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CAP Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté thérapeutique

Conseil des Droits de l’Homme aux Nations unies, 13ème Session(1)
par la Fédération Universelle pour la Paix
Heiner Handschin

mars 2010

 

La liberté de religion est une des libertés et un des droits fondamentaux auxquels tous les hommes ont droit et nous devons faire preuve de vigilance en présence de toute violation de la liberté religieuse. La Fédération Universelle pour la Paix affirme la valeur et l’importance essentielles de la religion, et donc de la liberté religieuse, pour créer la paix dans le monde. Si nous faisons obstacle à la liberté religieuse, ce sont les perspectives de paix que nous mettons en péril. Cela s’applique non seulement aux religions majoritaires, mais aussi aux religions minoritaires. En tant que tels, nous en appelons au Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies pour qu’il incite le gouvernement japonais à intervenir d’urgence pour mettre fin à l’impunité dont bénéficient ceux qui se livrent continuellement à la pratique du kidnapping de citoyens japonais, qui leur infligent des longues périodes de réclusion forcée et qui vont même jusqu’à les torturer ! Ces cas impliquent que des multiples droits, incluant spécialement la liberté de religion, soient refusés aux membres des communautés religieuses victimes de ces kidnappings, qu’on force à changer de croyance tandis qu’ils sont détenus contre leur volonté.

On a dit que dans la seule Eglise de l’Unification, plus de 4300 membres ont été victimes de ces pratiques à ce jour. Durant les quatre dernières décennies, plus de 1300 membres sont parvenus à échapper à leurs ravisseurs, parfois en prenant des grands risques personnels, pour retourner dans leur communauté religieuse. Ils font état de violations des droits de l’homme, comme par exemple des longues périodes de réclusion forcée, des maltraitances psychologiques et physiques, et la manipulation psychologique destinée à les forcer à renier leur foi. Malgré de nombreuses plaintes déposées à la police, aucun de ceux qui ont commis ces crimes n’a été inculpé. En ce moment même, au moins cinq membres de l’Eglise de l’Unification manquent toujours encore au Japon ; nous soupçonnons qu’il ont été emprisonnés et détenus contre leur volonté à cause de leurs croyances religieuses : il s’agit de Momoyo Yamada (30), Fusako Tomoda (22), Yuko Majima (60), Masako Kudo (35) et Takashi Nishikawa (26).

Le cas de Toru Goto

Un cas récent particulièrement choquant d’intolérance religieuse au Japon est le cas de Mr. Toru Goto, qui a été détenu durant plus de 12 ans et 5 mois contre sa volonté dans un appartement de Tokyo. Alors qu’il était déjà dans la trentaine au début de sa réclusion (la seconde qu’il ait subie), Mr. Goto a été retenu prisonnier dans une petite chambre, gardé nuit et jour à quelques pâtés de maison à peine du siège des autorités municipales. Au cours de ces 12 années, on ne lui a pas accordé le droit de quitter l’appartement, même pour faire de l’exercice, et on lui a interdit toute communication avec le monde extérieur. On lui a parfois imposé des contraintes par la force et on a exigé de lui qu’il écoute ses ravisseurs qui s’efforçaient de l’endoctriner et qui le tournaient en ridicule jour après jour ; le but de ses ravisseurs était qu’il renie ses croyances unificationnistes et qu’il se convertisse à la principale forme de christianisme protestant. Les meneurs dans le cas présent étaient le pasteur chrétien Toridechi Yasutomo Matsunaga et le « déprogrammeur » professionnel Shun Takashi Miyamura, qui étaient en collusion avec des membres de la famille de Mr. Goto. Quand, après 12 années d’emprisonnement, le ravisseur furent forcés d’admettre que Mr. Goto ne succomberait pas à leurs techniques de lavage de cerveau, ils le jetèrent cruellement à la rue en février 2008 ; Mr. Goto est un homme de grande taille, mais il ne pesait plus que 39 kilos à ce moment-là et pouvait à peine marcher. Il s’est rendu directement au poste de police pour y raconter ce qu’il avait subi, mais on lui refusa tout secours. Il atteignit finalement les quartiers-généraux de l’église de Tokyo, puis il fut emmené à l’hôpital pour des soins prolongés. Il porta plainte contre les auteurs de ces crimes en 2008, et cependant le 9 décembre 2009, les représentants du Ministère public de Tokyo refusèrent de les inculper. Leur affirmation que les « preuves sont insuffisantes » est une parodie de justice et la manière dont le gouvernement a fermé les yeux permet aux coupables de poursuivre leurs activités en toute impunité. Voici seulement quelques-uns des nombreux témoignages documentés qui montrent à quel point ces crimes ont gravement affecté des vies humaines :

Mrs Ms. Hiroko Tomizawa

En juin 1997, un groupe d’environ vingt brutes, dont un ex-policier et des détectives privés, armés d’un pistolet électrique paralysant, de chaînes en fer et d’un tuyau en fer, ont attaqué un centre local de l’Eglise de l’Unification dans le district de Tottori. Ils blessèrent quatre membres de l’église et emmenèrent de force Mrs.Ms. Tomizawa. Le lendemain, quand un responsable de l’église tenta de déposer plainte pour activité criminelle au poste de police de Tottori, le fonctionnaire en service refusa d’enregistrer la plainte, en lui disant : « Nous sommes occupés. Vous ne devriez pas présenter des cas de ce genre ». MrsMs. Tomizawa fut retenue prisonnière dans trois appartements au cours des quinze mois suivants. Elle finit par s’échapper et accusa sa parenté et le « déprogrammeur », un pasteur protestant nommé Mamoru Takazawa, d’activités criminelles. Mais en 2000, le Ministère public de Tottori refusa d’inculper les auteurs de ces crimes.

Mrs. Takako Fujita

Mrs. Fujita, mariée à un membre coréen de l’église, fut kidnappée alors qu’elle visitait sa parenté au Japon. Plongée dans un désespoir profond par des maltraitances psychologiques et physiques prolongées, elle se suicida dans la salle de bains de l’appartement où elle était emprisonnée de force sans aucun espoir de pouvoir s’échapper. Son mari est venu au Japon pour essayer d’assister à son enterrement, mais la famille refusa de l’admettre. La police fut mise au courant de la situation, mais ne la traita pas comme un cas criminel. Finalement, en dépit de preuves concluantes attestant qu’elle avait été détenue illégalement, personne ne fut arrêté ni inculpé. Dr. Hirohisa Koide.

Le 13 juin 1992, Hirohisa Koide, un docteur en médecine, fut kidnappé alors qu’il était en train de s’occuper de patients dans un hôpital. Il fut retenu prisonnier durant presque deux ans. Durant sa détention, un avocat anti-Unificationniste, Hiroshi Hirata, visita le lieu de détention et dit aux parents de Koide ainsi qu’à sa parenté que la détention était légale. En conséquence de quoi la durée de détention de Koide fut prolongée. Son déprogrammeur était un pasteur chrétien nommé Yasutomo Matsungaga. Le Dr. Koide fut forcé de faire des déclarations publiques contre l’Eglise de l’Unification avant que sera ravisseurs relâchent suffisamment leurs mesures de surveillance pour qu’il puisse s’échapper et retourner dans son église. Koide raconte son expérience dans son livre « Hitosarai Karano Dasshutsu » (Tokyo : Kogensha, 1996).

Violation des normes des droits de l’homme

Les cas mentionnés ci-dessus représentent seulement quelques-uns de littéralement des milliers de cas. Ces pratiquent violent clairement les règlements internationaux en matière de droits de l’homme qui garantissent le droit à la liberté de religion et de croyance (UDHR, Art. 18) et la liberté de mouvement (UDHR, Art. 13), ainsi que l’Art. 9 UDHR sur la détention arbitraire.

En tant que membre de la communauté internationale, le Japon est tenu de respecter ces normes et on considère effectivement en général ce pays comme exemplaire.

Il apparaît toutefois qu’il manque de transparence et de cohérence dans le domaine de la liberté religieuse, provoquant ainsi des réactions qui sont en contradiction flagrante avec l’indivisibilité de tous les droits de l’homme. Cela résulte en grande partie du fait que ces cas de tentatives de conversion forcée, à l’origine desquelles il y a habituellement des parents de la victime sur l’ordre d’un réseau de « déprogrammeurs » professionnels, sont considérés par les autorités comme « affaires de famille ». Comme ces cas impliquent invariablement des victimes adultes, cela ne saurait être un justification pour violer le droit d’un croyant de pratiquer sa religion.

L’article 20 de la Constitution Japonaise garantit la liberté de toutes les religions. De plus, la détention frauduleuse est un crime au Japon en vertu de l’Article 220 du Code Pénal Japonais. Voir aussi l’Article 11 de la Constitution Japonaise qui déclare que tous les droits fondamentaux de l’homme qui sont « garantis aux citoyens par la Constitution sont accordés aux représentants de la présente et des futures générations comme des droits éternels et inviolés ».

Article 223 du Code Pénal Japonais exige une peine d’ « emprisonnement avec travail » à l’encontre de ceux qui ont « menacé la vie d’autrui, son corps, sa liberté, sa réputation ou ses biens ou qui par des voies de fait pousse autrui à commettre un acte que cette autre personne n’a aucune obligation d’accomplir, ou l’empêche de faire usage de ses droits ».

Il est incompréhensible que tous les droits mentionnés ci-dessus, qui figurent dans la Constitution Japonaise et le Code Pénal Japonais aient été violés de manière répétée durant plus de 40 ans sans que les auteurs de ces crimes en subissent les conséquences légales. Des centaines de jeunes vies adultes ont été gâchées et des familles détruites. Les auteurs de ces actes doivent être déférés devant la justice et les victimes doivent être vengées. Après avoir épuisé de multiples voies légales et autres pour obtenir de la part du gouvernement japonais un engagement plus rigoureux et coordonné, pour qu’il mette fin au kidnapping et à la conversion religieuse forcée au Japon, les victimes de ces crimes ont à présent décidé de faire appel à la communauté internationale.

Appel au Conseil des droits de l’homme

Nous invitons par la présente le Conseil des Droits de l’Homme à agir. Vous êtes toujours encore une lumière d’espoir pour de nombreuses victimes sans défenseurs. Nous vous exhortons à enquêter sur les crimes que nous vous avons présentés et à les reconnaître, car il s’agit d’un dangereux précédent qui menace l’essence et le fondement même de la dignité humaine.

Dans le nom des victimes, nous demandons les choses suivantes :

Que si un quelconque membre de l’Eglise de l’Unification ou d’une autre religion minoritaire est victime d’un kidnapping et d’un emprisonnement, le gouvernement japonais intervienne immédiatement pour secourir la victime.

Que la police japonaise recherche promptement tous ceux qui ont été kidnappés ou emprisonnés et qu’elle amène la victime en lieu sûr où la personne pourra décider librement avec qui il ou elle veut s’associer.

Que pour mettre fin une fois pour toutes à ce genre d’incidents dans ce pays, la police japonaise enquête sur tous ceux qui ont été impliqués dans des cas passés de kidnapping et d’emprisonnement et, si cela s’impose, qu’elle porte plainte contre eux. Le cas de Toru Goto doit en particulier être immédiatement réexaminé et ceux qui ont commis des crimes contre lui doivent être déférés devant la justice.

(1)Déclaration Ecrite Article 3 : Droits Civils et Politiques/Liberté de Religion Présentée en anglais (et en traduction française) par :
Fédération Universelle pour la Paix, ECOSOC, statut consultatif spécial
Représentant Nations unies, Heiner Handschin, ch.de la Pierreire 1c,
1092 Belmont sur Lausanne, 079 250 3477, europe2@upf.org


 


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