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Je cherche un homme !
par Anastase - mars 2006

 

 

La France peut revivre.


À une condition : qu elle retrouve le souffle qui fit d elle, historiquement et universellement, l idole des amoureux de la raison et des droits de l homme.

Or, si elle voulait se regarder elle-même avec lucidité et sans faux-fuyant, si elle voulait tourner sur elle-même cet esprit critique exigeant et acéré qu elle sait si bien manier sur autrui, elle s interrogerait. N aurait-elle pas failli à sa mission historique : porter les Lumières jusqu à leur plus extrême rayonnement ?

Notre pays s est trop souvent reposé sur ses lauriers, donnant des leçons d humanisme en s appuyant sur un capital d actions parfois exemplaires, mais qui s effiloche au fil du temps. Trop souvent figé dans la défense d intérêts corporatistes et claniques, dans l orgueil d une puissance assise sur l exploitation désordonnée de la matière, il se réfugie dans la fausse sécurité d un Etat protecteur de plus en plus empêtré dans ses contradictions et ses faiblesses.
Notre pays n a pas su aller jusqu au bout de la logique des Lumières : affirmer la primauté de la raison et de l homme sur les intérêts économiques, les passions, l opinion publique, l idéologie...

Pourtant, quel pays peut-il se vanter d avoir une devise aussi magnifique que Liberté, égalité, fraternité ?

Mais dans quel pays trouve-t-on un aussi grand fossé entre le discours et les actes ?
Pourquoi la France est-elle pratiquement le seul, parmi les pays démocratiques, à discriminer de façon officielle (sous l appellation diffamante de sectes) ses minorités spirituelles ou thérapeutiques ? Et, qui plus est, au nom des droits de l Homme ! Pourquoi la France est-elle un des pays les plus condamnés par la Cour européenne des droits de l homme ?
Pourquoi tant de groupes sociaux ou professionnels (on a même vu des gendarmes manifester !) sont-ils obligés de descendre dans la rue pour seulement se faire entendre ?
Pourquoi cette arrogance de ceux qui possèdent un pouvoir et ce climat d agressivité, de violence contenue, de suspicion généralisée ?

 

Parce que la France s est désintéressée de l Esprit.


Parce que tout ce qui touche au domaine de l invisible, du sensible, du spirituel, de l humain dans son originalité et sa globalité, est négligé, bafoué, ridiculisé. Dans le meilleur des cas, est relégué dans la sphère privée, au même titre (et encore) que l art culinaire ou la philatélie.


Or la question de l Esprit, signe distinctif de notre espèce, est capitale. Elle est au cSur du pourquoi de l homme , du sens de la vie, du vivre-ensemble .
Et ce désintérêt pour l Esprit, ce refus de l accueillir dans sa diversité et sa vitalité créatrice sur la scène publique (sauf sous ses formes traditionnelles et ritualisées que sont les religions admises) conduit à la stigmatisation et au rejet inique de beaucoup de Français. Des Français pourtant respectueux des lois pour la plupart. Des Français, possédant en théorie les mêmes droits mais qui souffrent d être combattus, déloyalement, et rejetés, sans jamais être écoutés. Or, dans leur grande majorité, ils sont désireux de participer, comme les autres, à l élaboration et au bon fonctionnement de la vie démocratique.

 


Contrairement à ce qu on fait croire, la question des sectes n est pas une affaire judiciaire ni psychiatrique. C est une question politique : comment laisser place à l originalité et à la conviction quand celles-ci diffèrent des habitudes et des croyances d une majorité de gens ?
" Je cherche un homme ", répétait le philosophe Diogène en se promenant en plein jour avec une lanterne. Se trouvera-t-il en France, parmi les acteurs du pouvoir, une seule conscience suffisamment honnête et éclairée pour oser aborder publiquement ce problème de façon rationnelle  et non passionnelle ?


Car ce refus de la différence spirituelle et du monde métaphysique est partagé par les pouvoirs publics, les médias et, pour une grande part, par l opinion publique. Or c est ce joug qui asservit la France aux seuls soucis matériels. Et qui la maintient dans ses inextricables souffrances et ses misères.


La voie du progrès est pourtant tracée.


C est la voie de la raison, de l honnêteté intellectuelle et de la sensibilité. C est l abandon des indignations stériles au profit de la recherche de solutions constructives. C est l abandon de la vieille pratique du bouc émissaire au profit de la lucidité sur soi et sur ses propres insuffisances. C est l abandon de l intolérance et des préjugés au profit de l accueil et du respect de tout autre, de l écoute. C est la volonté d étudier impartialement des faits, d ouvrir des débats contradictoires. C est la confiance en soi et en l autre, et l exigence de d abord montrer l exemple. C est l humble reconnaissance que la vérité est complexe, multiple, évolutive. Que personne, ni groupe, ni majorité, ni individu, ne la détient. Et que donc la discussion entre tous est indispensable si l on veut sincèrement progresser.


Bref, c est le courage de faire dominer en soi - par-dessus ses peurs, ses croyances et son orgueil - la simplicité et la bonne volonté.


Pour atteindre cet objectif, pour vaincre les sectarismes de tous ordres, la prévention aveugle et la condamnation à priori (" toutes les sectes avancent masquées ; toutes sont dangereuses ") seront toujours stériles parce que basées sur des généralisations abusives, des ignorances et des préjugés.


Il n est qu un moyen pour libérer les hommes des tentatives multiformes de manipulation (aussi dans la publicité, la pression des lobbies et des intérêts masqués, le discours démagogique &) : enseigner à tous, et dès l adolescence, l art de penser par soi-même ainsi que le goût du bien commun.


- Penser par soi-même : là réside la grandeur suprême de notre espèce. Chacun est libre de vivre impulsivement ou en suivant une voie imposée par d autres (les traditions, les experts, les responsables ) ; ou bien de chercher à comprendre, en permanence, par delà les apparences et pour lui-même, le sens des choses. Sans renier ce qui s offre autour de lui mais en jugeant toujours lui-même, au final, de ce qui est bon ou non pour lui. Chacun possède en lui une pierre de touche qui fait de lui un être responsable de ses agissements et de ses comportements. Donc un être moral. De là sa dignité ou sa déchéance. De là sa joie de vivre ou son sommeil et son emprisonnement dans les fers du monde.


Car choisir d être maître de ses pensées, donc de ses actes, c est assumer son humanité. Inversement, empêcher un homme d agir selon sa conscience, c est nier en lui l humanité.
- Le goût du bien commun, ensuite : c est la condition du bien vivre-ensemble. Et quelle satisfaction de savoir qu en oeuvrant pour le bien de tous, non seulement on ne perd jamais rien d essentiel, mais en outre on gagne l estime des autres et, peut-être plus précieuse encore, l estime de soi, de son âme, de cette partie immense en soi qui se nourrit d amour, d intelligence et de foi.


Et qui peut faire de chacun un être unique et heureux, ouvert et fraternel, au sein de l universel.

Anastase

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