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CAP Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté thérapeutique

Bilan d’une campagne de vaccination :
Retour sur « le coup du siècle »

Par Gilles Carat

Février 2010

 

cap liberté de conscienceNous sortons donc d’une campagne de vaccination sans précédent, elle-même précédée et appuyée par une campagne de marketing globale absolument surréaliste. L’heure est maintenant aux bilans, commissions d’enquêtes et suspicions, et l’on peut dire que, si les laboratoires ont réussi à engranger des bénéfices inespérés et inégalés, leur image dans l’opinion ne s’est jamais autant dégradée en si peu de temps, grâce aux initiatives citoyennes sur Internet. Déjà aux Etats-Unis, les laboratoires ont sorti leurs boucliers pour parer à une pluie de procès pour dommages et intérêts concernant la pertinence d’un vaste éventail de médicaments et traitements, la confiance étant souvent brisée sur des affaires autrement sérieuses que la grippe.

En effet, bien mal acquis ne profite jamais, et nous allons rappeler quelques points d’une formidable gabegie et d’une valse ahurissante d’incohérences à tous les niveaux.

Prologue

La presse s’était émerveillée début décembre sur « les statistiques impressionnantes » de la vaccination contre la grippe A en France. Effectivement, à bien examiner, les statistiques sont tout à fait impressionnantes, époustouflantes même. Dès le 10 décembre, il était par contre de plus en plus dur d’obtenir des chiffres précis. Dans cette véritable guerre des chiffres – qui a semblé tenir lieu de politique principale -, nos dirigeants ont surtout révélé que la stratégie et la logistique n’étaient pas leur fort. Nous l’allons montrer tout à l’heure, en laissant de côté toute polémique sur la pertinence du vaccin et en se plaçant dans la perspective gouvernementale du « tout-vaccin ».

Epidémie fulgurante, basculement non moins fulgurant de l’opinion

Dès fin novembre, on lit dans la presse que « l’épidémie progresse à une vitesse démesurée. » On se croirait quasiment dans la baie du Mont St Michel en train de contempler avec effroi la mer qui s’avance à la vitesse d’un cheval au galop. Or, pour employer le comparatif des épidémies de grippe « saisonnière » passées, si l’on ajoute les chiffres de la grippe saisonnière + grippe A, la progression hebdomadaire des cas a été peu différente de la moyenne (source : les courbes comparatives annuelles du site des « GROG », observatoires officiels de la grippe en France).

Toujours selon les communiqués officiels français relayés dans la presse, il y aurait eu une forte affluence dans les centres de vaccination dès la dernière semaine de novembre, portant le nombre total de vaccinés à 1 million. Didier Houssin, directeur général de la Santé, y voyait un revirement radical de l’opinion : «Les gens ont considéré qu'il était plus risqué d'attraper la grippe que de se faire vacciner». « Les gens en question », cela représentait début janvier à peine 5 millions sur 60 millions de français, soit 8 % de la population.

Le 4 décembre, le ministre de l’éducation nationale annonce de son côté « 10% de vaccinés » dans les établissements scolaires selon de mystérieuses « remontées de terrain » (c’est mieux que des effondrements), alors que 30 000 lycéens seulement ont été vacciné (moins de 1% des élèves français) ! Renseignements pris, il fallait comprendre que seuls 10% des lycéens dont les familles ont été contactées sont venus se faire vacciner.

Or, selon les chiffres officiels de l’année dernière, 5 millions de français avaient déjà été vaccinés contre la grippe au 15 décembre 2008, année à épidémie très modérée, chiffre que nous n’avons même pas atteint cette année malgré toute la brillante logistique mise en place, armée et brigades anti-criminelles comprises. Nos dirigeants ont-ils choisi la meilleure stratégie contre ce ‘fléau redoutable’ qui a mobilisé (et failli immobiliser) tout un pays, avec une menace de paralysie totale ?

Le record du Guiness des ventes de vaccins en France

Rappelons que, sur les recommandations des 100 scientifiques qui la conseillaient (chiffre très impressionnant), parmi lesquels quelques VRP des labos occupés à promouvoir en parallèle les vaccinations de masse dans d’autres conseils de marketing, notre Ministre de la Santé Française a signé un contrat à une vitesse fulgurante, reconnaissons-le, achetant ferme 94 millions de doses de vaccins contre la grippe A pour une population totale de 62 millions d’habitants, nouveaux-nés et mourants compris. Là, c’est très impressionnant. Rassurons-nous, ce n’est pas complètement absurde, car à l’époque, on prévoyait (où plutôt les labos impliqués dans la fabrication prévoyaient) deux doses par citoyen(ne) français(e) à 6 semaines d’intervalle, une originalité qui n’existe nulle part ailleurs, même contre les pires fléaux de la terre. Puis on a oscillé, tous les quinze jours entre « une dose », « non, deux doses », « excusez-nous, c’est une seule dose », « pardon, deux doses ! », et pour finir (?) une dose pour les plus de 9 ans, deux doses en-dessous. En fait, le 25 novembre, donc en pleine campagne de vaccination, Le Monde nous précise sans rire qu’ « il n'était toujours pas décidé si la vaccination se ferait en deux injections comme prévu initialement. Il semble que l'on se dirige vers une seule injection pour les adultes et deux pour les jeunes, la difficulté étant de déterminer les critères (âge, taille, poids...) qui font que l'on passe de jeune à adulte. » Vaste débat. Fallait-il créer un comité scientifique ?

Des statistiques de rentabilité impressionnantes pour les labos,
qui inventent la « responsabilité 0 »

Ensuite notre comité scientifique émérite a trouvé de la plus grande urgence d’inclure dans les contrats une clause visant à protéger les fabricants de toute responsabilité quant aux effets secondaires potentiels des vaccins. Après la « Tolérance 0 » inventée par l’inénarrable juge Fenech, voici la « Responsabilité 0 ».

Les avantages pour les fabricants sont tout à fait impressionnants : 0 effet secondaire à prendre en charge légalement, pas de stock ni invendus – car comprenons bien, les 94 millions de vaccins, utiles ou pas, étaient déjà vendus et font l’objet actuellement d’une renégociation des contrats ! -, et toute la distribution (logistique y compris la « chaîne du froid » sur un territoire de 551500 km2, Corse et DOM/TOM comprise) à la charge du client. En outre, c’est sans compter les économies pour les labos sur la pub et les émoluments des VRPs médicaux (au nombre de 20 000 en France), car c’est le gouvernement qui a pris tous les frais de publicité à sa charge.

Une logistique immuno-déficiente

Si, pour être charitable, nous escomptions que la moitié de la population française aurait reçu sa première dose avant le début de l’hiver (21 décembre), hypothèse tout à fait conservatrice et modérée, alors il est clair que, en commençant début novembre, cela demandait 4 à 5 millions de doses injectées par semaine. Date à laquelle les deuxièmes injections commençaient tout en finissant de vacciner le reste de la population. Là, la calculette explose.

Or, le système s’est grippé dès qu’il s’est agi d’administrer ne serait-ce que 1 million de doses en une semaine, soit cinq fois moins que nécessaire, à tel point qu’il a fallu parfois appeler la police municipale, et dans certains cas la brigade anti-criminalité pour contenir les foules de patients refoulés (retraités et mères de famille) à la porte des centres de vaccinations.

Il est clair que nos experts n’avaient pas prévu l’intendance. Dommage, quand on a 1 milliard d’euros en jeu (+ 500 millions d’euros de stock d’antiviraux, tels le Tamiflu, plus ou moins périmés, idem pour les masques, 500 millions d’euro également). Or, comme l’a affirmé Roselyne Bachelot après avoir limogé un directeur de la DDASS jugé trop mou, « Il y a des fonctions stratégiques qui sont visiblement plus adaptées aux qualités d'un grand serviteur de l'Etat. On est adapté ou pas adapté à un poste, c'est tout ». Dont acte.

Officiellement, notre système ("la plus grosse entreprise de santé publique jamais organisée en France ») a souffert de « goulots d’étranglement affectant la fluidité du système ». Pour remédier à cette pénurie de personnel vaccinatoire (technique ou administratif), le premier ministre annonça alors le renfort de 43 000 bénévoles de la Croix-Rouge et de 35 000 membres des fédérations de protection civile, pour arriver selon lui à un petit 2 millions de vaccinés par semaine. Le gouvernement décida également que la Croix Rouge devait recruter en sus, aux frais de l’Etat, 5 000 auxiliaires pour… 6 mois ! On allait donc vacciner jusqu’en juin ?

Une couverture vaccinale bien mince pour l’hiver

Il faut ajouter à ce tableau que l’effet immunisant du vaccin prend de 10 à 15 jours après l’injection. Si on a bien compris, l’intérêt des vaccins, c’est avant l’épidémie, pas après. Or, sachant que les pics maxima de déclenchement des grippes se situent suivant les années entre fin décembre et fin janvier, cela veut dire que seuls 6 ou 7 millions de français pouvaient être « immunisés » au plus fort des contaminations, soit 10% de la population, alors que nous bénéficions « du meilleur système de santé au monde ». Pas très impressionnant si l’on sait que les personnes à risque, enfants de moins de 9 ans et personnes âgées incluses représentent déjà 20 millions de français. Pendant ce temps, le Québec a dépassé les 50% de vaccinés le 9 décembre, sans tout ce tapage médiatique.

Quant aux personnes gravement malades – donc à grand risque – qui ne peuvent se déplacer, on les avait oubliés, mais on déclara par la suite que l’on s’orientait vers des « équipes mobiles »… qui devaient alors s’orienter vers les patients. Fort « heureusement », il se trouve que nous avons une grippe « multi-pics », la Ministre de la Santé nous informant le 8 décembre qu’il y avait eu un pic fin novembre, qu’elle en prévoyait un autre pour le 20 décembre (précis !), et qu’il y en aurait d’autres pendant l’hiver (pas encore de dates précises pour le printemps ni l’été). Très inspirée, notre Ministre redoutait alors de véritables « vagues » de contaminations de plus en plus virulentes au cours de l’hiver ! Donc on pouvait écouler une partie des stocks (ouf !). Hypothèse abandonnée 1 mois plus tard.

Or, avec 5 millions de vaccinés en 8 semaines, on voit que cela aurait pris plus de trois ans sans interruption pour vacciner toute la population.

Pour couronner le tout, d’après les statistiques de l’INVS (Institut de Veille Sanitaire), « vacciné » veut dire qu’on a seulement deux ou trois fois moins de chances d’attraper cette grippe-là que les non vaccinés (selon l’âge), c’est tout ce que veut dire « immunisé contre la grippe ». Personne n’avait réfléchi à tout cela ?

Le gouvernement s’avançait masqué

Ce dont personne ne se vante et qui fait moins de bruit, c’est le stock de masques gérés par le Ministère français de la santé par l’intermédiaire de l’EPRUS : 1 milliard de masques « chirurgicaux » pour les malades - on frise carrément la vision apocalytique -, plus 537 millions de masques « FFP2 » pour les professionnels de santé, plus les stocks gérés par les collectivités locales (non connus), plus 152 millions de masques détenus par les différents ministères dans le cadre de leur « plan de continuité ». Voilà qui va alimenter le moulin de ceux qui réclament moins de fonctionnaires. Malheureusement, du fait que 45% de ces stocks étaient déjà périmés, l'EPRUS a été chargé de commander au mois de juin dernier 399,9 millions de masques FFP2 supplémentaires, remarquons la précision … « chirurgicale ». On nous dit que tout ça pouvait couvrir 100 jours, pas plus. Après, chacun pour soi …

Une mortalité molle

Un point non élucidé est le suivant : on nous avait prédit 2 milliards de personnes infectées par la grippe A dans le monde, dont 20 millions de morts (1% !!!). Par comparaison, la grippe saisonnière provoque de 250 000 à 500 000 morts sur la planète chaque année, soit cent fois moins. En mai, un expert épidémiologiste français qui murmurait à l’oreille du gouvernement considérait que le scénario le plus probable était de 30000 morts en France, en ne mâchant pas ses mots : "Mon sentiment est qu'ils vont faire un vaccin pandémique, sachant que le nouveau virus est ultra-compétitif et chassera tous les autres". Selon lui, "en janvier, il n'y aura plus que du H1N1 sur la terre, le reste aura été dégommé". « Le Jugement Dernier, avec Arnold Schwarzenegger. »

Or, début décembre, on en était toujours à 5000 morts par la grippe A dans le monde en 6 mois (ce n’est pas faute de les avoir détectés au radar, voire soupçonnés sur simple signalement, toutes les polices sanitaires de la planète étaient sur les dents), grippe qui s’est propagée nous dit-on à une vitesse fulgurante, 6 fois plus vite qu’un virus habituel. Cherchez l’erreur ! Là encore, sérieux problèmes de calcul.

Finalement, l’avantage des grippes non saisonnières, c’est quoi ?

Patience. Pour éclairer notre lanterne, le Figaro Santé du 30 novembre 2009 se fait un plaisir de nous relayer la stratégie des laboratoires pharmaceutiques pour cette deuxième décennie du XXIè siècle à venir. Apparemment, une catastrophe économique guette ces labos, car vers 2013 prendront fin la plupart des brevets concernant leurs médicaments vedettes, et les fabricants de médicaments génériques vont leurs voler leurs bénéfices. Il faut donc remplacer ces activités défaillantes par … les vaccins ! En effet, comme le souligne le Figaro, les vaccins représentent un véritable « eldorado », car le vaccin a bien des avantages : il n’est pas « généricable », donc pas de molécule miracle à cloner.

« Autre avantage », continue la revue, « les vaccins peuvent, eux aussi, accéder au statut de blockbusters, c'est-à-dire dégager un chiffre d'affaires supérieur au milliard de dollars. Il suffit pour cela qu'un ou plusieurs gouvernements décident de vacciner tout ou partie de leur population ! Mieux, quand les États passent commande, les laboratoires échappent aux stocks et aux invendus. »  On voit que Le Figaro Santé a bien compris et est un témoin éclairé de son époque.

La grippe A constitue «une opportunité de revenus significative en 2009 et 2010», aurait d’ailleurs déclaré le jeudi 26 novembre Chris Viehbacher, PDG de SANOFI Aventis. Merci de la précision, on avait plus ou moins compris nous aussi. Egalement, « [le vaccin] est de plus en plus intégré dans les politiques d'assurance-maladie » souligne un expert du secteur. Effectivement, c’est bon pour la prescription, mais ce n’est pas forcément excellent pour la Sécu.

On pourrait ajouter : pas besoin d’être malade pour se faire vacciner, et ça, c’est un avantage.

Bon, d’accord, le tétanos, le choléra, la tuberculose on connaît, on fait des usines à vaccin et ça roule. Mais cette grippe saisonnière qui mute en veux-tu en voilà, comment être opérationnel à temps s’il faut six mois pour fabriquer un vaccin à partir du prélèvement des nouveaux virus qui n’apparaissent qu’au début de l’automne ? Mais voilà, la nature dans son infinie compassion a entendu la plainte des labos angoissés, et a inventé …. la grippe non saisonnière, ou plutôt semi-saisonnière à deux temps !!! Il fallait y penser. Comment ça marche ?

En avril, 6 ou 7 mois avant le début de la « saison », la future grippe pointe le bout de son nez, tue quelques milliers de personnes histoire de bien montrer qu’on ne rigole pas et disparaît, en donnant rendez-vous ferme six mois après. Noter que dans son infinie compassion, elle apparaît juste assez longtemps pour que l’on ait le temps de prélever les fameuses souches. Ça tombe bien, on a juste 6 mois pour fabriquer les vaccins avant le début de la « saison ». Pendant ce temps, les gouvernements, l’OMS, etc. etc. matraquent, pardon informent tous les médias sur le fléau qui va dévaster la planète et infecter 2 milliards d’humains, avec un taux de mortalité jamais vu ! Campagne de marketing gratuite donc. De peur de la pénurie, les gouvernements achètent et réservent des stocks de vaccins suffisants pour vacciner humains, chiens, chats, veaux, vaches, cochons, poulets, etc. et dans l’affolement, les labos réussissent à faire signer des clauses de non responsabilité. A l’automne, la grippe nouveau type réapparaît (elle est très réglo, elle respecte ses engagements) juste au moment où les stocks sont disponibles, « à enlever sur place », et les vaccinations démarrent… cahin caha. Banco ! La pénurie génère la panique et le gouvernement appelle les moyens militaires à la rescousse pour « fluidifier » la campagne.

Et l’hémisphère Sud, pendant « leur » automne ? L’hémisphère Sud, l’Afrique, tout ça, le problème c’est qu’ils ne sont pas solvables. Donc notre grippe A tout à fait conciliante les a épargnés, rien à gagner de ce côté-là. En France, on est certes au bord de la banqueroute, mais la planche à billets fonctionne à merveille (merci la crise et ses vagues de dépenses publiques de plus en plus virulentes!). Donc on signe le (gros) chèque et on vaccine tout ce qui bouge, du moins on essaie dans les limites du raisonnable et du possible. Plutôt deux fois qu’une !

Un bilan politique catastrophique

Outre les dommages collatéraux pour les labos, à savoir une désaffection et une forte méfiance de l’opinion publique face aux campagnes « d’information sanitaires » à venir, les politiques montent au créneau (ainsi que les contrôleurs de gestion). Ainsi, le Conseil de l’Europe a ouvert une enquête exceptionnelle sur « l’influence de l’industrie pharmaceutique au sein de l’OMS». On parle en effet de 10 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires engrangés grâce aux vaccins. Un audit des laboratoires concernés – à savoir Sanofi Pasteur, Novartis, GlaxoSmithKline et Baxter – est prévu par le Sénat français. Enfin, le parlement russe (la Douma) s’apprête à ouvrir une enquête «pour corruption». En cas de délit avéré, la Russie pourrait se retirer de l’OMS...

Un honorable membre de la commission Santé du Conseil de l’Europe affirme quant à lui que « Les laboratoires pharmaceutiques ont organisé la psychose ! ». Dans le collimateur : la double appartenance des experts qui conseillent les gouvernement et institutions sanitaires, beaucoup de ces experts étant rémunérés au plus haut niveau par des laboratoires, quand ils n’occupent pas directement des fonctions de cadres. Le mode de financement de l’OMS est également en cours d’évaluation, ainsi que le financement d’associations de malades, parfois créées de toutes pièces par les laboratoires. Le problème se pose également au niveau national, car certains rapports indiquent que l’AFSSAPS serait financée à près de 80% par les laboratoires. Or, ces diverses institutions contrôleraient déjà des secteurs clé de la santé, selon des rapports récents de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) qui ont tiré la sonnette d’alarme :

Formation professionnelle du personnel soignant, et information médicale

Evaluation des pratiques professionnelles

Information des patients et campagnes de sensibilisation « précoces »

Financement des campagnes d’éducation sur la santé (parfois dans les écoles !)

Elargissement de certaines définitions de maladies

Dans certains cas, création de nouvelles pathologies, ce que l’on appelle aux Etats-Unis le « disease mongering » (façonnage de nouvelles maladies).

Toujours selon ces rapports, les laboratoires français généreraient un chiffre d’affaires de 22 milliards d’euros, dont 4 milliards d’euros directement réinvestis en promotion et marketing. En particulier, chaque médecin français reçoit en moyenne 330 visites par an par les fameux « visiteurs médicaux », visites ciblées allant parfois de pair avec un véritable intéressement des praticiens sur les prescriptions ultérieures. Déjà le professeur Edouard Zarifian, dans un rapport remis en 1996 au gouvernement sur les prescriptions de psychotropes en France, invoquait l’implication douteuse « d’autorités scientifiques reconnues » dans le processus d’autorisation de mise sur le marché des médicaments. Au parlement français, on peut également redouter quelques influences « transversales ».

En tous cas, on peut constater que cette campagne de désinformation s’est transformée en une véritable découverte par le grand public des menaces planant sur la santé. Souhaitons qu’il reste une vigilance permanente et une capacité à réagir rapidement aux campagnes et aux activités d’éducation sanitaire partiales lorsqu’elles ne sont pas indépendantes.

Gilles Carat

 

 


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