Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience
Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience
line
CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction
 
actualites
enquetes
revue de presse
vos droits
Aidez-nous
futur
publications
Point de vue
liens / links
telechargements
contacts
english version
CAP LC 2012
www.coordiap.com

Ecrivez-nous : 37, rue St Léonard 44000 Nantes

contact@coordiap.com
 
 
   
 

Points de vue

 


Voyage au cœur de la spécificité française
janvier 2004
par Christian Decoeur

L'histoire du Chevalier de la Barre, un jeune homme féru de philosophie, qui fut décapité en 1765 pour ne pas s'être découvert devant une procession religieuse est devenu le symbole de certains tenants d'une laïcité " pure et dure ". Mais en 2003, malaise, ce sont deux jeunes filles qui sont renvoyées du lycée pour avoir refusé de se découvrir. Ce raccourci illustre bien le renversement complet de " culture dominante " qui s'est effectué en deux siècles. Nous mettons là le doigt sur ce que l'historien Olivier Dupont appelle la 'sacralité Républicaine', qui voulait et a réussi à remplacer l'Eglise Catholique d'autrefois, notamment avec ses " temples éducatifs " et ses tabous.

Certes, la France a de belles ressources... derrière elle, mais aujourd'hui, quand la France se pose volontiers en champion de la Démocratie, en " pays des Droits de l'Homme ", voire même en " Pays de la liberté absolue de conscience " (MIVILUDES dixit), d'autres pays font la grimace. Lorsque certains veulent justifier le comportement pour le moins obscurantiste de certaines institutions, ils invoquent une certaine " spécificité française ", liée à une " histoire " française, qui serait applicable à de nombreux domaines parmi lesquels cette fameuse laïcité. Or, si l'on passe en revue cette spécificité française, est-elle si glorieuse ?

Spécificité historique française

Si la Constitution américaine, porteuse de toutes nos valeurs modernes, vit le jour pacifiquement en 1797, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen française engendra un véritable bain de sang, engloutissant les aristocrates, suivis par près de 5000 prêtres réfractaires exécutés, par les opposants politiques, et pour finir par les révolutionnaires eux-mêmes qui finirent par s'entre-tuer (Danton, Robespierre, St Just). Qui a vu le film " Danton " reconnaîtra dans ce psychodrame collectif une répétition des futurs grands régimes totalitaires du XXè siècle.

S'ensuivirent les turbulences de l'un des plus mauvais élèves de la démocratie : Napoléon mettant l'Europe à sac, la Restauration, quelques révolutions, le IIè Empire, le colonialisme " moderne ", la IIIè République sous influence " fraternelle ", l'expulsion des congrégations en 1909, les campagnes anti-sémites dans la presse, Vichy, la torture en Algérie, le bourrage des urnes, les essais atomiques en Océanie, l'information radio/télé sous tutelle jusqu'en 1980, les auto-amnisties parlementaires à répétition. Au total, une véritable foire d'empoigne, y compris entre groupes " laïques ", plutôt que le règne de la raison apaisé. Tout ceci a créé un rapport quasi pathologique des français avec la politique, un domaine où l'irrationnel et la mauvaise foi semblent tout à fait légitimes, à la stupéfaction de nos voisins qui nous regardent avec un mélange d'incrédulité, de curiosité zoologique et parfois de rejet, tant la résolution réelle des problèmes semble le dernier des objectifs.

Pour clore le tout, la France est l'un des seuls pays évolués à n'être pas un vrai régime Démocratique, selon l'article 16 de sa propre Déclaration des Droits de l'Homme. En effet, en laissant la Justice sous le contrôle du Pouvoir exécutif, la Constitution de 1958 viole la règle de séparation des pouvoirs. On voit alors un ministre de la Justice envoyer un hélicoptère dans l'Himalaya pour sauver la peau d'un homme politique ; des sanctions sont prises contre les magistrats qui osent relever la tête et enfreignent les " consignes " - Voir l'Omerta Française de Sophie Coignard et Alexandre Wickam. De par son statut constitutionnel, la justice française n'est donc pas indépendante, autre spécificité française.

Quand on cherche plus avant, on trouve encore bien d'autres spécificités françaises :

Le pays du bonheur artificiel :

La France est le pays de la consommation record de psychotropes " légaux ". Que neuf millions de français (y compris des enfants, voire des bébés) soient placés sous camisole chimique est moins important que deux cents foulards d'adolescentes. Les manœuvres pour fermer des milliers de cabinets de psychothérapeutes alternatifs ne feraient que renforcer cette consommation absurde. L'anesthésie de la conscience élevée en sport national !

Néo-colonialisme et double langage ?

On a beau jeu de dénoncer l'impérialisme économique américain et ses intérêt pétroliers, mais que faisons-nous en Afrique, quels régimes avons -nous soutenu pendant des décennies, sous l'étendard des " Droits de l'Homme " ? Et aujourd'hui encore ?

Circuits de la drogue et politique

De plus en plus d'enquêtes mettent à jour les relations entre les trafics de drogue - auxquels s'ajoutent les trafics d'armes recyclées de l'Est -, avec les circuits de financements de partis " Républicains " (le fameux " cercle de la raison "). Voir l'excellent film " Le Cousin ". " Raison " d'Etat ?

Une médecine dogmatique, repliée sur elle-même

Certes, notre médecine " nationale " a eu ses moments de gloire, cependant on constate qu'elle est aujourd'hui plus occupée à défendre les dogmes établis par ses Nobels, à financer les recherches douteuses sur le " tout génétique " et à courir après les royalties. Quand l'Institut Pasteur appose son sceau sur une marque de lessive, on mesure combien l'esprit initial s'est dégradé.

Au lieu de s'intéresser sincèrement au bien que les nouvelles recherches et toutes les nouvelles médecines peuvent apporter à l'humanité, en les testant honnêtement et en cherchant à intégrer toutes les thérapies qui guérissent (n'est-ce pas le but premier ?), la Médecine orthodoxe Française jette des anathèmes, et l'on a vu par exemple en 2000 le Président de l'Ordre des Médecins venir témoigner dans un procès où un médecin, le Pr Hamer, était condamné pour " refuser d'abjurer la Médecine Nouvelle et de revenir à la médecine d'école " (sic). D'autres méthodes totalitaires sont parfois employées pour réduire certains chercheurs indépendants au silence. Dans la majorité des cas, cette médecine nie les liens entre la matière et l'esprit, quelle que soit la définition qu'on en ait.

 

Science sans conscience...

L'école, témoin d'une civilisation en déconfiture

L'école est en effet sacrée en France depuis que Jules Ferry lui a assigné la mission d'éduquer le peuple pour le faire accéder à la culture (nos voisins ont fait de même sans trompettes). Dans ce que Christian Cotten nomme " la Grande Secte ", (dont les clercs, entrés de force à l'âge de 4 ans, ne sortent jamais, sinon dans un cercueil commandé à la CAMIF), on sacralise ces temples de la connaissance en de longs discours fleuves, ignorant la terrible réalité de ce bateau qui n'en finit pas de couler.

Mais au lieu d'en faire des sanctuaires, des temples de la République, ne faudrait-il pas préconiser une simple application de la loi " de la République " dans les établissement scolaires ? Pourquoi accepter à l'intérieur ce qui est sanctionné à l'extérieur ? (Violences et viols sur des élèves et professeurs, racisme et /ou sexisme, incendies et dégradations ?) Quel est ce contenu " scolaire " hyper-abstrait, amputé de connaissances essentielles à la vie, coupé des échanges sociaux, exigeant une sorte de fixation hypnotique sur des tonnes d'informations à avaler ? " L'élève ", pendant plus de 15 ans, sera détourné de l'observation directe de la vie, des responsabilités et de l'échange social.

On préfère tirer à boulets rouge sur les écoles alternatives qui offrent un cadre permettant l'apprentissage de la liberté, de la responsabilité et de la convivialité, car leur simple existence et résultats constituent une remise en cause insupportable.

 

...N'est que ruine de l'âme

Ecologie, médecines douces, et pesticides

Qu'on ne s'y trompe pas, contre ces nouvelles sensibilités et visions de l'humain, on retrouve les mêmes qui luttent contre " l'irrationnel ". L'ADFI, le Dr Abgrall, le Dr Grunwald, dont beaucoup sont présents au sein du Conseil d'Orientation de la MIVILUDES, attaquent sans retenue les naturopathie, agro-écologie, , huiles essentielles, massages, méditation, homéopathie, médecine chinoise, yoga, sophrologie, aromathérapie, prière, etc., etc. Aucune de ces activités n'échappe à la sanction couperet : " dérive sectaire " !

Pendant ce temps, la France est le deuxième consommateur de pesticides après les Etats Unis, avec un taux record d'aliments contaminés (50% contre 39% pour le reste de l'Europe). Les liens avec différents types de cancers sont maintenant statistiquement prouvés, générant souvent une " génotoxicité ", transmissible par reproduction de cellules. (Le Monde 30 Octobre 2003). Pendant ce temps, la France est le pays européen où le taux de mortalité des hommes par cancer est le plus élevé, et où l'augmentation du nombre de cancers est la plus importante !

Les filières bio, depuis 1970, étaient nées d'une concertation entre producteurs, consommateurs et associations de passionnés, centrées sur les sciences de la vie. L'Etat français vient d'opérer un véritable hold up, en projetant de fusionner les instances de contrôle " bio " et " raisonnée " - le " chimique modéré " - secteur sous la coupe des producteurs de pesticides (science de la mort) !

Touche pas à mon psy !

Le cancer de l'intolérance gagne peu à peu toute l'activité du développement personnel et des psychothérapies. Illustration : en 1998, Alain Vivien disait que " les sectes " se servaient de techniques valides, telles la PNL, pour " recruter ". En 2003, il affirme que la PNL constitue en soi une dérive sectaire " à la limite de la démocratie ". Eloquent ! Qui est le prochain sur la liste ? La tendance générale est passée de la dénonciation de délits supposés (vol, meurtres) à de purs délits d'opinion et d'hérésie. L'idée elle-même et sa propagation constitue un délit insupportable. Affirmer qu'on a guéri par tel ou tel pratique est un délit (voir procès Beljanski). Bientôt, le simple fait d'exister constituera un délit. Ce que préconise d'ailleurs le député apparenté communiste J.P. Brard.

Par opportunisme, influence de lobbies " tranversaux " ou souci de cohérence doctrinale, on s'assure de mettre dans le même sac tout ce qui, du plus " scientifique " au plus " spirituel ", en passant par l'écologie (santé de la terre et de la nature), la guérison physique et/ou mentale, ne suit pas les quelques dogmes officiels souvent héritées du XIXè siècle - mal compris et systématisés.

Contradiction absurde : on insiste sur l'égalité des citoyens, exempts de différences à l'intérieur des frontières, et l'on revendique une spécificité française à l'extérieure, exigeant un traitement et des règles différentes des autres. Ces spécificités " culturelles " françaises, qui constituent plus des soustractions que des richesses ajoutées, s'adossent souvent à un dernier carré de " rationalistes ", justifiant ainsi l'arbitraire par une philosophie pseudo rationnelle en perte de vitesse ne serait-ce qu'en Europe.

Une national-philosophie bien étrange :

Observons de près l'un de ces courants à l'oeuvre. Si l'on étudie attentivement les fondements théoriques de l'Union Rationaliste et ses divers écrits, qui accueille dans sa revue des gens comme Alain Vivien ou Anne Fournier, on trouve d'entrée de jeu une direction : " lutter contre toutes les formes de l'irrationnel, ancien ou moderne ". Au moins, c'est clair. Pourtant, les mêmes se perdent régulièrement en circonvolutions lors de leurs interventions, la main sur le cœur, pour expliquer " qu'ils respectent toutes les croyances ", etc.. Pour les " intégristes de la laïcité ", l'enfant né sur le sol français n'est pas vraiment français, il le devient au cours d'un processus de scolarisation dans les " Temples de la République " que sont les établissements d'enseignement.

Ce processus a pour mission de " l'arracher à son milieu d'origine " (sic) - pour combattre le " communautarisme qui enrôlerait l'individu de force ". Il y a donc bien catéchisme, et l'affirmation toute théorique que les parents ont le droit d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions ressort de la pure langue de bois au regard des dernières années (harcèlement social sur les vaccinations, retrait des enfants, etc.).

Reste une foi naïve, d'un autre siècle, en un bonheur apporté par le seul progrès scientifique et par une conception ultra réductrice de la " raison ", méthode d'explication matérialiste du monde. Il faut avoir discuté avec les tenants de cette philosophie pour voir combien leur cadre intellectuel est souvent étroit, peu curieux et peu ouvert, un canevas d'où la création est absente, tout entiers absorbés par la défense de quelques certitudes d'autrefois.

Ce courant n'hésite pas à se présenter comme une option au même titre que d'autres options religieuses. En cela, lorsqu'ils prétendent monopoliser les débats sur la laïcité, ils sont à la fois juges et parties.

Récemment, le Grand Orient, qui revendique la paternité de la loi 1905, affirmait que, depuis cette loi, la France est le " Pays de la Liberté de Conscience Absolue " ! Une expression que l'on retrouve curieusement dans l'introduction du séminaire que la MIVILUDES organise sur 6 mois, baptisé " sectes et laïcité ", sachant que cet organisme compte en son sein plusieurs tenants de cet intégrisme-là. En tous cas, on croit comprendre que cette conception de la liberté ne s'embarrasse pas de scrupules, quand on voit les difficultés qu'ont de nombreux mouvements ou associations à exprimer leurs opinions ou pratiques sans représailles.

Les créatifs culturels :

On peut citer fort à propos Pascal, l'un des " inventeurs " de la méthode expérimentale, montrant que seule l'expérience concrète sur les événements matériels et spirituels, et la fidélité aux faits peut faire avancer la connaissance personnelle et humaine. Il s'opposait sur ce point à Descartes, qui prônait la supériorité du raisonnement sur les faits. C'est cela aussi, l'Age des Lumières.

Aux Etats Unis, 20% des gens sont considérés comme des " créatifs culturels ", qui créent leurs propres références et modes de vie sans attendre de " consignes " et d'interdits de l'Etat, expérimentant et faisant avancer la culture " sur le terrain ". L'avenir de notre civilisation passe par ces défricheurs.

Conclusion

Loin de l'universalisme à la française proclamé, dont personne ne veut hors de nos frontières, nous découvrons plutôt une forteresse assiégée qui, selon une théorie toute pasteurienne, veut se protéger des microbes et virus venant de l'étranger, voire de " l'ennemi intérieur ", chaque pays étant affecté de " tares " pouvant endommager notre patrimoine génétique laïque. Chaque personne née sur le territoire français doit être vaccinée par 15 ans d'école - sachant qu'il existe parallèlement une attaque systématique contre toutes les écoles empruntant d'autres chemins, comme les écoles Steiner. Un raidissement similaire à l'Eglise Catholique du XIXè siècle, assiégée par la modernité, qui jetait l'anathème et excommuniait par charrettes entières.

Listes noires, procès en sorcellerie, charlatanisme, condamnations pour " pensée hors normes ", familles et entreprises brisées, confiscation de matériel de recherche, sont les voies modernes de l'inquisition française.

Spécifique ? Oui, cette société et ceux qui se sont emparés des leviers du pouvoir, dans toutes les confréries et organismes qui comptent, comporte de nombreuses spécificités souvent liberticides. Mais on ne peut faire taire la liberté et la vérité indéfiniment. Rappelons cette phrase du chimiste Paul Bert, en 1872 : " Nous sommes dans le domaine de la conscience, au seuil duquel s'arrête la loi de la majorité. "

Comme au temps où les protestants, Voltaire et Rousseau, devaient se réfugier à l'étranger pour continuer à penser librement, pendant que certains mouraient sur l'échafaud, étaient envoyés aux galères où étaient embastillés pour une pièce de théâtre ou un pamphlet, on voit de plus en plus aujourd'hui tous nos meilleurs philosophes, éducateurs, chercheurs et médecins, quelques communautés agraires ou spiritualistes, des thérapeutes et éducateurs contraints de quitter leurs pays, non par désamour, mais pour simplement exister et vivre selon leur conscience et ce qu'ils savent.

France, pays des lumières (aujourd'hui éteintes), réveille toi !

 

Sommaire des Points de vue