17/07/2021 Massimo Introvigne

Tout à coup, les médias français ont « découvert » une nouvelle « secte » qui existe depuis plus de 200 ans. Elle est maintenant menacée par le gouvernement.

par Massimo Introvigne

Les Cosseux, à Villiers-sur-Marne, à l’époque de « l’Oncle Auguste ». C’est toujours le principal point de rencontre de La Famille. Source Facebook.

« Une secte en plein cœur de Paris ». C’est ce titre et d’autres similaires que l’on a pu lire dans les médias français à partir de janvier 2021, chaque média rivalisant avec les autres pour faire davantage de révélations sensationnelles. Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, rattachée au ministre de l’Intérieur, et femme politique qui a décidé de sauter dans le train de l’antisectes pour des raisons personnelles, a annoncé une enquête.

Cependant, la « secte » qui est soudainement devenue un sujet d’actualité n’est pas nouvelle. « La Famille », nom le plus utilisé pour désigner ce groupe sans structure ou organisation formelle, existe depuis plus de deux siècles.

Pour comprendre ce qu’est « La Famille », il faut partir du jansénisme, un mouvement théologique né au XVIIe siècle qui a importé dans le catholicisme certains éléments protestants, notamment une doctrine de la prédestination, l’autonomie des églises nationales et l’introduction de séance de lecture en français plutôt qu’en latin dans la liturgie catholique. Elle a tiré son nom de l’évêque néerlandais Cornelius Jansen (1585-1638) et a connu un succès particulier en France, où elle a séduit d’éminents intellectuels comme le philosophe Blaise Pascal (1623-1662) et un nombre important d’évêques et de prêtres. Pour des raisons politiques et religieuses, elle a été opprimée au XVIIIe siècle par l’Église catholique et la monarchie française, bien que son influence culturelle se soit poursuivie au XIXe siècle et se soit étendue à d’autres pays.

Le jansénisme n’était pas seulement un mouvement d’intellectuels. Un jansénisme populaire s’est développé autour du culte (non autorisé par l’Église catholique) de « saints » comme le diacre janséniste François de Pâris (1690-1727). Sa tombe dans le cimetière parisien de l’église paroissiale Saint-Médard est le témoin des premiers phénomènes des « convulsionnaires », qui se convulsaient, s’évanouissaient, hurlaient, prophétisaient et prétendaient être guéris de diverses maladies. Par la suite, le mouvement des convulsionnaires s’est étendu de Paris à plusieurs villes et villages de France, et a ajouté aux convulsions des pratiques extrêmes appelées secours, où les dévots, principalement des femmes, se soumettaient volontairement aux coups, à la torture et même à la crucifixion pour entrer en contact mystique avec Jésus et les premiers martyrs chrétiens. Les premiers spécialistes du jansénisme ont considéré les convulsionnaires comme une déviance, tandis que les historiens ultérieurs ont souligné les continuités entre le jansénisme « cultivé » et le jansénisme « populaire ».

Le « secours » dans une lithographie du XVIIIe siècle (crédits).

Les convulsionnaires ne sont jamais devenus un mouvement unifié. Ils formaient un réseau, et un dévot se déplaçant d’une ville française à une autre pouvait se faire accueillir par d’autres convulsionnaires. Le plus souvent, les différents petits groupes se critiquaient et s’excommuniaient les uns les autres, en particulier après que certains des leaders aient fait valoir des prétentions messianiques pour eux-mêmes.

Un groupe prospère de convulsionnaires s’est développé autour du Père François Bonjour (1751-1846), plus tard connu sous le nom de « Silas », curé de Fareins, un village de la région française de la Dombes, à environ 40 km de Lyon. Les activités du Père François, menées avec la collaboration de son frère aîné, le Père Claude Bonjour (1744-1814), et d’autres prêtres, appartenaient à l’aile extrême des convulsionnaires.

Père François Bonjour, « Silas » (crédits).

La crucifixion en 1787 d’une dévote, Etiennette Thomasson (qui a survécu, tandis qu’une autre paroissienne soumise à un lourd secours mourut), entraîna l’intervention de la police, et les frères Bonjour se retrouvèrent en prison. Ils ont été libérés en raison de la confusion pendant les années de la Révolution française, mais le père François décida de quitter Fareins et de s’installer à Paris. La raison principale en est que, prétendant qu’il en avait reçu l’ordre par une révélation divine, le prêtre avait pris deux amantes, sa servante Benoite Françoise Monnier, et Claudine Dauphan (parfois orthographiée « Dauphin », 1761-1834), la servante d’une dame chef des convulsionnaires à Lyon, et toutes les deux étaient enceintes.

L'église paroissiale de Fareins (crédits).

L’église paroissiale de Fareins (crédits).

Finalement, le père François expliqua les événements dans le cadre d’une théologie millénariste. Benoite engendrera un enfant mâle, Jean Bonjour (1792-1868), qui servira de Jean-Baptiste à la nouvelle incarnation divine, le fils de Claudine, Israël-Elie Bonjour (1792-1866), surnommé Lili, qui ouvrira la voie au Millénaire, un monde sans maladie ni mort où les vrais croyants régneront pendant 1000 ans. Tous les convulsionnaires de Paris n’ont pas accepté l’étrange « sainte famille » du père François, mais certains l’ont fait, et la naissance de Lili fut célébrée dans l’enthousiasme. Une prophétesse, « Sœur Elisée » (Julie Simone Olivier, décédée en 1817), se joignit au groupe et prédisit l’avènement imminent du Millénaire dans pas moins de 18 000 pages de révélations, bien qu’elle rompit plus tard avec les Bonjour et créa son propre groupe séparé.

Les disciples des Bonjour appartenaient à la faction des convulsionnaires qui accueillaient la Révolution française comme une punition méritée pour l’Eglise catholique et la monarchie qui les avaient persécutés (tandis que d’autres convulsionnaires restaient fidèles au roi et s’opposaient à la Révolution). Cependant, la Révolution n’a pas accueilli ceux que l’on appelle désormais les « Bonjouristes », en particulier après que Napoléon a signé en 1801 son Concordat avec l’Église catholique. En 1805, les Bonjour, dont Lili, âgé de 13 ans, ont été arrêtés et exilés en Suisse (ou, comme d’autres le prétendent, ont négocié avec le gouvernement un déménagement en Suisse comme alternative à l’emprisonnement).

À Paris, Jean-Pierre Thibout (1762-1836), le concierge de l’immeuble où vivaient les Bonjour, s’est imposé comme le chef des « Bonjouristes » restants. Il prétendit plus tard que Lili, avant de quitter la France, avait transmis son manteau au fils de Pierre, Augustin Thibout (1802-1837), alors âgé de trois ans, connu sous le nom de « Saint Jean Baptiste » parmi les dévots.

Les années qui ont suivi la Révolution ont été quelque peu confuses. Les Bonjour ont été autorisés à revenir en France en 1811, mais ils semblaient avoir perdu tout intérêt pour leur nouvelle religion. Lili, qui s’était comporté comme un messie capricieux dans son enfance, épousa la fille d’un riche marchand, Marie Collet (1794-1829), qui lui donna dix enfants. Avec l’aide de son beau-père, Lili devient un industriel prospère, ainsi qu’un colonel de la Garde nationale, décoré de la Légion d’honneur en 1832. Il ne joua pas un rôle important dans le développement ultérieur des Bonjouristes, bien que certains aient continué à correspondre avec lui et aient reçu sa bénédiction.

En fait, Jean-Pierre Thibout a construit un « Bonjourisme » sans les Bonjour, qui a continué à vénérer Lili comme une présence mystique indépendamment du Lili réel en chair et en os, qui était occupé ailleurs à ses affaires. Le groupe a célébré jusqu’à ce jour la réorganisation du mouvement en 1819, alors que Thibout discutait de la mission de Lili dans un café avec son coreligionnaire François Joseph Havet (1759-1842). Au moment de payer l’addition, ils mirent deux pièces de monnaie sur la table, et une troisième pièce, rapportèrent-ils, apparut miraculeusement, signe que Dieu bénissait leurs projets.

Mais en fait, un groupe de familles avait gardé la foi en Lili, et continua à se rencontrer et à se marier entre eux jusqu’à ces jours-ci. « La Famille », comme on l’appelait, insistait sur le fait qu’elle n’avait pas de chef, mais en fait les fils aînés de la famille Thibout, tous nommés Augustin comme Lili l’avait demandé, avaient une certaine importance dans le mouvement.

Paul Augustin Thibout, "Mon Oncle Auguste". source Facebook.

Paul Augustin Thibout, « Mon Oncle Auguste ». source Facebook.

En 1892, Paul Augustin Thibout (1863-1920), descendant direct de Jean-Pierre Thibout que l’on surnommait « Mon Oncle Auguste », édicte une série de préceptes visant à préserver La Famille de tout contact avec la société, qu’il juge désespérément corrompue. Ce qu’il a exactement prescrit est un sujet de controverse entre les membres et les opposants. Il est certain qu’il exprimait peu de sympathie pour les écoles publiques, les vacances et le travail en dehors de la communauté. Ces préceptes sont aujourd’hui largement ignorés, et les enfants de La Famille (à l’exception de ceux d’une minorité de familles archi-conservatrices, qui préfèrent l’école à la maison) fréquentent les écoles publiques (souvent avec de très bons résultats), prennent des vacances avec leurs parents, apprécient la musique moderne, et peuvent obtenir des résultats professionnels significatifs dans des carrières que Mon Oncle Auguste n’aurait pas approuvées (bien qu’ils ne deviennent normalement pas médecins ou avocats, croyant que seul Dieu est le maître de la santé et de la loi). Les femmes d’aujourd’hui ne portent pas nécessairement de longues chemises ou ne gardent pas leurs cheveux longs, selon d’autres préceptes de l’oncle Auguste, bien que certaines le fassent. Ce qui reste cependant de son héritage est que La Famille ne fait pas de prosélytisme et n’accepte plus de nouveaux membres de l’extérieur, et que les fidèles n’épousent pas de « gentils », c’est-à-dire de non-membres. Cela a conduit à une situation où tous les membres de La Famille sont identifiés par les huit mêmes noms de famille.

Oncle Auguste a également célébré la consommation de vin comme un lien entre les membres masculins du mouvement, en citant des précédents bibliques, et cela est resté un trait distinctif de La Famille. Et il a inauguré la pratique de la célébration des principales fêtes du pays et du mouvement dans sa propriété des Cosseux, à Villiers-sur-Marne, qui appartient toujours à La Famille et a été restaurée après qu’un pyromane (peut-être un ancien membre en colère) y ait mis le feu en 2013. Quelque 3 000 membres (bien que des statistiques précises soient difficiles à établir) vivent pour la plupart dans les mêmes quartiers de Paris (11e, 12e et 20e arrondissements), souvent dans les mêmes immeubles.

La Famille est restée largement inconnue des médias et des chercheurs, les livres sur le Bonjourisme le proclamant à tort éteinte au XIXème siècle jusqu’à ce qu’en 1960 un membre de la famille Thibout, Vincent (1924-1974) qui avait visité Israël, décide d’établir un kibboutz à Pardailhan, dans l’Hérault, et emmène avec lui une vingtaine de familles de « La Famille ». Bien que l’expérience, qui échoue en 1963, soit désavouée par la communauté parisienne et conduise à une séparation totale avec La Famille, elle attire l’attention de plusieurs médias, qui mentionnent également les origines (La Famille) des fondateurs.

Membres de la communauté de Pardailhan, 1961. source Facebook.

Membres de la communauté de Pardailhan, 1961. source Facebook.

Un autre élément qui a fait sortir La Famille de son ombre confortable a été la prévalence des campagnes anti-sectes sponsorisées par le gouvernement en France. Celles-ci ont été remarquées par des ex-membres de La Famille, qui ont contacté la mission gouvernementale anti-sectes MIVILUDES dans la décennie 2010. En 2017, la MIVILUDES a publié une note montrant qu’il était difficile d’appliquer son modèle « sectaire » à La Famille. Les anti-sectes français estiment que dans chaque « secte », il y a un « gourou » qui exploite des adeptes crédules, ce qui n’apparaissait nulle part dans La Famille. Mais on y trouvait quand même des « dérives sectaires », une notion inventée en France et utilisée pour trouver des problèmes « sectaires » dans de nombreux groupes dénoncés par des ex-membres et les anti-sectes.

Un petit groupe d’ex-membres en colère a également remarqué le développement des campagnes anti-sectes sur les réseaux sociaux, et l’un d’entre eux a commencé à gérer un groupe Facebook. Il a rendu un service apprécié des spécialistes en numérisant et en publiant des documents manuscrits de La Famille, autrement inaccessibles, mais il a également appliqué à son ancien mouvement les stéréotypes français habituels sur les « sectes ».

Les journalistes utilisent librement les informations fournies, et les articles sur la « secte secrète de Paris » commencent à paraître, et se multiplient en 2021. La même année, la journaliste Suzanne Privat publie La Famille, itinéraires d’un secret (Paris : Les Avrils), un livre pour lequel elle a commencé ses recherches après avoir découvert que de jeunes membres d’une communauté religieuse dont elle ignorait tout, se ressemblant physiquement et portant un nombre limité de noms de famille, étaient dans les mêmes écoles à Paris que ses deux enfants. Privat a fait un travail considérable (seulement, pour des raisons que je ne comprends pas, elle a changé le nom de famille « Havet » en « Brin », peut-être pour protéger la vie privée de la famille Havet). Elle a également produit un livre très lisible, où elle reconnaît que plusieurs membres ont rapporté des expériences positives de La Famille dans les médias sociaux. Cependant, n’ayant pas de formation religieuse, elle a accepté sans broncher les idées sur « les sectes » de la MIVILUDES, ignorant les critiques dont elles ont fait l’objet de la part de la plupart des spécialistes internationaux des nouveaux mouvements religieux. Comme il s’est avéré impossible d’interviewer des membres actuels de La Famille, elle n’a parlé qu’à d’anciens membres hostiles, ce qui a rendu son livre moins équilibré qu’elle ne l’aurait probablement souhaité.

Couverture du livre de Suzanne Privat.

Couverture du livre de Suzanne Privat.

Quels sont les « problèmes » de La Famille, sur lesquels la ministre Schiappa promet d’enquêter ? Privat note que les enfants sont socialisés dans un milieu conservateur (bien qu’elle ait trouvé des adolescents utilisant les réseaux sociaux et également familiers de la musique contemporaine), que leurs choix sont largement contrôlés par leurs familles, et que les filles se marient jeunes et donnent rapidement naissance à de nombreux enfants. L’endogamie les conduisant à épouser des cousins plus ou moins éloignés, les maladies génétiques sont également fréquentes chez les enfants. L’importance accordée à la célébration par le vin générerait des problèmes d’alcoolisme, et certains ex-membres affirment également que certains incidents d’abus sexuels n’ont pas été signalés aux autorités (un problème, s’il est réel, qui n’est pas exclusif à La Famille). Comme dans d’autres groupes, les ex-membres rapportent qu’ils sont évités par les membres.

La présence d’ex-membres hostiles sur Facebook a également conduit certains membres à contrer leurs affirmations, et à raconter une histoire différente de familles unies qui trouvent la sécurité et le bonheur dans une communauté perçue comme plus bienveillante que la société froide et matérialiste « existant à l’extérieur ». Il est intéressant de noter qu’un membre a également déclaré être conscient du problème des maladies génétiques causées par la consanguinité et, bien qu’il trouve exagérés certains rapports sur leur prévalence dans La Famille, la question et les solutions possibles sont en discussion au sein de la communauté.

Les lois peuvent interdire le mariage entre cousins (bien que la loi française ne le fasse pas), mais ne peuvent pas les empêcher de coucher ensemble et de faire des enfants (souvent, les mariages dans La Famille sont uniquement stipulés par une cérémonie religieuse, et ne sont pas légalement enregistrés). Les problèmes génétiques de l’endogamie sont communs à d’autres groupes et ne peuvent être résolus que par la communauté elle-même.

La Famille d’aujourd’hui célèbre les convulsionnaires comme des ancêtres saints, mais ne répète pas leurs pratiques, tout comme les catholiques romains vénèrent les saints qui ont pratiqué des austérités extrêmes mais ne les imitent pas. La Famille lit des textes au sujet de Lili, et s’attend à ce que lui ou son esprit reviennent d’une manière ou d’une autre pour inaugurer le Millénaire, mais son millénarisme n’est pas si différent de celui d’innombrables autres groupes chrétiens. Ce qui dérange Mme Schiappa et les anti-sectes de La Famille est son « séparatisme ». Ils ont survécu pendant des siècles en restant largement à l’écart. Ils ne votent pas aux élections (ou votent avec un bulletin blanc), et ne participent même pas au culte des morts français, qui est à la fois laïc et religieux, leurs morts étant enterrés dans des tombes communes.

La Famille n’est pas surprise par ce qui lui arrive, car les persécutions étaient prévues dans ses prophéties. Cela constitue un bon test montrant comment l’attitude anti-sectes et l’ « anti-séparatisme » français produisent une intolérance à l’égard de modes de vie qui, bien qu’inhabituels, ne seraient pas considérés comme illégaux dans la plupart des pays démocratiques. Les enfants vivent aussi un peu différemment de leurs camarades de classe, mais une grande majorité d’entre eux remplissent les conditions légales de scolarisation. Objecter que les adultes peuvent choisir leurs propres modes de vie mais ne pas les « imposer » à leurs enfants est hypocrite. Sans la socialisation des nouvelles générations, aucune religion ne peut survivre.

La Famille a-t-elle le droit de poursuivre son expérience centenaire, y compris en transmettant son mode de vie à ses enfants, et d’être laissée tranquille ? Les principes internationaux de liberté religieuse et de liberté d’éducation suggèrent que la réponse est oui, mais l’attitude anti-sectes et l’anti-séparatisme français peuvent conduire à une réponse différente.

Ce mois-ci, j’ai commenté une décision de la Cour suprême des États-Unis concernant les Amish, leur permettant d’interdire à leurs enfants non seulement l’utilisation des téléphones portables, mais aussi des téléphones en général (que les adultes n’utilisent pas aussi bien), et même de refuser d’installer des fosses septiques modernes au nom d’un rejet de la modernité fondé sur leur théologie. Ceci m’a rappelé que la meilleure décision prise par les Amish dans leur histoire a été d’émigrer aux Etats-Unis et au Canada depuis l’Alsace, qui fait maintenant partie de la France (d’autres sont venus en Amérique du Nord depuis la Suisse). S’ils étaient restés en France, les Amish seraient aujourd’hui la cible de Mme Schiappa et de la MIVILUDES, et contraints de renoncer à leur mode de vie centenaire au nom des campagnes anti-sectes et de l’anti-séparatisme.

Source : https://bitterwinter.org/who-is-afraid-of-la-famille/

Traduction CAP LC