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CAP Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté thérapeutique

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Où sont les pratiques à risque ?
Réponse au rapport annuel 2010 de la Miviludes
Gilles Carat
juin 2010

 


La Miviludes, Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives sectaires est une institution que le monde entier nous envie, occupée à traquer les déviances et les « pratiques à risques » jusque dans les îles exotiques, en témoignent les voyages d’étude de son président en Guyane et en Nouvelle Calédonie. Chaque année, paraît un rapport censé résumer son travail, chapeauté à chaque fois par un nouveau thème à la mode. Ces dernières années, nous avons profité des enfants indigo, du satanisme, de la formation professionnelle, des psychothérapies, et pour le dernier cru, nous plongeons dans l’enfer des nutritionnistes, des randonneurs ( !), des chamans, des microgroupes, des réseaux et d’Internet. Une menace multiforme, qui nous dit-on ferait énormément de victimes, directement ou par ricochet, se servant en particulier des régimes alimentaires pour provoquer un affaiblissement physique et mental de leurs futures victimes (sic). Signe du sérieux de ce genre de rapports, on cite encore une fois à contresens la kinésiologie dans la rubrique « régimes alimentaires » - pas étonnant, quand on sait que la présidente de l’Unadfi actuelle a refusé de parler à l’un des représentants de ce mouvement (sans doute parce qu’elle sait tout sur le sujet) et a applaudi lorsque le RAID a envahi le domaine de Terre du Ciel, ces gens là étant hautement suspects car ils « organisent des stages de kinésiologie » - dixit ladite présidente.

Une des recommandations de ce rapport serait (entre autres) de contrôler la distribution de compléments alimentaires, mesure on ne peut plus douteuse quand on en connaît le contexte commercial, économique et médical. L’intérêt insistant pour le domaine de la santé, a priori exclu des préoccupations « sectaires », trahit peut-être quelques intérêts et influences au sein de la Miviludes.

Si l’on résume la philosophie de ce rapport, nous aurions une « médecine d’école », sûre, fiable, compétente, qui serait contournée et/ou déstabilisée par des charlatans, des gens sans formation, qui mettent la vie de leurs concitoyens en danger permanent, de façon sournoise, sans foi ni loi, tout à l’appât du gain. Et si c’était le contraire ?

1. Les pratiques conventionnelles à risque

Si pratique à risques il y a, le rapport ne mentionne pas les pratiques conventionnelles à risques, les statistiques officielles (alarmantes voir même extravagantes) de victimes desdites pratiques officielles, ni le contexte, l’atmosphère souvent inhumaine et l’aspect lucratif de ce secteur « au-dessus de tout soupçons ».

A. La qualité technique des soins

Parmi les risques de ces pratiques conventionnelles, les rapports officiels dénoncent un sérieux problème de qualité. Les produits de notre système de production de la « médecine d’école » laissent à désirer.

Les morts par erreur médicale

Pour partir d’un bon pied dans ce duel du pot de fer contre le pot de terre, un petit rappel décapant : chaque année, 10 000 citoyens français meurent dans les hôpitaux français (les meilleurs hôpitaux au monde paraît-il) des suites d’erreurs médicales (selon les affirmations du secrétaire national de l’UMP, chef de service des urgences de l’Hôpital Beaujon à Paris). Tout cela pour un total de 1 000 000 de personnes hospitalisées, soit 1 % de décès par suite d’erreurs !!! Soit autant que les scores ravageurs de l’horrible Grippe A (fantasmée) avec laquelle on terrorisait les enfants durant les longues soirées d’hiver. Soit l’hécatombe de la canicule de 2003 tous les ans ! – cela mériterait sûrement un nouvel impôt national « erreurs médicales », et une démission annuelle du ministre de la Santé. A ces 10 000 morts, il faudrait ajouter toujours selon la même source le nombre des accidents graves non mortels, tombant officiellement dans une fourchette de 300 000 à 500 000 par an. Tout cela dans des établissements ayant pignon sur rue, par des praticiens ayant tous les diplômes officiels requis, gages de « qualité », tout du moins d’orthodoxie.

Ces chiffres n’incluent pas ce que l’on nomme l’aléa thérapeutique, le fait – légitime - qu’on ne peut maîtriser et prévoir l’évolution d’un organisme dans certaines circonstances. Nous parlons ici d’erreurs constatées et avouées. Nous ne parlons pas non plus des vraies erreurs non décelées, sans compter les traitements (officiels) qui ne guérissent pas ou font empirer la maladie, ni des maladies nocosomiales.

Les morts par effets secondaires ou traitements douteux

A ces 10 000 morts et centaines de milliers d’accidents graves dus à des erreurs, il faut ajouter les effets secondaires connus (« normaux donc »), dont certains, fortement incapacitants, voire mortels à long terme sont presque pires que la maladie originellement soignée.

On pourrait y ajouter certains effets actuellement en débat, comme par exemple les accidents neurologiques avec la vaccination contre l’Hépatite B, les cas d’autisme suspects (empoisonnement d’enfants aux métaux lourds), les polémiques sur les causes « iatrogènes » (causées par la médecine) d’Alzheimer.

Passons également sur les grandes catastrophes « conventionnelles » telles l’affaire du sang contaminé.

Les morts légitimes

Quand aux morts « légitimes », c’est-à-dire les personnes qui meurent légitimement dans les mains de spécialistes et médecins « d’école », on sait déjà que 150 000 personnes meurent tous les ans en France du cancer – donc malades non guéris, ce qui n’empêche pas de faire la chasse aux patients qui cherchent à échapper aux hôpitaux classiques, et qui risquent quasiment l’arrestation. On a vu comment certains praticiens de médecines complémentaires ont eu maille à partir avec la justice lorsqu’ils osaient collaborer avec ces patients « déserteurs », c’est à dire leur prodiguer quelques services complémentaires, ce qui constitue un droit, un devoir et reflète un minimum d’humanité.

Facilité oratoire d’un tableau manichéen apocalyptique ? Manipulations statistiques aux antipodes des faits ?

Une expérience de la Médecine d’Ecole pas convaincante

Pour recentrer le débat sur la vraie vie et éprouver ces grandes tirades à l’aune des faits, aussi longtemps que je remonte dans mon passé et que je considère mes rapports ou ceux de mes proches et relations avec la « médecine d’école », je ne peux que dénombrer environ 50 % d’interventions à risque – risque de l’incompétence, de la négligence ou de l’inhumanité, certaines ayant entraîné la mort. Il ne s’agit pas d’un catalogue de faits extraordinaires glanés dans un dossier à sensation ou une littérature subversive, mais de faits observés directement par l’auteur de ces lignes lors de soins « normaux ».*

- Personne opérée d’une simple fracture de la jambe, estropiée à vie.

- Jeune étudiant traité pour surmenage, sous traitement lui donnant des hallucinations psychédéliques permanentes.

- Patient aux urgences non traité pendant 5 heures, servant de cobaye pour les stagiaires.

- Patient âgé soumis à un nouveau traitement pour la fluidité du sang, souffle au coeur, au bord du décès, sauvé par ses proches qui interrompent le traitement.

- Erreurs de médicaments par les infirmières dans de grands hôpitaux parisiens. Malade du cancer non diagnostiqué (alors que preuves d’après un interne), mort car diagnostic effectif trop tard.

- Un spécialiste qui propose une opération non vitale qui, on le sait, peut endommager l’audition (sans informer le patient).

- Dentiste affolé par l’état de son patient (lui, pas affolé).

- Inaptitude évidente à prendre en charge les problèmes psychiques (par psychiatres, psychologues, etc.), se terminant parfois par le suicide ou une dégradation profonde.

- Emploi de kinésithérapie au lieu de traitements pour rhumatismes

- Insistance erronée pour donner un traitement formellement contre-indiqué, très douloureux et destructif

Refus de relever le lit d’un patient affaibli qui s’étrangle toute la nuit

- Prescriptions systématiques de tranquillisants à des personnes âgées sans problèmes d’anxiété (renouvellement automatique de l’ordonnance sans examen)

- Bénéfices douteux (pour le patient et ses proches) de séances répétées d’électrochocs sur une personne âgée, administrés « pour recharger les batteries ».

- Incapacité de grands « spécialistes » de formuler une phrase intelligente sur les influences de la nutrition sur telle ou telle affection.

- Absence totale de soins palliatifs pour atténuer les effets d’une radiothérapie, alors que ceux-ci existent et sont connus.

- Insistance sur une opération susceptible de graves séquelles sur une verrue plantaire, finalement disparue à 100% après automédication au calcium.

- Patient hémiplégique en route pour la mort après nouveau traitement, qui se remet lorsqu’on arrête le traitement (sur conseils d’amis).

- Mutilation des fonctions de reproduction d’une jeune femme (sans autorisation) par un chirurgien sentant l’alcool.

Certes il existe aussi des cas où les soins se sont bien passés, quelle que soit la discipline, mais le pourcentage des défaillances observées est extrêmement élevé, pour des faits souvent inacceptables.

B. La qualité humaine

A ces défaillances plutôt techniques, on peut ajouter les défaillances humaines – encore que les secondes peuvent être la source des premières. C’est un truisme que d’insister sur le rôle important que peut revêtir l’attitude du soignant lors du diagnostic et pendant le traitement, tant le côté psychique de cette relation peut agir sur la maladie elle-même.

Par exemple, quand on voit un médecin (« Grand » hôpital) annoncer son cancer au patient de façon expéditive entre deux portes, en 5 mn, avec l’aspirateur dans les oreilles (c’est l’heure du ménage dans la pièce), on peut douter de la qualité de la formation du « spécialiste » en question.

Constat malheureusement répété de l’inaptitude pathologique de grands médecins à communiquer normalement en face d’un « vrai » patient en chair et en os.

Parfois, c’est de la négligence coupable : arrivé aux urgences suite à une affection aiguë, mais, de plus en plus inquiet de cette apparente indifférence, vous servez de cobaye pendant des heures interminables à du personnel content d’observer un « cas » alors que l’infection évolue et vous perdez de précieuses heures.

Un patient gravement atteint attend sur une civière dans le froid dans un couloir pendant 5 heures, sans manger.

Parfois même c’est la pure méchanceté qui s’exprime : insultes grossières d’un médecin des urgences à un vieillard en proie à des démangeaisons insoutenables, refus d’accéder à une demande de changement de position pendant la nuit, exigence cruelle qu’un cancéreux des os se débrouille tout seul pour faire ses besoins, au prix de douleurs insoutenables. Nous parlons toujours de grands hôpitaux réputés ou de centres de mutuelles « nobles », les « fleurons du meilleur système de soins au monde », vitrines de la supériorité française.

C. Le facteur économique, talon d’Achille de la « Médecine d’Ecole »

Enfin, on arrive au sordide, à savoir le facteur commercial, à grande ou petite échelle.

A grande échelle, c’est cette recherche incessante des « blockbusters » par les labos internationaux, c’est-à-dire des médicaments qui dépassent le milliard de dollars. Le couperet des fameux dix ans de royalties engrangées avant que ledit blockbuster soit généricable provoque la ruée actuelle sur la prescription et l’invention tous azimuts des vaccins, car ceux-ci s’avèrent facilement « blockbusterisables » et surtout non généricables. Avec toutes les menaces pour le système immunitaire et nerveux que l’on sait.

C’est aussi ces 300 visites par an que reçoit chaque médecin par des « visiteurs médicaux » qui lui vantent leurs produits et peut-être certains avantages palpables. Ce qui est facile à vérifier, ce sont ces logiciels informatiques installés chez les distributeurs qui prennent soin de répertorier, outre leurs clients, leurs « prescripteurs », les médecins, avec une case pour inscrire leur « chiffre » sur tel ou tel médicament ou marque. On verra aisément que les « factures d’honoraires de conseils » régulières que touchent ces « prescripteurs » sont directement proportionnelles à leur « chiffre ».

Les prescriptions de prothèses en particulier sont un facteur « sensible ».

Passons sur les campagnes officielles de santé douteuses à la radio ou sur Internet, dont on aimerait connaître les auteurs et leurs liens avec les labos.

Dans certaines régions plus « cow-boy » - un peu style Françafrique à la réflexion -, on exerce un chantage sur la famille de l’opéré pour verser un « supplément », parce que vous comprenez, c’est pas facile, on manque de personnel, il pourrait attendre, etc. tandis que le patient est déjà à l’hôpital, prêt à recevoir son intervention.

Dans le secteur dit « public » (dont nombre de praticiens officient également dans des cliniques privées), on peut regretter un coût souvent démesuré pour des pratiques au bénéfice discutable – au mieux. Ainsi, selon une étude exhaustive officielle(1)1 menée sur plus de dix ans aux Etats-Unis et en Australie sur l’ensemble des patients atteints de 22 affections cancéreuses différentes, le bénéfice de la chimiothérapie serait de seulement 2,3 %, tous autres facteurs égaux, pour la survie des patients sur 5 ans. (En d’autres termes, 97,7 % des patients n’ont pas bénéficié d’amélioration significative, pour s’exprimer pudiquement).

En outre, les enquêtes sur les liens de l’OMS avec les grands labos, déclenchées en plusieurs points de la planète après les campagnes de vaccination contestées contre la grippe A, ont déjà montré quelques bizarreries.

A plus petite échelle, c’est la vénalité de tel ou tel praticien, qui s’arrange pour pratiquer deux actes en 15 minutes grâce à son assistante qui vous fourgue une radio (non nécessaire) pendant les 5 minutes où le dentiste se prépare. Quand le praticien n’inscrit pas carrément deux actes pour 1, c’est pas grave, c’est remboursé, soit 80 ou 90 euros en 5 ou 6 minutes chrono. « Lavement des oreilles à l’eau » = 1 acte, « séchage des oreilles à l’air chaud » = deuxième acte.Nous parlons donc aussi bien de la médecine libérale que de la médecine ambulatoire d’hôpital. Les deux passent d’ailleurs par les mêmes écoles, la fameuse « médecine d’école ». On peut se demander si le fait d’exiger des futurs médecins d’ingurgiter des montagnes de données pendant 5 ou 6 ans est bien productif, ou si cela contribue activement à certaines carences des praticiens. La pauvreté du cursus concernant le facteur émotionnel, psychique, tout comme le silence sidéral sur nombre de pratiques médicales très répandues est d’ailleurs éloquent. Constatant l’abîme des informations manquant dans le bagage que l’on pourrait attendre d’un médecin, on pourrait supposer que ce qui n’est pas enseigné n’est pas connu... des enseignants.

2. Le Culte de la Structure

Une philosophie implicite envahissante

Quand nous cherchons un point commun à cette qualité (trop) souvent défaillante des soins divulgués par la « médecine d’école », on peut identifier un penchant matérialiste très présent, dans tous les sens du terme, mais tout spécialement un certain Culte de la Structure. La primauté entre la Fonction et la Structure a fait l’objet d’un long débat : est-ce l’apparition de la corde vocale qui permet la parole, ou le désir de parler qui crée la corde vocale, est-ce un dommage à l’organe qui crée la maladie, ou un dérèglement du système (ou du psychisme) qui endommage l’organe, est-ce le système politique qui crée un homme nouveau ou l’homme nouveau qui modifie le système politique ? Disons que la médecine d’école a une propension quasi exclusive à pencher du côté de la structure reine, héritière d’idéologies scientifiques ou politiques passablement remises en question actuellement.

Et par-dessus tout, dans tout cela, on sent qu’une variable essentielle a été oubliée dans l’équation de la guérison : l’être lui-même. Née en filiation directe avec le positivisme scientifique du XIXe siècle, dont le bastion était la France, la médecine moderne « d’école » s’est spécialisée dans les équations de la matière, les schémas mécaniques de molécules, les mécanos d’ADN, tandis que les autres connaissances cliniques et expérimentales étaient rejetées dans un statut semi barbare avec lequel on ne saurait se compromettre – ni compromettre sa carrière, même si on y croit. Cette extrême fixation sur un schéma classique de fonctionnement des organes et des cellules semble tout à fait idéologique, de par son excès même, son insistance et son exclusivisme – et le refus du débat (ça vous rappelle quelque chose ?).

On peut prolonger la réflexion sur cette imprégnation matérialiste en observant l’utilisation de machines coûteuses, souvent au détriment d’autres approches souvent plus efficaces et moins chères. On dépense également des fortunes en médicaments ou actes de prévention, dont l’utilité est contestée ou qui pourraient même créer plus de problèmes pour la santé qu’il n’en résolvent.

On peut constater également les sommes colossales engouffrées dans les recherches génétiques, pour des bénéfices incertains, et pour des affections qui ont peut-être déjà des remèdes dans les médecines alternatives. Pour certains extrémistes, « l’ADN » a remplacé Dieu.

L’archétype du médecin-mécano

Or, au lieu de traiter le patient – ou plutôt le corps du patient – comme une sorte de bâtiment à réparer, ou à amputer, ne peut-on voir dans le patient l’architecte, le réparateur, le nettoyeur, l’enjoliveur de cet organisme vivant ? Cela change bien des points de vues, stratégies et pratiques.

En effet, on reproche souvent à ces médecines alternatives l’absence d’un « schéma » bien « scientifique », c’est-à-dire l’absence de « données-mécano ». Or, des dizaines, voire des centaines de médicaments ayant reçu l’AMM ont été retirés de la circulation et interdits par la suite, alors que leur dossier d’autorisation avait été truffé de tous les « schémas scientifiques » possibles. Quant au schéma de fonctionnement de l’électrochoc sur le cerveau, on l’attend toujours après 60 ans de pratique (paraît-il que les praticiens et chercheurs « sérieux » affirment que c’est toujours un grand « mystère » pour la science) ! Tout cela relève le plus souvent de la mauvaise foi ou de l’idéologie, quand ce n’est pas de l’obscurantisme. Un médicament ou une thérapie guérissent ou ne guérissent pas, ils préviennent les maladies ou renforcent l’organisme – ou pas, et les données cliniques le montreront dans tous les cas.

3. Les pratiques alternatives

Un aspect économique plutôt sympathique

Dans la bouche des tenants de l’orthodoxie (y compris certaines remarques bien senties dans les rapports de la Miviludes), les pratiques alternatives seraient motivées bien souvent par l’appât du gain, recourant pour cela à une manipulation des patients (rebaptisés « victimes »), et seraient fondées sur des connaissances rudimentaires, voire de véritables impostures volontaires.

Sur le plan économique, on pourra cependant rappeler que ces médecines ne coûtent pas grand chose à la collectivité, car :

1) l’immense majorité des recherches ont été effectuées par des chercheurs indépendants, hors des grands circuits financiers de subvention.

2) La plupart de ces pratiques ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale, leur coût étant supporté en majeure partie par les patients eux-mêmes, sinon facilitées par des honoraires peu élevés (à durée équivalente).

3) La pratique préventive en particulier de celles-ci économise beaucoup de frais au système conventionnel de santé.

On pourrait ajouter que les recommandations d’hygiène de vie qui les entourent accentuent encore ce phénomène de prévention et d’économie.

Un certain nombre de médications curatives ou préventives, voire de pratiques de santé non « médicamentées » coûtent d’ailleurs moins cher et peuvent être préparées ou achetées à un coût défiant toute concurrence. Voir l’exemple du chlorure de magnésium qui peut sauver rapidement des situations quasi désespérées et éviter « l’artillerie lourde » pour un coût ridicule. Certains remèdes homéopathiques ou préparations naturelles sont également d’un coût très modeste.

Il en est de même pour certaines pratiques mentales, émotionnelles ou spirituelles, voire énergétiques que la personne ou son entourage peuvent accomplir par eux-mêmes et qui n’impliquent pas le recours à un système de santé lourd – ni aucun coût.

De plus, la plupart des remèdes proposés par les médecines alternatives – quand il ne s’agit pas simplement d’une discipline corporelle ou mentale -, présentent des contre-indications et effets secondaires en général rares et faibles.

Relations humaines et confiance

Quant à la relation praticien-consultant, l’expérience montre que les praticiens alternatifs, pour rester dans le cadre d’une relation d’aide, sont dans la grande majorité animés d’un désir sincère d’apporter le meilleur de leur connaissance, et sont peu animés par l’enrichissement, souvent au détriment de leur propre confort d’ailleurs. En général, ce type de praticien n’a pas l’oeil rivé sur sa montre, calculant mentalement sa rentabilité horaire, mais prend le temps de parler, de répondre et de laisser le consultant s’exprimer.

Quant aux pratiques réellement douteuses visant plus ou moins la crédulité de gens peu éclairés, vous les verrez fleurir dans certaines publicités s’étalant dans la littérature ad hoc, sans que les pouvoirs publics ne s’émeuvent le moins du monde – pas de « pensée » revendiquées ici - révélant par là la nature foncièrement idéologique des actions de « vigilance » quant aux « pratiques sectaires ». Le danger, c’est la pensée.

Côté relationnel, le praticien alternatif sait le plus souvent créer une relation de confiance et un climat émotionnel eux-mêmes facteur de guérison ou de meilleure santé et d’épanouissement. Et cela, ce n’est pas facile de le trouver dans le système conventionnel, quelles qu’en soient les raisons.

Enfin, contrairement aux allégations de certains, nulle part mieux que dans ces pratiques l’expression « consentement éclairé » trouve pleinement son sens. Non seulement les usagers sont souvent des personnes instruites sur les phénomènes de santé et d’environnement, mais bien souvent l’association « praticiens – usagers » poursuit ensemble son éducation, les connaissances étant souvent dispensées sans ce langage ésotérique de la médecin « scientifique » qui semble s’interposer comme pour confirmer la supériorité des « Clercs ».

Conclusion

Si l’on examine le rapport « bénéfices/risques », les pratiques non-conventionnelles comprennent bien des avantages, ne serait-ce qu’un parti pris d’éducation et de compréhension. Quant aux avantages supposés de la médecine conventionnelle, il faut les soumettre à l’épreuve de la réalité, car ils ressemblent bien souvent à une publicité mensongère. Je dis cela d’autant plus librement que, malgré le portrait épouvantable dressé plus haut, je suis plutôt adepte d’une médecine dite « intégrée », prenant ici ou là selon la gravité, le domaine, la proximité, le coût, la disponibilité et l’humeur du moment. Je ne peux donc accepter, au nom de quelques cas épinglés, souvent déformés sinon carrément faux, cette diffamation diffuse permanente de la Miviludes vis-à-vis de dizaines ou centaines de méthodes tout à fait utiles, honnêtes et méritant recherches et encouragements et non répression. Sur ce point, le sectarisme est sans conteste du côté de la Miviludes. On ne peut accepter les dénégations de la Miviludes et ses protestations de « respect absolu des convictions » quand on voit des descentes de police dans des centres sans aucune plainte, sur le seul nom du centre ou de telle ou telle technique/pratique.

Comme le disait Schopenhauer,

« Toute vérité passe par trois stades : en premier lieu on la ridiculise ; en deuxième lieu on s'y oppose violemment ; enfin on l'accepte comme si elle allait de soi. »

Gageons que ces pratiques détestables de chasse aux sorcières tomberont d’elles-mêmes par la volonté populaire même, qui déclassera ce genre d’attitudes en les ignorant. A condition de ne pas être submergée ou trop choquée émotionnellement par une propagande et une désinformation insistante au plus haut niveau. D’où l’intérêt de la défense de la liberté de conscience « sur le terrain ».

Gilles Carat

 


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