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Un choix fondamental : confrontation ou collaboration.

CAP Liberté de Conscience - Liberté religieuse - Liberté thérapeutique

avril 2008 par Paul Vinel

 

Dans un communiqué en date du 21 février 2008 qui appelle à résister contre les « sectes », le GODF (Grand Orient de France) déclare « Ainsi donc, après une tentative de reformulation des rapports des religions et de l'Etat, après les craintes quant à une révision de la loi de 1905, sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, voilà qu'un haut personnage [Mme Emmanuelle Mignon, conseillère au cabinet de M. Sarkozy] de l'appareil gouvernemental entendrait de manière implicite faire admettre que de nombreuses sectes pourraient être considérées comme des cultes, et par conséquent, bénéficier des libertés d'établissement et d'expression. Cette prise de position est inacceptable si elle se révèle exacte.

Cette déclaration est étonnante à bien des égards et nous éclaire sur les opinions de cette obédience maçonnique.

Elle est étonnante tout d’abord parce qu’elle est en contradiction avec la réalité des faits. Concernant. On peut citer les très nombreux succès juridiques des Témoins de Jéhovah. Ils ont amené le Bureau des Cultes à reconsidérer ses positions à leur égard. Mentionnons également les fonctionnaires témoignant sous serment devant la commission parlementaire intitulée « commission relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des mineurs ». Leurs témoignages n’ont recensé qu’un nombre très faible de cas possibles de dérives sectaires.

De plus il est intéressant de signaler que le GODF lui-même est considéré comme une « secte » par la rumeur publique. Bien sûr, il n’est listé dans aucun rapport officiel, mais c’est bien ce qui apparaît au sein de l’opinion publique et des médias même s’ils préfèrent utiliser le terme de « société secrète », terme politiquement correct.

Par son histoire la Franc-maçonnerie, et donc le GODF, peut être considérée comme une « secte », car elle se déclare une « société initiatique ». Elle fait partie des « minorités de conviction » qui aspirent à élever la conscience humaine.

Mais elle est aussi perçue comme une « secte » dans sa connotation péjorative car elle a la réputation d’avoir une influence occulte dans les milieux politiques. Ses membres sont souvent accusés d’affairisme et d’opportunisme.

Nous pouvons comprendre qu’un mouvement spirituel puisse avoir une influence sur les décideurs politiques, mais pas à l’exclusion de tous les autres. Il nous parait même important que les hommes politiques puissent se référer à des points de vue humanistes et spirituels. Mais pourquoi tant de secrets ? Pourquoi par exemple ne pas révéler la liste de ses membres ? Et pourquoi combattre les religions et les autres mouvements spirituels dès lors qu’ils s’intéressent à la politique ?

On peut reposer la question de la coexistence des pouvoirs temporels et spirituels dans notre pays, car c’est comme si le choc des deux France continuait encore et encore de secouer notre pays.

Pour répondre à cette question de fond, il est nécessaire de rappeler quelques évidences trop souvent oubliées.

La première de ces évidences : l’être humain est d’abord un être spirituel. Ce rappel ne plaira sans doute pas aux athées militants. Mais qui pourrait affirmer ne jamais s’être interrogé sur le mystère de notre existence terrestre: poussières d’étoiles perdues dans l’immensité de l’univers, ignorant notre devenir après la mort. En fait ce questionnement existentiel est omniprésent pour la plupart d’entre nous, même si les réponses apportées sont très variables d’une personne à une autre. Et l’histoire a montré à travers les épreuves endurées par les martyrs par exemple que l’engagement spirituel prévaut souvent sur l’existence elle-même.

La deuxième évidence est que la « Raison » invoquée par certains comme étant la valeur suprême, ne l’est pas. Certes, la raison est un merveilleux outil pour ordonner, discriminer, juger, décider, déduire, raisonner. Mais la raison seule est stérile. Il lui manque quelque chose : le pouvoir créateur. Quelqu’un a-t-il jamais rencontré un poète raisonnable ou un artiste raisonnable ? Si cela était, quel ennui cela serait. La création artistique et la raison apparaissent antinomiques parce que la première se situe au-delà de la raison. « L'imagination est plus importante que le savoir » disait Einstein. Et l’imagination permet de sortir des chemins balisés de la raison. Il existe donc bel et bien un au-delà de la raison où l’humain a la capacité de puiser pourvu qu’il le veuille bien. Appelons cela « la Source Créatrice » afin de laisser ouvertes toutes les interprétations possibles.

Une troisième évidence est que l’Homme, de par ses choix et ses actions, a la capacité de transformer notre Terre soit en paradis, soit en enfer. Aujourd’hui ces deux réalités coexistent sur notre planète. Alors comment permettre un « vivre-ensemble » harmonieux et répondre aux formidables défis de notre temps ? Tout individu est mû à la fois par des contraintes et des désirs matériels, et aussi par des aspirations spirituelles et des croyances religieuses. Et cela n’est pas dissociable. Le religieux est certes du domaine privé, mais il est impossible de l’abandonner chez soi en quittant son domicile. Il fait partie intégrante de chaque personne. Le religieux et le spirituel ont besoin de s’exprimer librement dans le domaine public.

Face à la déshumanisation de notre société où la machine remplace l’homme et où celui-ci devient un étranger chez lui, une quatrième évidence s’impose, l’impérieuse nécessité de rétablir la sacralité de l’homme et de la femme afin de contrebalancer les excès de la société de consommation et de la compétitivité. Aujourd’hui cette sacralité de l’humain n’est pas respectée. Nombreux sont les hommes et les femmes qui sont victimes de la guerre, qui servent de moyens de production à bas coût, de cibles de consommation. Rétablir la sacralité de l’homme et de la femme, c’est mettre les outils financiers, industriels, éducatifs au service des besoins humains, de tous les besoins humains. Les religions et les mouvements spirituels sont les lieux privilégiés pour redécouvrir cette sacralité de l’humain. Mais, souvent, ils ont failli à leur mission, tombant dans le piège de la cupidité, du dogmatisme, de l’intolérance et de l’ignorance. Les nombreuses guerres de religion qui ont eu lieu par le passé et continuent aujourd’hui, en sont une triste illustration. Et l’anticléricalisme actuel se nourrit de ces errements religieux.

Alors quelle société mettre en place pour notre avenir et celui de nos enfants ? La théocratie n’est pas souhaitable parce qu’elle marginalise la Raison. Elle met l’irrationnel au pouvoir et engendre toutes sortes d’excès. La loi de 1905 a instauré la séparation des Eglises et de l’Etat. Mais l’Etat qui ignore le sacré est source de déshumanisation, renforçant le règne de l’argent et du futile, la sclérose de la pensée et de la créativité. La solution est à chercher plutôt dans une complémentarité : d’une part l’au-delà de la raison, la pulsion créatrice, l’aspiration spirituelle ou religieuse, l’élan humaniste, la Source Créatrice, afin d’imaginer et d’éclairer notre avenir ; et d’autre part la Raison pour discriminer, séparer le réalisable du rêve, choisir, décider et mettre en action. Et dans ce grand rassemblement des compétences partagées et des bonnes volontés mises en œuvre, aucune personne, aucun groupement établi ou marginal, ne doit être exclu à priori.

Il est urgent de sortir de la confrontation des deux France, la laïque et la spirituelle pour s’engager avec force dans une collaboration constructive.


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