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"La Liberté Absolue de Conscience"

par Paul Vinel

Mars 2008

 

 

Cela fait penser à une publicité restée fameuse. Et Coluche en son temps s’était déjà posé la question comment cela pouvait être possible. Il s’agit bien sûr du fameux slogan : « la lessive qui lave plus blanc que blanc ».

A quoi ressemble un tissu après un lavage plus blanc que blanc ? En reste-t-il quoi que ce soit ?

Dans le domaine qui nous concerne, celui de la Liberté de Conscience, c’est la même question qui se pose. Au fil des communiqués de presse, de l’actualité et des infos, voilà que nous entendons parler de « La Liberté Absolue de Conscience ». Dans un entretien accordé au Figaro, le 26 décembre 2007, M. François Bayrou, président du Mouvement démocrate déclarait : "Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot ». Sa remarque se rapportait à autre chose, à savoir un fameux discours de M. Sarkozy. Elle n’en est pas moins pertinente.

Alors de quoi s’agit-il réellement ? Qu’est ce que la Liberté Absolue de Conscience, et a-t-elle quelque chose à voir avec ce que nous défendons nous, à savoir la Liberté de Conscience ?

Pour mener notre enquête, nous voilà donc à interroger un moteur de recherche sur internet. Les résultats sont très instructifs. En tête de la liste des résultats, l’Union des Athées, une pétition pour autoriser la presse à se moquer des religions, le GODF (Grand Orient De France), etc. D’ailleurs voici ce que dit Wikipédia au sujet du GODF : « les maçons du Grand Orient de France déclarent être attachés à la liberté absolue de conscience, qu'ils considèrent comme garanties par la laïcité des institutions. » Sachant que le GODF est une obédience maçonnique qui refuse de faire référence au GADLU (Grand Architecte De L’Univers), il apparaît clairement que « la liberté Absolue de Conscience » sert de bannière pour rassembler tous les athées, agnostiques et autres libres penseurs. « Le Grand Orient de France est institutionnellement une société qui pratique la Liberté Absolue de Conscience, c'est-à-dire qui laisse à ses membres le choix de croire en une vérité révélée de son choix ou de n'en pratiquer aucune » déclare le GODF sur son site internet. Liberté de croire ou de ne pas croire donc. Mais, et cela apparaît clairement sur tous les sites visités, l’accent est indéniablement mis sur la liberté de ne pas croire en un dogme révélé. Voilà donc pourquoi l’adjectif « absolu » a été rajouté, pour bien affirmer le droit de ne pas croire, par opposition à la simple liberté de conscience, perçue elle comme seulement le droit de choisir entre plusieurs croyances officielles.

Et à ce stade de nos recherches, nous n’avons aucune espèce de critique à formuler. A part une différence de sensibilité liée à l’histoire, nous ne voyons strictement aucune différence entre la liberté absolue de croire ou de ne pas croire, et la liberté de croire ou de ne pas croire. Blanc bonnet et bonnet blanc donc.

Pourtant il nous semble à nous que la mise en pratique de la Liberté Absolue de Conscience ne répond pas à ses principes théoriques. Nous estimons que dans la pratique cette liberté absolue de conscience ressemble vraiment à une liberté à géométrie variable : absolue et totale pour les uns, et inexistante pour les autres. Ecoutons la communication de Mme Marie-Françoise Blanchet, Grande Maîtresse de la GLFF (Grande Loge Féminine de France) : « Permettre aux religions de sortir du domaine privé, celui de l’intimité, a pour conséquence le risque de légitimer une théocratie, autrement dit une ingérence du religieux dans le politique. Ce serait renoncer à nos valeurs qui font qu’ici, la Loi est toujours au-dessus de la Foi. » La chose est claire, il y a le domaine privé où tout serait permis, et le domaine public où toutes les manifestations religieuses et spirituelles seraient à bannir. Exit le droit au prosélytisme et à l’affichage de ses convictions intimes. Mais, alors que certains seraient privés de leurs droits, d’autres auraient tous les droits ? Ainsi pour le droit au blasphème.

Dans le n°181 de la revue Europe et Laïcité, il est écrit : « défendre la Laïcité, c'est aussi lutter pour la liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté absolue de conscience. C’est le droit au blasphème.... » De même après l’affaire des caricatures de Mahomet, un blasphème pour le monde musulman, une pétition avait circulé. Elle s’intitulait « pétition mondiale pour la Liberté absolue de conscience » et elle déclarait « Nous citoyens du monde et de culture musulmane, croyants, agnostiques, athées ou d'origines culturelles diverses affirmons notre soutien de principe à la liberté de la presse de traiter, même avec humour, de tous les sujets concernant tous les systèmes de pensée, religieux ou non ».

Nous n’allons pas entreprendre une polémique pour ou contre le droit au blasphème, le droit ou non de faire des caricatures. Le sujet est délicat et n’est pas l’objet de ce document. Mais remarquons simplement que le blasphème, des caricatures stigmatisant des aspects religieux, que tout cela est du prosélytisme antireligieux et que cela se passe sur le domaine public. Alors pourquoi le domaine public serait-il autorisé à ceux qui font du prosélytisme antireligieux, et interdit à ceux qui souhaite faire du prosélytisme religieux ? Que les tenants de la Raison nous expliquent cette incohérence.

Dans le domaine public :

droit au blasphème, c'est-à-dire le droit de critiquer les croyances religieuses au nom de la liberté d’expression,

mais interdiction de dire du bien des religions parce que le prosélytisme religieux serait contraire à la laïcité.

Est-ce donc cela la mise en pratique de la Liberté Absolue de Conscience ?

Et ce n’est pas fini, le 19 décembre 2003, le GODF déclarait dans un communiqué :

« Le moment est venu :…. - de mettre en place des cérémonies civiles, alternatives aux cérémonies religieuses, pour toutes les étapes de la vie ou de la citoyenneté. » Avant de continuer le plus sérieusement du monde : « La laïcité garantit le libre exercice des cultes dans le respect des valeurs de la République. »

Sans doute ce qui s’appelle la langue de bois !

A vrai dire nous sommes perplexes : pourquoi au nom de la liberté pour tout individu de choisir librement ses convictions religieuses et spirituelles, pourquoi s’acharner à vouloir régenter la vie religieuse et spirituelle de tous les autres citoyens ?

L’affaire commence semble-t-il en 1765 quand le Chevalier de la Barre est injustement accusé de blasphème, puis jugé, torturé et exécuté. Depuis plus de deux siècles, il n’arrête pas de mourir, martyr emblématique du fanatisme religieux pour tous les tenants de la Libre-Pensée. Mais aujourd’hui la situation objective a bien changé. La Royauté absolue de par la Volonté Divine a disparu. L’influence de l’Eglise catholique a été érodée. Les victimes d’il y a plus de deux siècles, les tenants de la liberté absolue de conscience, occupent aujourd’hui les postes du pouvoir.

Mais l’histoire va-t-elle se répéter à l’envers ? Les victimes d’hier vont-elles devenir les bourreaux d’aujourd’hui suivant le syndrome victimes-bourreaux classique en psychologie ?

Cela n’est pas souhaitable. Mieux vaudrait que ce traumatisme dans la conscience collective de la France puisse être soigné et guéri grâce à un dialogue apaisé.

En tous les cas, cela est notre souhait.


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