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CAP Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté thérapeutique

LE FMI : UN « CULTE » SANS PREDATEUR
Par CAP Suisse Droits de l'Homme

juin 2010

 

CAP Suisse Droits de l'HommeL’argent étant la principale source d’attention du commun des mortels, s’il est un culte qui ne sera jamais sérieusement attaqué, c’est bien la haute finance. A droite comme à gauche, au nord comme au sud, presque aucun gouvernement n’y échappe. On a vu des attentats contre des présidents, des monuments, des églises, voire des médecins ou des pompiers en service. En a-t-on jamais recensé un seul contre une banque ?

Incapable de générer sa propre énergie, l’homme révère ceux qui en donnent l’apparence. La haute finance a donc aussi ses prêtres et ses thuriféraires*, qui officient au sein de l’auguste Fonds Monétaire International (FMI).

Le fiasco de la monnaie unique

L’argent est le nerf de la guerre. Pas de banques, pas de guerre ! Cependant, il y a banques et banques, les plus puissantes étant nées un peu avant et au cours de la révolution industrielle. « Celle que je préfère c’est la guerre de 14-18 ! » ironisait Georges Brassens, rappelant la culpabilité générale des nations qui la déclenchèrent avec la complicité de la finance internationale.

Dans le sillage des crises et des conflits, et sous prétexte de relever l’économie, la haute finance invariablement propose des solutions qui l’enrichissent davantage. En plus du FMI créé en 1976, et en raison des problèmes d’endettement de la Grèce, il est maintenant question de créer un fonds monétaire européen (FME).

A ce sujet, un article de Horizons et Débats, un mensuel Suisse indépendant**, explique pourquoi les ruines financières, limitées autrefois à des pays en voie de développement, touchent aujourd’hui des nations comme la Grèce, l’Islande et la Lettonie.

En fait, relève l’article, les problèmes de la Grèce ont commencé quand de faibles taux d’intérêt inadaptés à la Grèce ont été maintenus pour sauver l’Allemagne de l’effondrement économique. De même l’Islande et la Lettonie se sont trouvées responsables de dettes privées qui ne les concernaient pas.

Résultat, dans ces pays, l’Etat augmente les impôts, préconise des mesures d’austérité et diminue les salaires. Et tout cela finalement pour assumer une dette qui n’est pas vraiment la leur. Logique typique de technocrates, une monnaie au cours unique déstabilise l’économie des pays dans lesquels elle est imposée. Tout comme dans le sketch du tailleur de l’humoriste Fernand Raynaud, le défaut du costume s’efface à droite, pour réapparaître… à gauche !

Et si les pays disaient NON aux banques ?

Par le passé certains l’ont fait. Par exemple en 1804, à l’issue d’une révolte d’esclaves, la France perdit sa colonie de Saint-Domingue. Celle-ci prit alors le nom de Haïti et, sous le règne de son roi Henri Christophe, développa sa propre monnaie, la calebasse.

Plus près de nous, l’Argentine a aussi montré la voie. En 2001, malgré de terribles prédictions selon lesquelles son économie s’effondrerait sans le secours de crédits étrangers, elle a tout simplement laissé tomber ses dettes. Trois ans après un défaut de paiement record de 3 milliards de dollars, le pays était à nouveau solvable. Et ce, sans aucune aide étrangère !

Une recette à suivre

Et si d’autres pays tels que l’Islande, la Lettonie et la Grèce suivaient cet exemple ?Un point intéressant de l’article est la recette proposée par l’analyste de marché international, Marshall Auerback. Si elle était vraiment mise en application, les pays « insolvables » règleraient leur problème en quelques jours, la voici :

1) Ne pas répondre au téléphone, lorsque les créanciers étrangers appellent le gouvernement.

2) Déclarer les banques insolvables, convertir la dette extérieure en capital propre, les rouvrir et leur permettre de garantir les dépôts en monnaie locale.

3) Accorder à toutes les personnes disposées et capables de travailler un emploi payé à un salaire minimum en monnaie locale, avec sécurité sociale, comme l’a fait l’Argentine.

Epilogue

Une idée reçue qui circule depuis trop longtemps voudrait que l’on ne peut pas revenir en arrière. Heureusement que les piétons ne la mettent pas en pratique lorsqu’ils traversent une route ! Lorsque tout va de travers, la voie du bon sens existe toujours, même si elle ne fait pas l’affaire des constructeurs d’empires orwelliens.

Quant aux chasseurs de « sectes », ils feraient mieux de traquer celles qui nous font la vie dure, telles que les monopolisateurs de ressources et de capital. Il est vrai cependant que dans un tel cas, il ne resterait plus personne pour les rémunérer.

F-G.P.

* Thuriféraire : porteur d’encens, dans le cultes anciens.
** www.horizons – et – débats.ch
***Selon article Horizons et débats

Source : http://www.cap-suisse.ch/index.php

 

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