à alimenter des associations parasitaires et des structures d’Etat relevant d’une néo-inquisition.

Que de dénis de justice, de perquisitions non justifiées au sein de communautés, d’acharnement policier et judiciaire.

Que de divisions, de préjugés suscités au sein du peuple de France et qui se traduisent quotidiennement par des agressions verbales, physiques, des discriminations, voire des actes criminels : incendies de salles de culte…

Et pourtant, il serait si simple de mettre un terme à cette période noire qui est une nouvelle tâche dans l’histoire d’une France qui se voudrait irréprochable et qui affirme sa filiation à Voltaire et Rousseau :

Suppression de la Miviludes

Retrait de la reconnaissance d’utilité publique à l’Unadfi qui redeviendrait une simple association, statut qui ne l’empêcherait pas de poursuivre sa basse besogne

Abrogation de la loi About-Picard

Cessation définitive des subventions aux associations dites « antisectes », dont la FICRIS (une organisation non gouvernementale fonctionnant avec… les fonds gouvernementaux français, un anachronisme de plus)

Distribution de calmants et cours d’instruction civique à certains agités congénitaux

Toutes ces mesures, demandées depuis longue date, permettraient de rétablir la paix sociale et… de faire des économies.

Et surtout, elles seraient une jolie manière de mettre un terme à une si vilaine période. Ce serait une sorte de « rétablissement de la légalité républicaine », comparable à celle qui en 1944 a mis fin au régime de Vichy qui était basé sur discrimination à l’égard d’une minorité : le peuple juif.

Certes, durant ces quatre dernières décennies, la discrimination à l’égard des minorités n’a pas atteint le niveau d’horreur qui fut celui de la période 1940-1944. Mais, le refus de toute discrimination relève d’un attachement profond à des valeurs universelles et imprescriptibles : respect de l’humain, de sa dignité, de ses droits. C’est une question de principe.

N’oublions jamais l’extrême fragilité du bloc des libertés. Toute atteinte à une liberté quelconque à l’égard du plus petit groupe est porteuse, à terme, de graves dangers pour l’ensemble des libertés et de la communauté nationale. Cette réalité est aussi une constante de l’histoire.

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