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CAP Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté thérapeutique

Pour continuer avec les dérives de la Miviludes …
Par Christian Decoeur

juin 2010

 

miviludes dérivesNotre infatigable globe-trotter, M. Georges Fenech, continue sa tournée d’été dans les îles.

En effet, après la Guadeloupe et Tahiti, le président la Miviludes s’est rendu sur l’île de beautée. Il a déclaré au journal Corse-matin (édition du 19 juin 2010) qu’il était là pour continuer son travail de terrain et aussi pour répondre à la demande du procureur général Paul Michel qui est aussi membre du conseil d’orientation de la Miviludes.

Il a profité de son séjour pour répondre à une interview à ce même journal.

Dans un premier temps M. Fenech continue sa campagne contre les médecines alternatives et les psychothérapeutes et déclare nécessaire : « d’insister sur les évolutions préoccupantes comme la prolifération de mini-structures liées aux soins alternatifs et aux psychothérapeutes ».

Il répond à la question au sujet des Témoins de Jéhovah et leur classement parmi les « sectes ».

M. Fenech : « On ne parle plus de sectes en France, mais de dérives sectaires. Je sais que cette communauté a de très nombreux adeptes dans l’île. Mais nous surveillons tout ce qui peut se passer à l’intérieur de ce type d’organisations, notamment au niveau de la santé et de l’éducation des enfants. »

Etonnante déclaration de M. Fenech qui ne se tient pas informé des décisions de la Cour européenne des droits de l’Homme. Car en effet, le 30 avril dernier la CEDH a rendu un jugement qui opposait la Russie aux Témoins de Jéhovah, dans lequel on peut lire :

« Toutefois, après avoir examiné en détail les arguments des autorités russes, y compris ceux des juridictions internes, la Cour juge que la décision de dissolution de la communauté requérante ne reposait pas sur une base factuelle adéquate. En particulier, les juridictions internes n’ont pas avancé de motifs pertinents et suffisants pour montrer que la communauté requérante avait forcé des individus à rompre avec leur famille, qu’elle avait porté atteinte aux droits et libertés de ses membres ou de tiers, qu’elle avait incité ses adeptes à se suicider ou à refuser des soins, qu’elle avait porté atteinte aux droits des parents ne faisant pas partie de ses membres ou à leurs enfants, ou encore qu’elle avait encouragé ses membres à refuser de respecter une quelconque obligation légale. Les contraintes imposées par la communauté requérante à ses membres, telles que la prière, la diffusion de leur foi par porte à porte et certaines restrictions quant à leurs activités de loisirs, ne sont pas fondamentalement différentes de contraintes analogues imposées par d’autres religions à leurs fidèles dans la sphère privée. De plus, la conclusion des juridictions internes selon laquelle certaines personnes avaient été forcées de rejoindre la communauté n’est étayée par aucun élément. »

Cette décision de la CEDH fait écho à la dernière commission parlementaire de 2006 dont M. Fenech était le président. Alors que le futur président de la Miviludes mettait en cause les Témoins de Jéhovah, M. Leschi, alors chef du bureau des cultes, lors de son audition, déclarait au sujet des problèmes qui seraient liés à la santé : « En vue de cette audition, il m'a semblé nécessaire de demander aux préfectures de département, de faire le recensement, sur les trois dernières années, des incidents liés à la transfusion. Au vu des résultats obtenus, ce qui remonte, c'est un petit nombre d'incidents, souvent réglés par la discussion : jamais d'incident qui mette en cause des enfants, ou le pronostic vital, ou le fonctionnement du service public hospitalier ne m'a été signalé sur ces trois dernières années. ».

Et concernant les problèmes liés à l’éducation des enfants le représentant de l’Education nationale, M. Jean Yves Dupuis, auditionné lors de cette commission déclarait : « Durant l’année scolaire écoulée […] 19 000 signalements aux procureurs de la République, concernant des enfants qu’on estimait être en danger, pour diverses raisons. Lorsque nous avons demandé aux inspecteurs d’académie quels étaient, parmi ces enfants en danger, ceux qui l’étaient à cause de mouvements "sectaires", ils nous ont répondu qu’il y en avait huit. ».

Dans ce même interview, on apprend que M. Fenech a mis en place son « référentiel » dont l’annonce avait fait scandale en 2009. On pourrait rappeler au président de la Miviludes les propos qu’il avait tenus dans une interview au Figaro le 19 mai 2009 en déclarant : « Il s'agit de créer un référentiel regroupant les structures à dérive sectaire avec un descriptif de leurs méthodes, leurs pratiques, leurs démêlés avec la justice. On y ajoutera la parole des victimes, mais aussi des responsables des communautés afin de respecter le contradictoire. »

M. Fenech déclarait dans ce même article « nous avons en effet recensé 500 à 600 mouvements ». Il serait intéressant de savoir combien de personnes ou de mouvements mis en cause dans ce « référentiel » ont pu accéder à ce respect du « contradictoire » et de savoir si la Miviludes accepterait une vérification de ses « fiches » pour voir si celui-ci a été respecté pour chaque cas.

Pour en savoir plus voir notre dernière lettre d'info

 

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