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Ce « modèle » de société …. ? Nous n’en voulons pas !
Christian Paturel
juin 2010

 


On n’a pas le droit d’humilier à ce point un homme.

Je m’intéresse au football sur un plan strictement sportif, dénué de tout nationalisme aveugle, de tout chauvinisme étroit, de tout fanatisme destructeur. Cette façon d’aborder le sport me permet d’apprécier toutes les belles actions, les beaux mouvements collectifs, les buts qui sont de véritables prouesses techniques et qui enrichissent le livre d’or du football. Peu m’importe la nationalité du joueur qui marque, le drapeau de l’équipe gagnante. J’apprécie ainsi, avec beaucoup d’objectivité et…de plaisir le spectacle qui se déroule sous mes yeux.

Cette coupe du monde 2010 a été de toute évidence l’échec complet de l’équipe de France. L’opinion publique française est meurtrie, déçue, affligée. La communauté internationale est en état de choc et oscille entre l’indignation, la moquerie voire le fou-rire. Notons que cet investissement exclusif pour une compétition sportive révèle quelque part un manque évident d’idéaux, d’engagements plus nobles, de richesse intérieure, toutes qualités qui auraient permis de gérer avec élégance et de relativiser la défaite.

Il m’importe peu qu’il y ait eu des erreurs de stratégie, je me garderai bien de jouer les sélectionneurs. Sacha Guitry, à juste raison, a répondu à ses ennemis : « les critiques sont des eunuques, ils savent comment faire, mais ils ne peuvent le faire ». Il est vrai qu’actuellement les « yakas », les « falaitqu’on », les « onauraitdu » sont légion. Il ne m’appartient pas d’apprécier le comportement des joueurs de l’équipe de France, de nombreux autres s’en chargent avec tellement de hargne qu’il est inutile d’en rajouter.

Mon propos portera sur celui que la vindicte populaire désigne comme le « Grand Coupable » et qui est accusé de tous les maux qui frappent notre société, à savoir Raymond Domenech. Cet homme a certainement commis des fautes, des erreurs, des loupés… Qui n’en a jamais fait ? Certains soulignent son orgueil et son entêtement ! Difficile de satisfaire tout le monde dans un pays qui compte 65 millions de sélectionneurs. D’autres évoquent son indifférence, son mépris lors des soirs de défaite. Mais, ne serait-ce pas, tout simplement du détachement, une façon (peut-être maladroite) de relativiser l’évènement et de se protéger ? Les procès d’intention sont toujours dangereux (même s’ils sont économiques car dispensés d’avocat).

Et ceci m’amène au point qui me préoccupe le plus. Domenech est un humain qui, en toute sincérité, a fait quelque part fausse route et s’est mis à dos tout le monde (notamment les journalistes et les « consultants » des stations radio et des chaînes télévisées). Jamais un homme n’a atteint, grâce au travail de destruction des médias, un tel niveau d’impopularité. Ce record est tout simplement anormal car excessif eu égard à certains sinistres personnages qui ont jalonné notre histoire de France et pour lesquels les avis ont néanmoins été partagés. Je ne pense pas que Domenech soit mauvais à 100%.

Le drame c’est que la contestation tourne à la haine. La critique au vitriol devient de l’assassinat médiatique, professionnel et…humain. Je doute que tout être, dans ce monde, puisse supporter longtemps un tel stress, une telle pression, de telles attaques, une telle charge de méchanceté et d’acharnement. Le corps humain a ses limites. Que désire-t-on ? Un AVC ? Une crise cardiaque ?...

Marcel Pagnol a écrit : « Les coupables, il vaut mieux les choisir que les chercher ». C’est plus rapide et plus pratique !

Dans un autre domaine, Eleonor Roosevelt a exprimé la pensée suivante : « Personne n’a le droit de vous déprécier sans votre accord ».

Dans ce naufrage collectif, il ne faudrait pas centrer les responsabilités sur un seul individu. L’idolâtrie des supporters (suivie très souvent, en cas de revers, d’un bûcher) n’est jamais la voie de la sagesse et de l’équilibre. La France, comme l’ensemble du monde, se débat dans les problèmes sociaux, économiques, financiers, écologiques, budgétaires… Ne cherchons pas « Le Bouc émissaire » qui permettrait de déverser notre rancœur, notre insatisfaction, nos ambitions déçues et notre nationalisme humilié. Les difficultés actuelles relèvent d’une crise de civilisation. Leur résolution nécessiterait un virage à 180° et l’établissement d’une nouvelle échelle des valeurs, « vaste programme »…

Par ailleurs, bien avant cette péripétie footballistique, la « côte du Français » à l’étranger était loin, très loin d’être au Top des valeurs sûres… Cette triste réputation s’est construite au fil des décennies, avec l’active participation de plusieurs générations et non en quelques jours du fait d’un seul homme. Grosse responsabilité collective…

Aujourd’hui, la destruction d’un homme, et ce quelles que soient ses erreurs, relèverait aussi d’une responsabilité collective (« la criminalité des foules »).

Je pense qu’il est grand temps de se calmer, de retrouver ses esprits d’orienter les forces et les compétences vers l’avenir et le constructif. L’équipe de France, qui sera menée prochainement par Laurent Blanc, a besoin de tous ses vrais supporters (les amoureux du sport trait d’union entre les peuples), certes ils seront moins nombreux que les jours de victoire. Mais, faute de quantité, il y aura au moins la qualité…

En tout état de cause, ce « modèle de société » que d’aucuns tentent de nous imposer ne correspond nullement à mes idéaux, à ma conception des rapports humains.


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