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Le dossier noir du vaccin contre l'hépatite B

par Lucienne Foucras

Mars 2008

 

 

Quand un industriel de l’automobile a un doute sur la sécurité de ses voitures, il rappelle la série. Quand Perrier, dans les années 80, a découvert qu’un lot de ses bouteilles pouvait être dangereux, il les a toutes retirées du marché. Quand les vétérinaires ont appris qu’un vaccin contre la maladie de Carré avait tué un chiot, le vaccin a aussitôt été suspendu. Pour les humains, la prudence (pourtant hippocratique) paraît être un mot plus qu’une réalité. Il suffit de rappeler la série noire des scandales de santé publique qui se succèdent en France depuis une bonne trentaine d’années, sans doute liés au développement de mastodontes de la pharmacie, plus puissants que les Etats et dispensateurs de financements considérables là où il faudrait indépendance absolue à leur égard : AFSSAPS (financée à hauteur de 83% par l’industrie pharmaceutique), EMEA (70%), FDA américaine, et OMS. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont des structures indépendantes de surveillance des médicaments (ce qui sans doute a protégé les Britanniques des dérives que la France a connues avec la vaccination hépatite B puisque seuls 5% d’entre eux ont été vaccinés contre presque 50% de la population française). Rappelons quelques faits : le Distilbène, interdit aux Etats-Unis en 1971 mais prescrit en France jusqu’en 77 et responsable de graves malformations (160 000 enfants concernés), l’hormone de croissance contaminée injectée jusqu’en 88 alors qu’on savait dès 77 qu’une hormone allait être disponible (75% des victimes mondiales sont françaises), amiante, sang contaminé, Vioxx (à lui seul 130 millions d’euros pour la sécurité sociale en 2003) arrêté par la firme elle-même et non par les autorités sanitaires (27 785 décès et 160 000 crises cardiaques).

Pour comprendre ce qui est arrivé en France avec le vaccin hépatite B, il était nécessaire d’éclairer le contexte. Le nouveau scandale, celui du vaccin hépatite B, n’est qu’un événement de plus dans une série de scandales de même nature, qui risquent encore de se reproduire à l’infini si rien n’est fait pour freiner les appétits d’une industrie pharmaceutique dont on a pourtant besoin, mais qui, insérée dans un système économique entièrement libéralisé n’obéit plus qu’aux lois du marché et se comporte comme si elle était une industrie ordinaire : marchés à conquérir, éventuellement sous couvert d’humanitaire (le GAVI) et actionnaires à satisfaire. Certes, certains vaccins ont été retirés : Hevac B et Hexavac de Pasteur. Mais le GenHevac et l’Engérix B sont toujours largement diffusés, alors qu’on a les plus grands doutes sur leur innocuité (aluminium, formaldéhyde entrent dans la fabrication de ces premiers vaccins transgéniques et aujourd’hui encore l’Engérix B garde des traces de mercure). L’arrêt de la vaccination des adultes est un signe qui ne trompe pas : il fallait arrêter l’hécatombe. Mais que faire de tant de lots dont on n’arriverait pas à écouler les stocks ? La trouvaille a été de dire que les enfants n’ayant pas de myéline, ils ne risquaient rien. Tiens donc ! C’est donc bien que ce vaccin peut détruire la myéline ? Le lien de causalité, on l’a ! Mais revenons aux bébés : pas de myéline achevée, certes, mais une myéline en formation qui peut être détruite très tôt comme l’a montré la maladie de Guillain-Barré chez un petit Marocain vacciné à 19 mois et devenu tétraplégique, risque auquel s’ajoute celui des maladies auto-immunes (24% des accidents recensés), car ces maladies mal connues et inguérissables frappent à tous les âges de la vie ceux qui ont une susceptibilité génétique à les développer. Et comment savoir si on l’a ? Les antécédents personnels peuvent l’indiquer, mais pas les antécédents familiaux. Preuve en est que nombre d’accidents se sont produits sur des individus qui ne connaissent aucun cas de fragilité neurologique dans leurs familles.

On nous a ensuite raconté que le problème n’était que franco-français. C’est à pouffer de rire, d’abord parce qu’il est normal que la France se soit fait une renommée particulière du fait qu’elle a beaucoup plus vacciné que les autres pays et donc causé forcément plus d’accidents vaccinaux, ensuite parce qu’on sait que les Etats-Unis ont recensé, rien qu’entre le 1er juillet 90 et le 31 octobre 98, 24 775 effets secondaires, dont 9673 cas très graves et 439 décès, chiffres très inférieurs à la réalité si l’on croit ce que dénonce l’étude d’un CDC (centre de pharmacovigilance américain) qui déplore que seulement 1% des accidents médicaux lui soient rapportés (la France fait un peu mieux avec 5%). Enfin on sait qu’il y a des procès en Espagne, en Allemagne, en Russie, en Géorgie, en Corée, et même des condamnations en Italie et au Maroc où SKB s’est fait condamner en 2006 pour la tétraplégie de l’enfant cité plus haut. Un silence total a été fait sur cette condamnation, car elle infirme visiblement l’affirmation selon laquelle les tout-petits ne risquent rien. Si la dernière étude, en 2007 (que faut-il penser de ces études ? On a vu pour l’amiante) qui a porté sur 143 enfants de moins de seize ans s’est voulue rassurante, elle admet cependant un risque de 1 à 1,86 entre 0 et 6 ans par montée progressive, ce qui pourrait témoigner d’un effet à retardement dans l’apparition des symptômes. S’ils apparaissent trois ou quatre ans après, il est facile, évidemment, de nier le lien de causalité.

Il faut toujours apprécier le rapport bénéfice/risque. Or le risque était, et est toujours, quasi nul pour la population générale en France, et encore plus nul pour des bébés, sauf à se projeter dans un avenir incertain et à les considérer tous a priori comme de futurs individus à comportement à risque. Pour l’avenir, il faudra tirer la leçon de ce qui s’est passé : proscrire absolument les actions de masse. On ne donne pas le même médicament à tout le monde. Le faire pour les vaccins est tout aussi dangereux. La justice a mis en examen les deux laboratoires. C’est un premier pas, car ils ont une lourde responsabilité : des dizaines de décès, des milliers de maladies invalidantes), mais ils ne sont pas les seuls. Affaire à suivre

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